En allant voir "Une bataille après l'autre", adaptation très libre du roman "Vineland" de Thomas Pynchon, j'espérais me réconcilier avec le cinéma US, j'espérais me réconcilier avec Paul Thomas Anderson dont j'avais beaucoup aimé les premiers films ("Boogie noghts" en 1997, "Magnolia" en 1999) et pas du tout les derniers ("Phantom thread" en 2017 et "Liccorice Pizza" en 2021). Un espoir pas totalement déçu, mais pas non plus vraiment exhaussé. Il ne s'est pas écoulé 5 secondes qu'on sait être dans un film US : une musique très forte est tout de suite présente et un fond musical, parfois plutôt agréable, souvent exaspérant, va accompagner le film presque sans interruption du début à la fin. Par ailleurs, on est tout de suite confronté à un vocabulaire très cru à base de "pussy", de "dick"et, surtout, de "fuck". On dit partout que "Une bataille après l'autre" est une charge contre l'Amérique telle qu'elle a été modelée par Trump. Mouais ! Il y a bien la chasse aux populations venues du sud du Rio Grande, il y bien un racisme anti tout ce qui n'est pas WASP avec la présentation d'une société secrète de suprématistes blancs, les Aventuriers de Noël, qui fait bien sûr penser à Elon Musk, mais l'adaptation de "Vineland" doit être très libre car ce roman, écrit en 1990, parle des Etats-Unis des années ... 60, 70 et 80. Si ce film arrive à détourner du trumpisme un certain nombre d'électeurs US, tant mieux, mais je n'y crois pas trop. Ce qui arrive à sauver plus ou moins le film, ce n'est donc pas pour moi son côté politique, ce n'est pas non plus son côté comédie, beaucoup trop lourdingue, c'est son côté thriller haletant qui atteint son sommet dans le désert californien. Pour ce qui est des interprètes, le cabotinage de Sean Penn est insupportable, Leonardo DiCaprio est plutôt pas mal, Benicio Del Toro est très bien, et Chase Infiniti, très, très bien.
Un film fleuve, un road-movie à la photographie superbe et au casting de haute volée. Le gros budget est visible. La satyre de l'extrême-droite est évident, mais on ne peut nier non plus la dénonciation des activités terroristes de l'extrême-gauche. Du coup PTA se met au milieu et essaye de ne pas verser d'un côté comme de l'autre et les spectateurs voient selon leur sensibilité l'un ou l'autre des pans exploré. Je remarque que c'est bien le premier film où je vois Sean Penn jouer véritablement car il est d'habitude plutôt mièvre et manquant de palette artistique. Certaines scènes sont vraiment époustouflantes (la poursuite en voiture est phénoménale !!!). Bref, c'est un grand film qui se regarde sans aucune difficulté malgré ses 2h40. Bravo monsieur PTA.
Ce choc entre deux camps opposés entre révolutionnaires et militaires orchestré autour d'un triangle amoureux malsain résonne furieusement avec l'actualité la plus brûlante mais baigne dans un comique un peu bas de gamme. C'est magnifiquement filmé, sublimé par la musique et joué par des grands acteurs. La scène dans laquelle Bob Ferguson (DiCaprio) tente d'obtenir une info mais n'arrive pas à se souvenir d'un mot de passe est hilarante. Sacré numéro de l'acteur. Taylor, qui joue la charismatique Perfidia, domine le début de la tête et des épaules, spoiler: sa disparition assez rapide nuit à l'intensité du film . Pour faire simple, c'est Docteur Folamour dans l'Amérique de Trump. Mais pas au niveau du film de Kubrick.
De gros moyens et un trio de stars qui font le job, au service d'un film long et bruyant. La première demie-heure est grotesque et vulgaire , les tribulations de ces révolutionnaires de pacotille m'ont fatigué d'emblée. Un scénario tout sauf inventif , l'atmosphère m'a fait penser à un " réservoir dogs" du pauvre, sans suspense et avec un dénouement dégoulinant de mièvrerie. Fatiguant.
Une Bataille Après l'Autre est un film de Paul Thomas Anderson sorti en 2025.
