Fermer les yeux
Note moyenne
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velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 août 2023
Cela faisait 31 ans, depuis "Le songe de la lumière", que Victor Erice ("L'esprit de la ruche"), aujourd'hui âgé de 83 ans, n'avait pas tourné de long métrage. Durant un tel laps de temps, Hong Sang-soo, au rythme où il "travaille", aurait eu le temps de réaliser 93 films. Personnellement, je préfère garder en mémoire "fermer les yeux" plutôt que ces 93 films potentiels. L'histoire que nous raconte Erice pour son retour aux affaires est d'une très grande simplicité : spoiler: alors qu'il tournait un film avec Miguel Garay, son meilleur ami, Julio Arenas, un acteur très célèbre, disparaît subitement. Est-il mort ? S'est-il suicidé ? A-t-il été victime d'un accident ? 22 ans plus tard, une émission de télévision ayant comme sujet les affaires non résolues lui est consacrée. Miguel Garay y est interviewé et, alors qu'il a rejoint la caravane qu'il habite dans la région du Cabo de Gato depuis qu'il a arrêté de tourner, voilà qu'arrive le témoignage d'une jeune femme travaillant dans une maison de retraite de la même région et qui, ayant vu l'émission, affirme qu'un amnésique recueilli dans cette maison de retraite n'est autre que Julio Arenas. Voici donc Miguel se demandant que faire pour rendre la mémoire à Julio.
C'est dans de telles conditions qu'on peut voir facilement la différence entre un grand réalisateur et ... les autres. Sur ce synopsis très simple, Victor Erice, alternant avec brio plans séquence et champs-contrechamps, nous propose de nous abandonner à une certaine nostalgie en nous parlant de mémoire, d'identité, de cinéma. Certes, on trouvera sans doute des détracteurs qui trouveront que le rythme du film est trop lent, qu'on s'ennuie, nia, nia. On leur concédera qu'il y a peut-être 5 ou 6 minutes (sur 169 !) durant lesquelles la tension qu'on ressent a tendance à légèrement faiblir, mais, pour le reste, tant pis pour eux s'ils ne sont pas capables d'apprécier une telle œuvre. Dans la distribution qui s'appuie sur des piliers du cinéma espagnol, Manolo Solo, José Coronado, Josep María Pou, etc., on retrouve avec plaisir Ana Torrent, Ana dans "L'esprit dee la ruche", Ana dans "Cria Cuervos" et qui joue ici le rôle d'...Ana, la fille de Julio Arenas. spoiler:
Corinne76100
Corinne76100

86 abonnés 635 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 août 2023
Un début difficile pour entrer dans le film. Une fois dedans, c'est assez longuet, le film ne dégage pas suffisamment d'émotions. Belle interprétation de l'acteur principal ( vu dans les Tournesols sauvages dernièrement). La fin est cependant magnifique et laisse la porte ouverte.
Ploum
Ploum

18 abonnés 8 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 août 2023
Très long, très lent, très beau, très doux. Je n'ai pu résister à l'endormissement et ce n'était pas désagréable.
JUJUBE20
JUJUBE20

36 abonnés 59 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 octobre 2023
Nous ne sommes pas loin du chef-d'œuvre. Film littéraire, film palimpseste, film sur la puissance du cinéma lui-même... comme tous les grands films. Il ne faut rien raconter de cette quête - enquête que mène un écrivain cinéaste sur son comédien disparu mystérieusement plus de 20 ans auparavant, tant il se boucle sur lui-même entre la scène du début et celle de la fin de manière somptueuse. La musique, le roman, le cinéma révèlent la mémoire, accompagnent l'amitié, définissent les individus. Chaque mouvement de caméra fait sens, les fondus au noir tendent la main aux films d'antan... Vieilles salles de cinéma, bobines argentiques, télévision et émissions à sensation, téléphones portables, sans être conservateur, le cinéaste montre avec subtilité comment les temps changent, comment chaque quête en recouvre une autre, comment la nostalgie peut rendre non pas malheureux, mais au contraire joyeux et serein - dans la bonté. Une des œuvres majeure de cette année.
Bart Sampson

414 abonnés 850 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 août 2023
film vu en plein Jet Lag et que j'ai beaucoup aimé

