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chrischambers86
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3,5
Publiée le 2 mai 2025
Il y a du "Petit Paysan" (2017) dans ce film franc-comtois, plèbiscitè par la critique et d'un bon bouche-à-oreille. "Vingt dieux" (2024) s'inscrit de toute èvidence dans cette lignèe! Nous sommes ici dans le Jura, sur les traces d'un patrimoine agricole que l'on a perdu l'habitude de voir! Louise Courvoisier sait diriger ses comèdiens non professionnels! Elle sait aussi admirablement rendre avec chaleur et authenticitè quelques èlèments du quotidien d'un petit village jurassien avec ses traditions et ses animations locales (bals, courses de stock-cars....). La comèdie, dans cette contrèe agricole, se taille pour ainsi dire la part du lion, mais la rèalisatrice a toujours l'intelligence de lui trouver le contre point pittoresque ou rustique! En rèsulte un premier long-mètrage immersif et attachant qui sait ne pas tomber dans le drame social naturaliste! Une très belle ode à la jeunesse qui doit beaucoup à la spontanèitè et au charme sauvage de ses acteurs! Une rèussite...
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3,5
Publiée le 8 avril 2025
« On veut le lait qui gagne 30 000 balles, pas celui qui fait de la vache qui rit. » À la suite d'un drame, Totone doit assumer de nouvelles et lourdes responsabilités. Il décide alors de choisir la facilité, ce qui est pour lui de faire du comté dans l'espoir de gagner l'argent d'un concours. "Vingt dieux", c'est un récit de passage à l'âge adulte forcé, une transformation d'un adolescent insouciant en une personne responsable à travers les échecs qui sont très nombreux. Louise Courvoisier ne raconte pas une success-story ou une histoire d'outsider qui déjoue les pronostics, ce qui est une bonne chose, car ça aurait dénaturé son récit. Sans faire quelque chose de trop dramatique, elle propose un film sur la vie, le deuil, les épreuves, les premières fois, la transmission, l'amitié et la solidarité. C'est plein de douceur et de candeur, ce qui rend le film aussi touchant que rafraîchissant. Les acteurs amateurs s'en sortent très bien, et même quand ça peut parfois sonner un peu faux, ce n'est pas négatif puisque ça rajoute de l'authenticité aux échanges et à ces relations. Bref, un bon premier film avec beaucoup de charme.
Totone, 18 ans, passe le plus clair de son temps à boire, fumer et à écumer les bals de la région. Mais la réalité le rattrape lorsqu’il doit s’occuper de sa petite soeur et surtout, trouver un moyen de gagner sa vie…
Pour son premier long-métrage, Louise Courvoisier nous plonge en plein coeur du Jura, entouré exclusivement de comédiens non-professionnels et issus de la région. La force du film réside dans sa forme, à la limite du documentaire où ses comédiens sont d’une rare justesse avec ce petit accent jurassien qui apporte une touche d’authenticité supplémentaire. On sent que la réalisatrice connaît sa région, elle filme la campagne jurassienne avec beaucoup de précision, sans jamais tomber dans le folklore de pacotille.
L’amateurisme qui se dégage des comédiens, cette justesse et cette véracité n’est pas sans rappeler ce que l’on avait pu ressentir en découvrant Les Pires (2022) de Lise Akoka & Romane Gueret. Vingt Dieux (2024) est un film tendre et poétique, qui a le culot d’avoir placé comme personnage central un fromage, il fallait oser !