Ce long métrage est extrêmement riche, que ce soit en ce qui concerne sa cinématographie, l'interprétation de ses acteurs ou encore les propos qu'il porte. Sur le premier aspect, le film est très réussi malgré quelques longueurs relatives à sa durée. Le réalisateur se fait plaisir avec des plans magnifiques, notamment sur les plaines américaines, un sens du cadre très étudié et un montage permettant au spectateur de rester collé à son siège (malgré les longueurs évoquées précédemment). Concernant l'acting, le duo DiCaprio - Penn est iconique, bien secondé par Bénicio del Toro et Teyana Taylor notamment, dans des registres allant de la comédie au drame avec une aisance et une facilité déconcertante. Enfin, dans son propos, le film alterne entre critique contemporaine de la société américaine (plus nuancée qu'elle n'en a l'air) et film fort sur la transmission et le lien filiale.
C'est un film foisonnant, qui ne peut que provoquer des réactions contrastées pour ou contre lui. Ce long métrage est beau, intense, fort.
Heureusement que la seconde partie existe (mais il faut attendre LONGTEMPS !) avant que le film démarre. Franchement trop long et y a beaucoup de « trop » c’est top much partout, ça cabotine beaucoup, surtout Sean Penn qui en fait des tonnes. Heureusement que Di Captio sauve le film et que DelToro ajouté son zeste à cette histoire abracadabrante. Franchement c’est la premiere fois que PTA me laisse sur le be coté… pendant pratiquement 1heure avant que s’enclenche le film (spoiler: quand DiCaprio oublie son mot de passe) avant ça on compte les minutes. Le sujet du militantisme extrême et la répression en face est plutot bien vu, mais j’ai trouvé ça laborieux et presque indigeste : ce n’est pas pour tout les publics. spoiler: La séquence de la poursuite de voiture est en revanche exceptionnelle. 2h40 monsieur Anderson , c’est beaucoup
Je n'ai pas absolument pas compris l'enthousiasme de ce film par l'ensemble des critiques de presse. Si l'on veut bien analyser ce film avec sérieux et objectivité, on comprendra aisément qu'il s'agit quasiment d'un film de propagande anti fasciste. Il s'agit d'opposer de façon manichéenne une population immigrée à des individus d'extrême droite. Le thème aurait pu être séduisant et intéressant si il n'avait pas été traité avec autant de clichés simplistes, infantilisants voire 'irresponsables'. Les personnages sont caricaturaux dans leur comportement parfois affublés de dialogues stéréotypés qui altèrent singulièrement la crédibilité du récit. Le scénario quant à lui est d'une pauvreté abyssale faisant se succéder des scènes pauvres en émotion mêlées d'humour infantile. Je ne parle même pas des multiples incohérences comportementales et techniques de ce film qui seraient trop longues à énumérer (agissements incompréhensibles, situations scénaristiques ineptes, humour insipide, musique inadaptée, course poursuite improbable, ...) je n'arrive pas à comprendre que des acteurs comme DiCaprio, Penn, et Del Toro aient pu se laisser corrompre dans cette fable insensée (sans aucun sens) . De mon point de vue il s'agit d'un des pires films qui m'ait été de voir depuis pas mal d'années. Donc réfléchissez y à 2 fois avant d'aller le voir et de perdre votre temps.
Il arrive parfois de tels grands films, si riches à tous les niveaux possibles, que l'on se sent forcément un peu petit pour en livrer une critique digne de ce nom (d'autres le feront d'ailleurs bien mieux que nous). Des longs-métrages comme ça, la filmographie de Paul Thomas Anderson en regorge, "Boogie Nights", "Magnolia", "Punch-Drunk Love" "There Will Be Blood" ou encore "The Master" pour ne citer qu'eux, et "Une Bataille Après L'Autre" vient directement se ranger auprès de ces sommets. On se contentera ici donc d'en chanter rapidement les louanges en espérant approcher ne serait-ce qu'un peu le halo de l'explosion de folie cinématographique que celui-ci peut représenter.
Si l'on excepte un bémol qui l'empêche de tutoyer l'exceptionnel (un passage de fuite/émeute qui s'éternise trop en milieu de film, avec un thème musical répété jusqu'à plus soif, en dépit du très bon running-gag "administratif" qui l'accompagne par conversations téléphoniques), le nouveau PTA est une fulgurance constante de registres entremêlés au point de ne se classer réellement nulle part.