L'histoire : Julio Arenas, un acteur célèbre, disparaît pendant le tournage d'un film. Son corps n’est jamais retrouvé, et la police conclut à un accident. Vingt-deux ans plus tard, une émission de télévision consacre une soirée à cette affaire mystérieuse, et sollicite le témoignage du meilleur ami de Julio et réalisateur du film, Miguel Garay. En se rendant à Madrid, Miguel va replonger dans son passé…
Pourquoi j'ai aimé : probablement pour les mêmes raisons que j'aime les films de Nuri Bilge Ceylan.
C'est un film qui prend son temps, qui est résolument du côté de l'humain et qui sans raconter une histoire trépidante vous laisse une trace et vous interroge comme ceux du réalisateurs turcs.
Ici c'est clairement la mémoire et le souvenir qui sont convoqués avec une habile mise en abyme du cinéma en tant qu'art éclairant.
Direction d'acteur, photographie et musique tout comme son cousin Ottoman, Victor Erice est d'une grande délicatesse tout en sachant exactement où il veut aller.
C'est l'un des bons fims d'auteur de cet été !
sergedu84
sergedu84

8 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 25 août 2023
Un film rempli de poncifs, on ne comprend pas l'intérêt, la raison d'être, de beaucoup d'éléments. L'avancée du film est tellement attendue, sans tension, sans éclat.
FaRem

10 571 abonnés 11 456 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 décembre 2023
L'histoire d'un manque, d'une absence, d'un mystère jamais résolu, d'une part d'inachevé... À sa disparition, Julio Arenas, acteur qui s'est évaporé en plein tournage, a laissé un grand vide. Le film en question n'a jamais été terminé et ses proches n'ont jamais su ce qui lui était arrivé. L'un d'eux, Miguel Garay, son meilleur ami, a l'occasion de se replonger dans cette histoire lorsqu'il est contacté pour participer à une émission de télévision. Un regard nostalgique et douloureux sur le passé avec des souvenirs et des retrouvailles. "Cerrar los ojos" est un film sur la mémoire, l'oubli, le deuil, les souvenirs, mais aussi une réflexion sur le cinéma. Un art qui a cette merveilleuse capacité de figer le temps et de conserver les souvenirs. Une forme de protection contre le temps qui passe, un refuge au sein de quelque chose d'immortel. Un bon film n'est jamais trop long et celui-ci ne m'a jamais ennuyé. Une jolie histoire, de bons acteurs et une magnifique conclusion.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 mars 2024
Très beau film sur la mémoire.
Tout la première partie est sur la disparition. Comme une énigme, une enquête et la dernière partie, sur la reconquête. On trouvera ici le thème du film, le regard; car comme le dit le médecin, l’homme n’est pas que mémoire, il est aussi sensibilité.
Le rythme du film joue clairement en sa faveur.
Le temps est important pour découvrir qui on est vraiment.
Très beau.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 novembre 2025
Victor Erice aujourd’hui âgé de 85 ans est un cinéaste espagnol rare et précieux, devenu culte grâce à son premier film réalisé en 1973. Tourné alors que le régime franquiste aborde la dernière ligne droite d’un règne sans partage de près de 40 ans, « L’esprit de la ruche » dont l’intrigue s’enroule autour de la projection dans un petit village castillan du célèbre « Frankenstein » (1931) de James Whale, aborde de manière poétique teintée de fantastique, les peurs nées du monde imaginaire de l’enfance souvent amplifiées par une carence affective. La petite Ana (Ana Torrent) qui s’est persuadée que le monstre de Frankenstein existe va se mettre à sa recherche, entamant un parcours initiatique qui la conduira sur le chemin de l’adolescence. Le film primé au Festival de San Sébastian en 1973 sera projeté lors de la semaine de la critique au Festival de Cannes l’année suivante.
La production très limitée de Victor Erice ne tournant que deux autres films en cinquante ans (« Le sud » en 1983, « Le songe de la lumière » en 1992) renforce sans aucun doute le culte autour de « L’esprit de la ruche » à travers le mystère qui a fini par nimber la personnalité du réalisateur. C’est donc à 83 ans qu’il se lance dans la production de son quatrième film bâti autour d’une histoire originale imaginée par Erice et Michel Gastambide. L’avant-première du film a eu lieu à Cannes en 2023.
Encore une fois Erice dénote par un style qui lui est propre où la poésie et la nostalgie du temps qui passe sont parties intégrantes du film. « Fermer les yeux » se singularise par un incipit particulièrement intrigant, voyant Erice user avec maestria du procédé spoiler: souvent périlleux du film dans le film. Digne des grands films noirs des années 1940 et 1950, une conversation plus que mystérieuse entre un quidam (José Coronado) visiblement au bout du rouleau et un vieux juif séfarade (Josep Maria Pou ici digne du grand Orson Welles) au sujet de la disparition d’une jeune fille qu’il faut retrouver en se rendant à Shanghai (!), prendra par la suite tout son sens. Ce qui n’est que la première scène d’un film nommé « Le regard de l’adieu » jamais terminé sert donc de base pour introduire une émission dont la déclinaison française était à la même période (de 1990 à 1997) symbolisée par « Perdue de vue » où Jacques Pradel partait à la recherche de personnes disparues. Miguel Garay (Manolo Solo), le réalisateur de ce film inachevé est contacté par l’animatrice vedette d’une chaine chaîne TV de grande audience pour aider à retrouver Julio Arenas (Jose Coronado), l’acteur principal du film disparu en plein tournage sans que personne n’ait jamais eu de ses nouvelles depuis 18 ans. Miguel Garay dont la carrière s’est quasiment arrêtée à la suite de ce film inabouti
vit chichement dans un bungalow sur la côte andalouse. spoiler: Son passé douloureux réactivé, il va poursuivre seul les recherches et remonter dans son propre passé et celui de celui qui fut son ami de jeunesse. Avec les souvenirs remontant à la surface arrivent bien sûr les questions qui les accompagnent liées au manque d’attention portée à l’époque à un ami peut-être en rupture de ban derrière la façade clinquante du succès.