Dès les premières minutes on remarque surtout que la cinéaste accumule tous les clichés du beauf en monde agricole, et si il en existe (des beaufs !) elle en fait malheureusement une grande majorité voir une affirmation un peu facile. Donc les gens de province et les agriculteurs sont sales, alcooliques, incultes et irresponsables... Malgré tout, le récit évolue et les personnages aussi donc, et le tournant arrive avec l'arrivée de la jeune Marie-Lise/Barthelemy qui apporte une vraie fraîcheur, un soupçon de sensualité et surtout une maturité et une gentillesse toute féminine tout en sachant s'imposer dans un monde très macho. Au fur et à mesure le jeune Totone/Faveau nous touche de plus en plus, l'amitié prend une place essentiel et avec la solidarité, et surtout on apprécie la place du travail mis en valeur. Le processus autour du fromage est intéressant rappelant s'il fallait que tout n'est pas si simple. On reste pourtant étonné qu'un jeune homme dont le père faisait du fromage en sache finalement si peu ?! En conclusion, un premier film qui sent bon la jeunesse et l'espoir, qui pêche par un trop plein de poncifs faciles mais qui sent bon aussi la sincérité et la bonne émotion sans sentimentalisme. Un beau et bon film à conseiller. Site : Selenie.fr
Jurassienne pur jus, Louise Courvoisier à tout naturellement consacré son premier long-métrage, Vingt Dieux, à sa région et, plus particulièrement à sa jeunesse, celle qui, pour combattre l'ennui, boit plus que de raison et cherche parfois là bagarre. Mais au-delà de ce contexte, une plongée dans le monde rural, d'une manière pas si différente de Chien de la casse, la réalisatrice impose très vite un regard personnel sur ses personnages, un peu frustes, avec une vraie tendresse et un souci d'authenticité, accentué par son casting de non-professionnels. N'allons pas jusqu'à parler de Pialat mais il y a dans Vingt Dieux un goût avéré pour le naturalisme, qui n'empêche pas de l'agrémenter d'une envie de romanesque, sans oublier un sens de l'humour très marqué et jamais gratuit. À l'international, le film s'intitule Holy Cow et c'est vrai que les vaches y tiennent un rôle primordial, de même que la fabrication du Comté. C'est ce mariage entre une veine réaliste, voire documentariste, jamais austère, et une fiction simple et attachante (le jeune héros et sa petite sœur adorable) qui fait en grande partie l'attrait de ce premier long-métrage dont on a le droit de tomber un peu amoureux. Et si la néo-réalisatrice a encore des histoires à nous raconter sur le Jura, qu'elle ne se gêne surtout pas, cet appel d'air frais et de nature est en tous points appréciable.
Raté en salle en 2024, je me rattrape enfin pour ce premier long métrage auréolé d'un succès public inattendu et récompensé par deux César.
Voilà un film social réaliste, bien dans son époque, à la fois drôle, grave, touchant et émouvant. Tout est fait avec simplicité : mise en scène fluide, scénario agréable, et surtout interprétation de qualité. Tous les jeunes acteurs sont amateurs et débutants, Maïwène Barthélémy, César de la révélation féminine, mais surtout Clément Faveau, remarquable dans le rôle titre et présent dans quasiment toutes les scènes, aurait largement plus mérité la récompense.
Au final, un très joli film, rafraîchissant et attachant, qui montre la France profonde comme on la voit rarement au cinéma, mais peut-être de plus en plus ces derniers temps (Chien de la casse, Le roman de Jim...).
Un film qui fait passer un excellent moment et confirme Louise Courvoisier, justement César du premier film, comme une réalisatrice à suivre. Une très belle surprise.
Inséparable de ses deux fidèles amis, Jean-Yves et Francis, Anthony, surnommé Totone, fait les quatre cents coups dans son Jura natal. Mais la dure réalité s’impose à lui quand son père meurt brutalement, lui laissant sa ferme, ses dettes et sa petite sœur de sept ans à peine. Pour se renflouer, Totone décide de participer au concours du Comté d’or. Seul problème : il ne connaît rien à la confection du fromage.
J’avais quelques préventions à l’égard de "Vingt Dieux" : je pensais en connaître par avance les enjeux (la sortie de l’adolescence d’un paysan jurassien obligé de faire face à ses responsabilités après la mort de son père) et les développements (à force de débrouillardise, sa victoire aux comices agricoles et le renflouement de son exploitation). Les prestigieuses récompenses qui l’auréolaient – prix de la jeunesse au dernier festival de Cannes, meilleur film au festival d’Angoulême, prix Jean-Vigo 2024 – n’avaient pas suffi à infléchir mes préjugés.