Dès son incroyable exposition nous plaçant aux côtés de cette activiste, Perfidia Beverly Hills, bombe à retardement sur pattes enivrée un peu plus à chaque bataille révolutionnaire gagnée l'une après l'autre (contre un pouvoir lui-même enlisé dans son autoritarisme le plus confondant) au sein d'une spirale autodestructrice qui la conduit même à abandonner son rôle de mère, le film remue l'incroyable fracture qu'il existe aux États-Unis à toutes les échelles possibles, des affrontements militantistes en forme d'étincelles à la guerre civile aux enjeux intimes de ses protagonistes pris dans le feu du combat, avec une maestria absolument sidérante.
Et même pas le temps de reprendre son souffle après ça ! Malgré l'ellipse de seize ans qui nous fait retrouver Bob, le compagnon de Perfidia dont l'esprit est désormais embrumé par les paradis artificiels plutôt que par les espoirs d'en créer un véritable par ses anciens idéaux révolutionnaires (et explosifs pour les servir), et leur fille Willa que l'on aura à peine le temps de découvrir dans sa vie ordinaire de lycéenne avant que le passé de ses aînés vienne l'entraîner à son tour dans la tempête d'une haine qui n'aura en réalité jamais cessé, dirigée par la plus pure figure d'un homme trouvant refuge dans le fascisme pour y fondre ses aspects les plus pathétiques, et prête symboliquement à dévorer par sa folie aveugle chaque génération qui en héritera. Dès lors, "Une Bataille Après l'Autre" n'en sera ici plus qu'une en forme de roller-coaster improbable, muée par une kyrielle de personnages et d'intérêts personnels, dans une sorte de clé de voûte en mouvement permanent entre toutes les tonalités que le cinéma puisse permettre et susceptible aussi bien de faire jaillir un éclat de rire que d'imposer une tension à couper le souffle ou bien encore de nous toucher en plein coeur par ce qu'ils tissent comme tragédies (inspirées des plus antiques quelque part) dans sa toile relationnelle principale.
À la sortie de cette cuvée 2025 signée PTA, on peine donc à reprendre ses esprits, ébloui par le génie esthétique du réalisateur, par cette maîtrise époustouflante qui le fait par exemple soudainement abandonner l'horizontalité choisie jusqu'ici pour ses plans vers la verticalité d'une phase finale sous forme d'une séquence de poursuite en voiture promise à devenir culte. Et puis, il y a ce casting où tout le monde excelle, Leonardo DiCaprio bien sûr mais aussi Teyana Taylor, Chase Infiniti, Benicio Del Toro ou Regina Hall... Tous méritent d'avoir leur nom cité car tous ont l'air conscient de la chance qu'ils ont de jouer dans un film dirigé par un réalisateur-scénariste bien au-dessus de la mêlée de la plupart de ses confrères. Mais, si l'on ne devait en retenir qu'un du lot, ce serait Sean Penn. Suintant presque littéralement un condensé de tout ce que l'être humain peut contenir de nauséabond pour le conduire au pire de ce qu'il a la capacité d'être, l'acteur crève l'écran à chacune de ses scènes, le propulsant d'emblée au plus sérieux prétendant à l'Oscar du Meilleur Second Rôle 2025. Ne pas lui donner cette récompense serait un crime comme ne pas en faire autant pour célébrer "Une Bataille Après L'Autre" par quelques statuettes. Un moment de cinéma comme l'on en croise rarement.
Film du Réalisateur Paul Thomas Anderson, Acteurs Leonardo DiCaprio,Benicio Del Toro, Sean Peen,Tayana Taylor, Chase . Film très long l'histoire de révolution et de militaires le film et pas terrible, les acteurs sont plus au moins bons,et dialogues lourd. J'avais hâte que le film se termine. Isa
Dans la filmo de Paul Thomas Anderson j ai rarement eu de demi mesure: j ai soit adoré, soit détesté. Une bataille après l autre est donc une exception. Film très dense et multiforme, j ai passé avec de bons moments mais il m a laissé un goût d inachevé. Je m attendais à voir un brûlot politique sur une Amérique qui se polarise de plus en plus, le film est plus une caricature doublée d une comédie d action. Avec une trame de base qui peut faire penser à « à bout de course » de Sidney Lumet on va voir un défilé de personnage tous un peu minables ou déjantés, qui me fait dire que le discours politique du film serait que dans le fond qu il faut avoir un problème psychologique pour avoir un réel engagement politique quel qu il soit. Le fait que le film soit une caricature a fait que j ai par moment eu du mal à acheter telle ou telle situation ou tel ou tel personnage (j ai vraiment eu du mal dans la première partie avec celui de Sean Penn), alors que pour le coup celui de DiCaprio en révolutionnaire en semi retraite aux neurones légèrement grillés m a franchement amusé. D un point de vue technique et artistique c est remarquable (à part la musique que j ai trouvé totalement hors de propos); malgré les choses qui m ont déplu je ne me suis jamais ennuyé. Je n ai pas vu le chef d œuvre annoncé ici ou là mais un très bon film, déroutant, bien plus léger qu engagé.