La caméra de Victor Erice prend son temps pour scruter avec délicatesse les détails du quotidien de vies chamboulées par cette disparition soudaine inexpliquée et se déroulant un peu au ralenti depuis que les années ont passé. Le questionnement qui anime Miguel Garay ne nous est peut-être pas étranger comme à Victor Erice, nous demandant parfois sans jamais oser aller plus loin ce que sont devenues les amitiés ou personnalités marquantes qui ont jalonné nos vies. C’est autour de toutes ces interrogations teintées de nostalgie qu’est joliment construit le film d’un réalisateur qui aura eu le privilège aux deux extrêmes de sa carrière d’offrir au spectateur deux films prouvant à l’image du grand Charles Laughton avec « La nuit du chasseur » que le statut de réalisateur passant à la postérité peut se construire à partir d’une œuvre très ramassée et parfois d’un seul film marquant. Notons la présence émouvante d’Ana Torrent qui jouait la petite fille héroïne de « L’esprit de la ruche ».
Hotinhere

790 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 8 avril 2024
Un film testamentaire d’une douce mélancolie sur la quête de temps perdu, traversé de moments lumineux mais manquant de rythme surtout dans la première partie. La scène finale est magnifique. 2,25
ferdinand75

723 abonnés 4 462 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 août 2023
Un film puissant , très intense qui aborde des thèmes de fond : la perte de mémoire, les affres de la création culturelle , la perte d'identité, le vieillissement. Mais par contre le rythme est très lent , loin de la tradition habituelle du cinéma espagnol. On est presque dans du contemplatif : dans le style du cinéma iranien , de Ozu, ou même de Terrence Malick. Les 3 heures de film sont parfois un peu longues. Mais l'émotion est toujours là . La mise en abîme aussi, avec ce démarrage de film, dans le film , qui n'en est pas un , avec la disparition de cet acteur ( de tous les acteurs qui s'identifient à leur personnage ?) , puis les retrouvailles sur la côte andalouse, sauvage et très bien filmée, pas celle des "touristes" .Il y aussi le questionnement , sur la paternité, sur les médias à la recherche du sensationnel, sur la fin de vie. Toujours traité avec délicatesse et finesse. La dernière partie est sublime , avec la fin du film, mise en abîme une 2ème fois , le personnage rêve , se retrouve, Avons- nous rêvé avec lui, ? reconnaît il le réel ? . Victor Erice frappe vraiment très fort.
Gentilbordelais

