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SaintPhalle
17 critiques
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5,0
Publiée le 19 septembre 2024
Vu en AVP. Magnifique film sur Niki avant qu’elle soit Niki de Saint Phalle. Photographie superbe. La musique porte le film. Charlotte Lebon incarne parfaitement cette artiste d’avant-garde. Grand travail de costume.
Un très beau premier film de la réalisatrice qui nous plonge dans les troubles intérieurs de Niki de Saint Phalle. Un biopic bien différent de ceux qu’on a l’habitude de voir depuis 15 ans.
Film incroyablement beau! La démonstration que Celine Salette est une réalisatrice hors pair qui est aussi doué devant que derrière la caméra, vraiment magnifique il faut foncer le voir je peux pas être plus clair !
Des qualités techniques (image, lumières, musique...) correctes. Un jeu d'acteur qui tient la route même si tout repose sur une Charlotte Le Bon omniprésente. Mais à l'arrivée un film irrespectueux. Irrespectueux parce que la personnalité de cette grande artiste qu'était Niki de Saint Phalle en sort réduite à ses seuls problèmes psychologiques et son passé douloureux. Pas une seule de ses œuvres n'est montrée comme si elles n'étaient que des choses secondaires et anecdotiques, sans fondement artistique et seulement issues d'un esprit torturé. Le tout teinté d'un "féminisme" (?!) manichéen, malheureusement trop dans l'air d'aujourd'hui. S'il est salutaire et utile de dénoncer des choses inadmissibles telles que l'inceste, la violence ou une psychiatrie déshumanisée, il devient malsain et dérangeant de ne vouloir montrer que celà.
Ce film réussit le tour de force de parler d'art sans montrer aucune oeuvre. C'est probablement pour des raisons de droits mais le résultat c'est qu'on s'ennuie car les affres de la vie privée de Niki sont peu intéressants et l'actrice principale pas si bonne qu'on le lit partout.
Charlotte Le Bon crève l'écran et incarne parfaitement le cheminement de Niki. Le cinéma est fait pour nous faire vivre des émotions et Mme. Sallette (pour son 1er film !!) le fait avec brio - À voir absolument
Il y quelques semaines, pour Le Fil (D. Auteuil) et le Procès du chien (L. Dosch), j'écrivais que je n'aimais généralement pas les films réalisés par des acteurs/actrices.
Il y a quelques jours, j'écrivais, à propos de Lee Miller, que je n'étais généralement pas fan des biopics.
Et puis Céline Sallette.
Cette actrice que je suis et que j'apprécie depuis L'Apollonide et la série Les Revenants me fait mentir en me faisant aimer un biopic réalisé par une actrice.
Il faut dire qu'en choisissant un angle bien spécifique (la santé mentale de la créatrice suite aux abus sexuels dont elle a été victime), l'actrice/réalisatrice ne tombe pas dans le piège du biopic "Wikipedia" et décide de ne couvrir qu'une partie de la vie de Niki de Saint-Phalle, celle de l'éclosion de l'artiste.
Il est évidemment très frustrant de ne voir aucune oeuvre de l'artiste à l'écran. Mais d'un problème lié à une question de droits, Céline Sallette parvient à faire de cette contrainte une force en amenant le spectateur à ne se concentrer que sur l'artiste et non sur son oeuvre.
Pour un premier film, elle multiplie les bonnes idées de réalisation. En plaçant sa caméra à la place ou derrière les oeuvres qu'elle ne peut pas montrer, elle offre un regard assez novateur sur le processus artistique de création. Elle parvient également à utiliser le split screen avec beaucoup d'intelligence, ce qui n'est généralement pas chose aisée.
Il est aussi bien difficile de ne pas être captivé par la prestation de Charlotte Le Bon. Il ne serait d'ailleurs pas étonnant de la voir, elle aussi, nommée aux prochains César. Très investie, elle incarne en effet avec beaucoup d'intensité et de sensibilité les tourments de son héroïne.
En lutte permanente contre ses démons intérieurs, c'est dans ses souffrances, qu'elle devra apprendre à dompter petit à petit, que l'artiste puisera sa force de création.
Le film se termine en effet sur la naissance d'une grande artiste mais aussi celle d'une réalisatrice à l'avenir très prometteur !
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3,0
Publiée le 11 janvier 2025
« Ce n'est pas parce que t'as des problèmes que t'es quelqu'un d'important. » En dépit de cette vacherie injuste, Niki de Saint Phalle ne s'est jamais prise pour ce qu'elle n'était pas. Par contre, elle a toujours cru qu'elle avait quelque chose à raconter à travers son art. Un moyen pour elle d'extérioriser ses nombreux problèmes et ses souvenirs douloureux. Un exécutoire, une façon de guérir à travers l'art plutôt qu'avec des électrochocs... De l'angoisse à l'illumination, Céline Sallette dresse le portrait d'une femme complexe et forte qui a beaucoup subi avant de devenir une artiste en avance sur son temps. La réalisatrice se pose rarement avec de nombreux sauts dans le temps, mais elle revient sur l'essentiel à travers un récit libérateur d'émancipation. Une structure fragmentée qui ne m'a pas dérangé, car l'essentiel y est à mes yeux à savoir la résilience de cette femme. Le seul bémol, c'est l'absence de ses œuvres dans le film, mais ce sont les ayants droit qui ont décidé ainsi... En somme, c'est plutôt pas mal.
La première chose à faire,après le film, et surtout si on l'a aimé, est d'aller jeter un œil, via Internet, sur les œuvres de Nikki Saint Phalle. Malheureusement, Céline Sallette n'a pas eu le droit de les reproduire dans son premier long métrage et, on a beau dire, cela reste une vraie frustration, plus qu'une chance pour le scénario. Film sage et chronologique,spoiler: Niki s'étend sur 10 ans de la vie de son héroïne, ceux ou sa folle (c'est le qualificatif qui convient) vocation prend forme, alors qu'elle souffre d'une dépression. Le personnage est singulier, ses traumatismes restant anciens et enfouis, il y a là tous les ingrédients pour réaliser un film, qui résonne, d'autant plus dans le monde d'aujourd'hui, avec une femme émancipée et qui a été la victime de violences dans son enfance. Niki repose avant tout sur la force et la subtilité de l'interprétation de Charlotte Le Bon, dont on attend impatiemment le deuxième long métrage, en tant que réalisatrice. La reconstitution des années 50 est impeccable mais il manque une véritable fièvre à l'ensemble et aussi une plus grande attention apportée aux personnages secondaires. Réflexion faite, plutôt que de (re)voir des tableaux ou sculptures de l'artiste, après la projection, le mieux est de les (re)découvrir avant,, pour les avoir en tête pendant la séance.
Cette première réalisation de Céline Sallette est réussie. Le biopic de Niki de Saint-Phalle est traité autour de son évolution personnelle, intime et complexe. Ici il est question de Niki la femme, comment elle est devenue l’artiste, et non de son œuvre. L'interprétation de Charlotte Le Bon est remarquable. Les scènes en double plan (split screens) sont abouties.
Le film démarre comme un diesel et puis la magie opère, on ne sait pas comment s’est venu mais on se laisse gagner par Niki jusqu’à en avoir des frissons voire des larmes dans le dernier tiers du film. C’est l’histoire de Niki de Saint Phalle et d’aucuns seront frustrés de ne pas voir ses œuvres, mais au contraire, je trouve que leur absence a l’écran, si elle donne un grand appétit pour les redécouvrir, permet au film une portée universelle. C’est l’histoire de Niki mais c’est aussi l’histoire des femmes, une histoire d’émancipation éminemment moderne et bouleversante.