En Californie, Bob Ferguson et Perfidia Beverly Hills sont membres du groupe d'activistes French 75 qui milite pour l'IVG, et contre les maltraitances et expulsions de migrants. Ils font face au Colonel Steven J. Lockjaw représentant une Amérique de plus en plus réactionnaire et violente.
Anderson met en scène deux camps : les ultra gauche et les supremacistes blancs. Son héroïne (Teyana Taylor) afro-américaine révolutionnaire est plutôt effrayante avec une libido qui se révèle proportionnellement à la violence de ses actions. En face, le Colonel Steven J. Lockjaw (Sean Penn) est bien barré également. Entre les deux, se trouvent Bob (Leonardo Di Caprio) totalement dépassé par les évènements et sa fille Milla (Chase Infiniti).
Le film adopte un rythme haletant, relevant le défi de mêler divertissement, action, humour et burlesque à une réflexion politique sur l'Amérique d'aujourd'hui. La réalisation virtuose et un montage d'une grande précision offrent de nombreuses scènes marquantes. Leonardo Di Caprio est tout simplement impressionnant. Benicio del Toro dans un second rôle marque également. Sean Penn joue sur une mono expression un peu décevante.
Les 2h40 défilent presque sans ennui, le récit se déroulant avec une grande fluidité et créativité. Seule la scène finale pourra sembler en deçà du reste du film.
Si certains pourraient redouter un côté « gauchiste » ou « woke » trop appuyé, on en est en fait ici loin, tout le monde en prenant pour son grade. Certes le film critique les dérives d’un certain gouvernement (ICE ICE Baby) mais c’est en fait l’humain, ses forces et ses faiblesses qui est au coeur du propos. Chaque partie trahissant ses idéaux les plus forts pour assouvir ses besoins les plus primaires.
On a affaire à une véritable oeuvre de cinéma : que ça soit la réal avec une spatialisation de dingue, une belle photo, une musique qui accompagne magnifiquement tout le film et renforce les émotions. Certains pourraient la trouver trop présente, mais je pense que c’est un parti pris pour faire ressentir la force des sujets et des émotions. Ou encore le scénario, certes basique mais avec des personnages superbement travaillés.
Le montage, qui s'il n'est pas linéaire ne te donne jamais l'impression de te laisser sur le bas côté, les dialogues, les acteurs excelentissimes (mention spéciale à Sean Penn et à Chase Infiniti (on dirait un nom de CB ) Le tout réalisé de main de mettre, Steadicams, plans épaule quand nécessaire.
Des plans de dingues pendant les scènes d'action (mention spéciale à la première poursuite en voiture). Mais une caméra qui sait se poser quand nécessaire lors de scènes plus intimistes et émouvantes.
Ca fait du bien de voir un film qui sort des sentiers battus. Si le début laisse penser à un film dramatique sur la lutte des classes, on glisse de plus en plus vers un film à la Tarantino totalement barré, des personnages hauts en couleur et une bonne dose d'humour. Coup de cœur pour le personnage de Sean Penn, un OVNI total.
Le scénario en plus, dans son absurdité, tient la route. Il y'a des dialogues savoureux (Di Caprio et la "hotline"). Un bémol serait la musique si, comme moi on n'aime pas le Free jazz. Ca accentue le côté barré et chaotique mais saoule un peu au bout d'un moment. Mais le reste est tellement bon qu'on fait avec. A voir sans hésitation.
Une réalisation masterclass (la scène de poursuite!), des acteurs hors du commun (dont Sean Penn littéralement habité), un rythme permanent font passer les 2:50 comme un rêve.