Parmi ces films qui bouleversent. L'innocence touche directement dans le cœur. Il faut s'accrocher, ne pas laisser passer d'informations mais quand on tient, la poésie et le discours sont très puissants. Tous les acteurs jouent avec une grande justesse. Le prix du scénario est amplement mérité, c'est d'une maestria de narration... rien à dire ! C'est magnifique magnifique ! Je recommande à fond :)
J’adore le cinéma d’Hirokazu Kore-eda. Ce n’est sans doute pas son meilleur film, mais ces 126 minutes restent tellement au-dessus de la moyenne qu’on ne peut qu’applaudir. Ce que je fais volontiers. Le comportement du jeune Minato est de plus en plus préoccupant. Sa mère, qui l’élève seule depuis la mort de son époux, décide de confronter l’équipe éducative de l’école de son fils. Tout semble désigner le professeur de Minato comme responsable des problèmes rencontrés par le jeune garçon. Mais au fur et à mesure que l’histoire se déroule à travers les yeux de la mère, du professeur et de l’enfant, la vérité se révèle bien plus complexe et nuancée que ce que chacun avait anticipé au départ... Ce film admirable a obtenu le Prix du scénario à Cannes et c’est parfaitement mérité. Il est rare que Kore-Eda reparte bredouille de la Croisette et ce n’est évidemment pas un hasard. Cette histoire a été proposée au cinéaste au moment même où il avait le sentiment qu’il ne parvenait plus à écrire ses propres scénarios et personnages. Et comme Yuji Sakamoto est de loin le scénariste le plus en vue au Japon, la rencontre s’est avérée plus que fructueuse. En vérité, il y a ici presque deux films en un. Une espèce de thriller durant lequel on nous raconte la même histoire mais à travers des regards différents. Puis, le sujet tourne à la poésie et à l’onirisme débridé. C’est d’une beauté renversante et d’une rare sensibilité. Kore-eda n’a pas son pareil pour pénétrer l’univers des enfants. Certes, le procédé choisi d’une forme pour le moins sophistiquée peut brouiller le message, mais notre cinéaste se fait sociologue de son pays, sans virulence mais en ne cachant aucunes de ses failles. Mais ce qui reste à la sortie de la séance c’est bien une impression de grâce extrême. Bouleversant. Sakura Andô et Eita Nagayama sont bien connus des cinéphiles européens amateurs de films japonais. Mais, encore une fois, c’est du côté des enfants que nous vient la découverte de deux perles rares, les jeunes Soya Kurokawa et Hinata Hiragi qui incarnent deux cœurs blessés dans ce drame lumineux qui nous parle d’amour et d’amitié. Même si les thèmes abordés d’emblée, la mère célibataire, l’éducation, le harcèlement scolaire, la masculinité toxique et l’homosexualité chez les jeunes, font un peu catalogue tendance, la dernière partie de ce merveilleux film explique et excuse tout ce qui semblait être de prime abord des errements. Hirokazu Kore-eda est un maître.
Nouveau film de Kore Eda, récompensé par la palme du scénario au dernier festival de cannes, l'Innocence qui devait initialement s'appeler "Monster" est construit comme une enquête policière et met à mal la culture du rejet de l'autre qui est souvent pratiquée sous le poids des traditions et d'un certain conservatisme au niveau des moeurs.
Cette histoire conté sous différents points de vue ( on pense au "Rahsomon" de Kurosawa) ne révèle son secret que dans sa dernière partie. Entre temps tout le monde sera tour à tour juge et jugé (parfois à tort) et d'une simple histoire de harcèlement scolaire on ira sans s'en apercevoir sur un autre terrain, celui de l'homosexualité....
Sa conclusion est humaniste et vous submergera d'émotion.
vu en avant première au mk2 quai de seine vraiment un très beau film qui mérite amplement le prix du scenario un drame psychologique sur la naissance d'une amitié face au harcèlement scolaire film très touchant et émouvant
Kore-Eda au summum Un film touchant et enivrant. Des émotions, des drames et des histoires qui nous touchent et nous rendent encore plus sensible. Un film a voir et revoir tant les sons sont percutants, les images bluffantes et les interprétations divines !
