Wajda signe là l’un de ses premiers films avec déjà l’empreinte du cinéaste témoin de son temps. Un regard attentionné sur l’histoire de son pays qui pour « Cendres et diamant » peine encore à sortir de la seconde guerre mondiale. Les communistes polonais tentent de prendre définitivement le pouvoir que leur contestent les nationalistes. L’un d’eux est chargé de tuer le nouveau secrétaire général du PC de la région. Mais bien que tête brûlée, Maciek commence à se fatiguer de tout ce sang versé. Sa rencontre avec une jeune serveuse va l’entraîner un peu plus dans sa réflexion sur le sort qu’il doit donner à son engagement. Un dilemme à l’image du pays qui ne sait qui choisir. Wajda joue à peine sur la métaphore laissant le récit se nourrir d’un terreau si propice à la dramaturgie. Une direction d’acteurs révélatrice des personnalités de ses protagonistes, une image noire et blanc signée Jerzy Wójcik ( qui nous a quittés au début de cette année ) ,un cadre très soigné, la technique est déjà affinée. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Réputé comme étant un des plus grands films polonais, et comme la plus grande oeuvre de son réalisateur, "Cendres et diamants" n'a pas usurpé sa renommée. C'est un tout petit peu mais un tout petit peu un poil bavard mais avec une maîtrise technique époustouflante où Wajda en profite pour assouvir un baroque qui n'a rien à envier à Welles, ni à Fellini pour la grotesque danse finale. Ça c'est pour la forme mais le fond aussi justifie la vision. La période pendant laquelle se déroule l'histoire partagée entre communisme et nationalisme est trouble, le fond l'est aussi ; en ressort une sensation d'ambiguïté puissante que vient renforcer l'interprétation du charismatique Zbigniew Cybulski, appelé le "James Dean polonais", qui arrive à rendre émouvant son personnage de tête brûlée qui veut juste vivre. Une pépite Made In Poland.
Un grand film signé Andrzej Wajda, que je découvre par la même occasion! Non sans raisons qualifié de baroque, son art se fait ici d'une grande noirceur, porté par une mise en scène de qualité et sublimé par une magnifique photographie. «Cendres et Diamant», amer constat sur la guerre et ses ravages est peut-être avant tout un drame moral, intérieur, qui se joue finalement en chacun de nous. Et bien évidemment qui bouleverse Maciek, héros faussement impassible interprété par le talentueux Zbigniew Cybulski, certainement dans l'un de ses plus grands rôles. Comment se comporter en homme quand on a du sang sur les mains? Comment vivre après avoir ôté la vie à certains de ses semblables? Mais plus encore qu'est-ce qui différencie une cible d'une autre, une mort d'une autre? La réponse semble être l'idéal pour lequel on se bat, le communisme pour certains ou le nationalisme pour d'autres. Tant que l'on s'en tient à cette dichotomie la question reste simple et ne laisse pas beaucoup de place au choix : la liberté ou la mort. Mais dès que la réflexion ou les sentiments s'en mêlent, c'est la fin. Triste observation : penser à la vie et à son sens c'est faiblir en temps de guerre, choisir entre son idéal et l'amour c'est courir à sa perte. Violence et compassion, vie et mort, douleur et espoir sont donc les maîtres mots de «Cendres et Diamants», même si l'on ne peut réduire ce film à ces seules thématiques, ne serait-ce qu'en raison de la grande diversité de ton qu'il adopte, passant allègrement du rire aux larmes, de la légèreté à une grinçante gravité. Visuellement inspiré, excellemment interprété, source de réflexion, parfois excessif, un passionnant (et passionné) long métrage qui fait honneur au cinéma polonais. Incontournable! [3/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Film phare dans la filmographie de Wajda, film génial et d'une grande noirceur dont on ne peut sortir intact. Cybulski est vraiment l'acteur que l'on peut regretter, car ici il est époustouflant. On reconnait le réalisme de l'auteur ( l'homme mitraillé qui prend feu ) son surréalisme ( la mort de wociek enroulé dans des draps ), la banalisation du meurtre au sortir d'un conflit horrible ( l'indifférence de Wociek face à l'erreur sur la personne à supprimer ). Du grand art, un film incontournable, Wajda est un immense cinéaste.