Sans doute "Vingt Dieux" contient-il quelques maladresses et quelques passages obligés. Une amie qui connaît mieux la ruralité que moi me pointait quelques incohérences : Marie-Lise ne vivrait pas seule dans une ferme sans un chien par exemple. Il serait bien indulgent d’affirmer que Vingt Dieux révolutionne à lui seul le coming of age movie. Il n’en comporte pas moins trois ou quatre éléments qui en font selon moi le meilleur film sinon du mois du moins de la semaine.
"Vingt Dieux" participe d’un mouvement cinématographique typiquement français qui utilise le monde rural et les agriculteurs comme un sujet de cinéma à part entière. On ne filmait plus guère la campagne dans les années 80 ou 90 – sinon avec "Le Grand Chemin". On la filme de plus en plus dans les années 2010, 2020. Le succès public et critique emporté par "Petit Paysan en est la preuve. Mais il n’est pas le seul : "La Famille Bélier", "Au nom de la terre" avec Guillaume Canet, "La Terre des hommes", etc. Il louche du côté du documentaire, nous enseignant par le menu (si j’ose dire) les différentes étapes de la fabrication et de l’affinage du Comté. Il évoque aussi le monde étonnant des courses de stock-cars.
"Vingt Dieux" raconte l’éveil à l’amour de Totone avec Marie-Lise. Ce personnage est étonnant. Il est interprété par une actrice amatrice, agricultrice de profession. Il nous renvoie une image de la féminité différente des canons dans lesquels elle est usuellement enfermée : sans coquetterie, avare de mots, vivant à la dure, Marie-Lise a peut-être des sentiments pour Totone mais les exprime avec une retenue qu’on n’a pas l’habitude de voir au cinéma.
Enfin, le scénario de "Vingt Dieux" nous révèle des surprises. Il ne nous raconte pas l’histoire qu’on avait imaginée et le dénouement qu’on avait pronostiqué. Il en raconte un autre, imprévisible et pour autant parfaitement crédible.
Premier long-métrage de Louise Courvoisier, "Vingt dieux" est une véritable révélation. Avec authenticité, le film suit Totone, un jeune de 18 ans, partagé entre les plaisirs de son âge et ses responsabilités familiales, notamment envers sa petite sœur. Son rêve de produire le meilleur comté de la région pour remporter un concours agricole apporte une dimension touchante à son quotidien. La réalisatrice réussit à mêler poésie et réalisme, offrant une narration fluide et jamais ennuyeuse. Les performances des acteurs, tous non professionnels, sont d'une justesse remarquable, apportant une spontanéité crédible. Une œuvre agricole à la fois brute et humaniste, qui séduit par sa sincérité et sa profondeur.
Encore un énième film qui fait du bien. Film social de la débrouille où le petit jeune se découvre une âme de producteur. Pour une fois ce n’est pas le côté sombre du monde paysan mais une vision plus positive qui donne sa chance aux débutants immatures. C’est évidemment très attendu et on aura même un gagnant au concours! Mais lequel?