Qu'aurait donné L'Innocence si Hirokazu Kore-eda avait construit son film de manière traditionnelle et linéaire, sans recourir à un procédé à la Rashomon ? Sans doute aurait-il gagné en évidence dès le départ, et peut-être même en émotion, mais il aurait en revanche perdu de son mystère et d'un rapport ludique avec son public. Oui, la forme sophistiquée du long-métrage dissimule somme toute une histoire plutôt simple et touchante, qui ne se révèle que dans ses dernières minutes, mais on n'en tiendra pas trop rigueur au cinéaste, eu égard au plaisir qu'il nous concède, in fine, avec ce regard attentif et bienveillant sur l'enfance, qui est sa marque de fabrique. A travers le regard d'une mère puis d'un enseignant et l'exploration d'un milieu scolaire où l'on peut stigmatiser le comportement d'un élève, doté d'un "cerveau de porc" (sic), ou encore enregistrer le poids des rumeurs et la tenaille du harcèlement, Kore-eda se fait sociologue de son pays, sans virulence mais en ne cachant quelques unes de ses failles, y compris au sujet du tabou dont il est question de manière certes tardive mais néanmoins claire. L'Innocence n'est vraisemblablement pas le meilleur film de son auteur mais la richesse de ses personnages contribue à ne pas en sortir déçu, d'autant qu'il se situe dans la continuité d'une œuvre dont la cohérence ne cesse de se consolider au fil du temps.
Ce n’est pas une affaire de viol, comme dans les Risques du Métier, mais de violence qui détruit la notoriété d’un professeur. Une violence aux effets destructeurs, générée par le mensonge, le remord et la dissimulation. Le génie de Kore Eda sera d’utiliser l'effet « Rashōmon » (du nom d’un film réalisé en 1950 par Akira Kurosawa) pour décrire les faits sous différentes perspectives, selon la version de chaque protagoniste. Mensonges et absence de preuves permettent de conforter ou de disqualifier toute version de la vérité, tandis que la pression sociale exerce tout son poids en faveur de la clôture du débat. La critique de la société (japonaise « mais pas que.. ») est féroce et ne manquera pas de dénoncer les défenseurs d’une certaine tradition. Les acteurs Sakura Andō (Saori), Eita Nagayama (Hori), Soya Kurokawa (Minato) sont dirigés d’une main paternelle et douce et expriment par leur jeu tout en retenue l’humanisme et la délicatesse de Kore-Eda. On retrouve et on partage les attentes du réalisateur : la quête d’un père qui ne soit ni absent ni violent et l’aspiration à la lumière et à la vérité.
Alors qu'une jeune mère célibataire essaie de comprendre le changement de comportement de son fils, ce dernier lui avoue que ses ennuis viennent de son professeur principal qui le maltraite physiquement et verbalement. Le professeur est mis à pied, l'école détourne le regard et personne ne semble comprendre que toute cette histoire provient d'une amitié puissante entre deux enfants.
spoiler: L’Innocence dépeint cruellement comment quelque chose d'aussi pur et beau qu'une amitié entre deux garçons peut se transformer, à cause de la méchanceté des enfants et de la facilité des adultes à sauter en conclusions, en une série de quiproquos et d’événements tragiques. Les environnements sont travaillés et esthétiques. J'ai peu apprécié le fait que les temporalités soient toutes mélangées car ça apporte un style assez artificiel et brouille inutilement la compréhension de l'intrigue qui est assez simple finalement, une fois les artifices retirés. Quelle belle fin ceci dit ! En apothéose comme je les aime.
Encore une belle réussite que ce Kore-eda, qui livre avec Monster un drame à la structure Rashomon qui désarçonne au premier abord, avant de se révéler de plus en plus touchant à mesure que le puzzle se dévoile. Sans trop en dévoiler, Kore-eda explore avant tout la notion de point de vue face à l'adversité (d'abord via une mère, puis un professeur et enfin celui à hauteur d'enfant qui cristallise le cœur du récit).
Il y a quelques pistes narratives là-dedans qui peuvent être un tantinet attendues, mais le réalisateur amène son savoir-faire et sa sensibilité dans un travail formel très travaillé (des scènes de pluie absolument splendides par le chef op' du déjà très bon Une Affaire de Famille). Et outre un casting réussi,il faut saluer la musique de Ryuichi Sakamoto (Furyo, Le Dernier Empereur)qui nous abreuve d'un dernier score de toute beauté (RIP...).
Une merveille de construction narrative et de délicatesse. À la fois complexe et émouvant, ce récit de cas supposé(s) de harcèlement confirme la finesse du cinéma de Kore-eda.