Peut-être pas un grand film, mais un film sympathique, une comédie loufoque et tendre, parfaitement maîtrisée, qui révèle le talent de sa jeune réalisatrice, Louise Courvoisier, jusqu’à ce film, réalisatrice de courts-métrages et qui fait du fromage la véritable star de Vingt dieux…et par n’importe quel fromage…le Comté…qu’elle finit par rendre cinégénique…. En nous faisant toucher sa fabrication …beaucoup plus clairement que les règles du stock car que je n’ai toujours pas comprises…Fabriqué et mûri localement avec les siens ( musique signée par sa mère, Linda et par son frère, Charlie, décors signés de sa sœur Ella) et ses amis d’études à la Ciné Fabrique de Lyon, c’est d’abord une ode au Jura, à son terroir, ses villageois, au fromage comme aux bêtes…Paysages somptueux, rudes gaillards, dialogues crus et savoureux…avec l’accent…et ce sacré Totone (Clément Faveau), jamais en reste pour descendre une bière…glandeur professionnel, coucheur à tout va…jusqu’au jour où la réalité le rattrape brusquement, son père rentrant d’une fête de village plutôt aviné, meurt dans un accident de la route. Il se retrouve orphelin à tout juste 18 ans, avec une adorable petite sœur de 7 ans, Claire…et comme il faut bien vivre, son doux rêve, est de décrocher la juteuse récompense d’un concours de comté (alors qu’il n’y connaît rien), avec ses potes et des méthodes pas toujours très catholiques…Ce qui est surprenant, c’est que le film s’est tourné avec des non-professionnels recrutés sur place en casting sauvage et qui tous jouent avec un naturel éclatant…tout cela donne une fable pleine d’énergie et d’insouciance, qui se fraie un chemin lumineux dans la sinistrose ambiante…Primé à Cannes et à Angoulême, récompensé par le prix Jean Vigo, se premier film touche juste…