Un projet mûri sur une décennie
L'écriture et la concrétisation de L'Âge d'Or ont nécessité 10 ans de travail à Bérenger Thouin et son coauteur Mehdi Ben Attia. Avant d'intercaler les scènes de fiction, le cinéaste a exploré d'immenses fonds d'archives, délaissant les films de famille en Super-8 au profit des actualités en 35 mm du fonds Gaumont-Pathé.
Inspirations familiales et romanesques
Pour façonner le personnage complexe de Jeanne, le réalisateur s'est appuyé sur les récits de ses propres grands-mères ainsi que sur la littérature du XIXe et du début du XXe siècle. Il souhaitait créer une grande figure d'aventurière féminine, affirmant : « Je ne voulais surtout pas édulcorer ses zones d'ombre, ne pas faire le biopic d'une femme exemplaire qu'on porterait aux nues. »
Un casting face à des « fantômes »
Pour incarner l'héroïne, Bérenger Thouin a choisi Souheila Yacoub pour sa présence rayonnante capable de tenir tête aux hommes comme aux archives. L'exercice s'est révélé singulier pour l'actrice, qui devait parfois jouer face à un iPad ou des photos : « Il lui incombait d'être vivante pour deux ! » Le reste du trio principal est complété par Vassili Schneider et Yile Yara Vianello.
Une technique esthétique pour fondre fiction et archives
Afin de créer une continuité visuelle entre les plans d'actualités d'époque et la fiction, le chef opérateur Martin Roux et le réalisateur ont choisi de tourner les scènes jouées en noir et blanc avant de les coloriser. L'équipe s'est aussi pliée aux méthodes de travail des cadreurs d'autrefois, en privilégiant la lumière naturelle, les tournages en extérieur et l'usage restreint du pied caméra.
Une création sonore intégrale
Les séquences d'archives utilisées dans le film étant muettes à l'origine, un travail titanesque a été mené en postproduction. L'équipe a dû organiser un tournage sonore dédié pour recréer l'ambiance audio et apporter de la vie aux images du passé.
Une partition à quatre mains en famille
Pour concevoir la bande originale de cette fresque historique, Bérenger Thouin s'est tourné vers Enrico Ascoli et son propre frère, Céleste Thouin. La musique mêle délibérément plusieurs styles, passant du clavecin de la Renaissance à la pop expérimentale et aux sonorités électroniques contemporaines.
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