402 abonnés 3 540 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 2 mars 2024
Une mise en place extrêmement longue, bavarde et confuse jusqu'à ce que l'objet devienne enfin concret. Puis, cette histoire de disparition prend du corps, suscitant de l'interêt. Pour autant, ce drame, au montage aléatoire, manque terriblement d'intensité et d'expression chez les personnages. Au regard de sa durée fleuve, la fin est expédiée, laissant le spectateur dans l'expectative et un certain agacement de ne pas lui livrer de vraie conclusion!
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 777 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 octobre 2024
1947, dans une vieille et élégante bâtisse dans un parc arboré sous un temps automnal, un vieux monsieur reçoit un homme qu’il mandate avant de passer à trépas pour retrouver une fille sur une photo. Cette fille est la sienne et a été kidnappée par sa mère et emmenée en Chine depuis de longues années.
Et hop, nous voilà en 1990 ; la scène qui vient de se jouer est la scène d’un film inachevé après la disparition mystérieuse, car subite, de l’acteur jouant le détective. Acteur volatilisé et jamais retrouvé. Un film dans le film, une mise en abime du cinéma ; là, on comprend que ça va être un film de cinéphile se regardant le nombril… oups, regardant le cinéma.
Et hop nous voilà en 2012, une chaine de télévision réalise un programme enquête en vue de retrouver l’acteur et de comprendre cette disparation. Pour cela, on nous propose de suivre le réalisateur du film maudit et ami de jeunesse de l’acteur disparu. Ce film va se dérouler durant presque trois très, très très longues heures pour nous amener à découvrir le passé de ces deux-là : histoire de femmes, d’amour, enfant mort,… pour un suspense super artificiel et daté. Outre le temps automnale, ce film dépressif est poussiéreux et daté ; une impression d’un film sorti du passé. Le vieux metteur en scène (83 ans), avare en film (son 4ème long métrage seulement !!!), convoque Bunuel, mais rien n’y fait, son cinéma sent la naphtaline. La parabole entre le réalisateur de la fiction Victor Erice, ses difficultés à produire ses films, sa tentation de se retirer du monde, sa foi inébranlable dans le pouvoir démiurgique des images et les deux personnages du réalisateur, qui part à la recherche de son acteur évanoui, et de l’acteur qui, dans le film, était chargé de retrouver l’enfant disparu d’un vieillard moribond est vite comprise. Cette figure de style ne suffit pas à faire 2h49 de film.
Une ode au cinéma poussiéreuse et monotone qui parvient à nous faire tenir artificiellement les trois heures par une intrigue tout de même très légère. Même les cinéphiles risquent de s’ennuyer ferme. Un engouement de la critique que l’on du mal à s’expliquer
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Arthus27
Arthus27

126 abonnés 642 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 septembre 2023
Sous le prétexte d'un simple film d'enquête, Fermer les yeux renferme bien plus et nous emporte dans un récit plein de nostalgie sur l'art, la création, et la mémoire. Car le récit prend son temps, tout comme les scènes qui n'hésitent pas à s'étirer pour en tirer un maximum d'émotions, que ce soit par la parole ou les regards que s'échangent les personnages. A ce titre, la réalisation est sobre, usant de peu d'artifices (beaucoup de plans fixes, parfois en plan-séquence) et laisse la direction artistique et la composition des plans nous submerger d'émotions.
Avec Fermer les yeux, il ne faut pas s'attendre à une enquête haletante, mais plutôt à un voyage introspectif et dans le temps d'un réalisateur qui a longtemps été spectateur de sa propre vie.
Fenêtre sur salle
Fenêtre sur salle

129 abonnés 411 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 septembre 2023
Un film testamentaire fort qui livre un nouveau bel hommage au pouvoir du cinéma, mais dans un style beaucoup plus sobre et radical que Babylon ou The Fabelmans.

Le film est en effet très exigeant et reste, selon moi, réservé aux cinéphiles initiés et avertis.

La première moitié du film, essentiellement composée de longues scènes de dialogues entre le personnage principal et différents protagonistes, est interminable. Le moins que l'on puisse dire est que le film prend son temps et il m'a fallu déployer toute mon énergie pour ne pas céder à l'action suggérée par son titre.

Les images sont toutefois très belles et un soin tout particulier est apporté aux cadrages, à la lumière, aux mouvements de caméra et à des détails de mise en scène. L'idée du film dans le film fonctionne assez bien.

La deuxième moitié se révèle nettement plus passionnante, sublime quête désespérée de la vérité et réflexion très intéressante sur la mémoire, la permanence des choses et sur les potentielles vertus thérapeutiques du cinéma, meilleur remède contre l'oubli. Le personnage de Gardel se révèle très attachant et sa confusion est magnifiquement interprétée par José Coronado, troublant d'ambiguïté.

Le film se termine par une superbe scène dans un cinéma et par un plan final aussi beau que bouleversant.

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