Que vous aimiez ou pas les fromages à pâte pressée cuite, vous trouverez sans doute un grand intérêt et pas mal de plaisir à vous laisser « comté » une histoire se déroulant en plein milieu du Jura, une histoire interprétée avec un accent tout à fait authentique par des gens du (fromage) cru, une histoire qui nous parle avec beaucoup de vérité de la jeunesse rurale et, de façon quasiment documentaire, de la fabrication du comté, première AOC fromagère française en volume fabriqué. Cette histoire, c’est celle d’Anthony, que tout le monde appelle Totone, un jeune de 18 ans qui vit en toute insouciance, auprès d’un père veuf et de Claire, sa petite sœur de 7 ans, une vie de jeune de 18 ans, faite d’une présence assidue dans les bals de village, des endroits où on boit beaucoup de bière et où les castagnes sont fréquentes. Une insouciance qui va s’évaporer brutalement le jour où son père va se tuer en voiture en rentrant très sérieusement éméché d’une fête de village. Projeté brutalement dans le monde des adultes, sa propre existence et celle de Claire sont dorénavant entre ses mains. suite de la critique sur https://www.critique-film.fr/critique-express-vingt-dieux/
Une chronique sociale c est fréquent dans le cinéma français, que celle ci soit rurale l est beaucoup plus. Vingt dieux est une vraie comédie dramatique ou l on va suivre l itinéraire de Totone un jeune garçon qui aime prendre des cuites au bal et faire de la moto et qui suite à un événement tragique va se mettre en tête de fabriquer du Comté. Comme souvent dans les films avec des acteurs non professionnels l interprétation est inégale mais ce film vaut surtout pour l œil qui est posé sur ces personnages, ni glorificateur, ni misérabiliste; juste une œuvre sincère qui met en avant la beauté d un territoire (terroir) et de ceux qui le transmettent.
Je pensais que le cinéma français, avec sa production annuelle pléthorique, finirait un jour par avoir abordé tous les styles possibles... et puis arrive un film comme Vingt dieux, mélange improbable de Ken Loach (façon La part des anges) et de Raymond Depardon, tourné avec des acteurs non professionnels quelque part dans le Jura.
Un film solaire, tendre et dur à la fois, qui ne ressemble à aucun autre.
Il faut à la réalisatrice Louise Courvoisier un certain culot pour oser marier dans un premier film une âpre description sociale (outre Loach, j'ai également pensé au Wang Bing des Trois soeurs du Yunnan) à une romcom adolescente très crue, tout cela sur fond de fabrication artisanale ... du comté.
Si le film tient la route, c'est grâce à son écriture très précise, à la réalisation inventive et inspirée de la réalisatrice, mais aussi au charisme du couple des deux jeunes interprètes, Clément Faveau et Maïwène Barthelemy, irrésistibles en doux Roméo et Juliette du Doubs.
Entre les vaches, les foires et les bastons du samedi soir, Totone, un jeune de 18 ans du Jura, mène sa barque sans vraiment savoir où elle le conduit. Mais quand son père disparaît et qu'il doit s'occuper tout seul de sa petite soeur de 7 ans, une idée saugrenue germe dans son esprit : fabriquer le comté ultime pour décrocher le Graal des fromagers et empocher le pactole. Ce drame rural possède une sorte de fraîcheur juvénile, porté par un héros aussi attachant que tête brûlée. L’ambiance sent bon la campagne, les moteurs qui vrombissent et les amitiés brutes de décoffrage. Pourtant, il manque une pointe d’émotion pour sublimer cette œuvre pas vraiment inoubliable, mais qui a au moins le mérite d’éviter le misérabilisme. L’ensemble diffuse une douce acidité agréable, comme un vin vif et un peu jeune. Un film de terroir authentique et plutôt pas trop mal fichu. Site CINEMADOURG.free.fr
« Vingt dieux » : variante du vieilli (et paysan) « Vains dieux »... La scène est au pays du comté AOP. « Totone », variante puérile d' »Anthony » qui lui est restée, tout juste majeur, ne part pas dans la vie béni des dieux – assurément ! spoiler: Déjà sans mère, le voilà sans père, ce dernier tué sur la route alors que très alcoolisé, soutien de famille à 18 ans d'une cadette de 7 ans, et pauvre comme Job. Le premier « long » de la franco-suisse Louise Courvoisier réussit à mêler avec pudeur du très noir (le sort des jeunes orphelins est aussi pathétique que celui, par exemple, d'un récit de « petits Blancs » d'un bayou louisianais), du cocasse (apprentissages divers) et de l'espoir (amitié entre « potes », rêves et amour naissant maladroit). Une réalisation déjà maîtrisée qui sait éviter la surcharge, un film à découvrir...