Un très beau film, sorte de pépite brute, aux accents d’authenticité, et même temps très stylé et poétique , très soigné . Cela commence par un très long plan séquence caméra à l’épaule, suivant un cafetier portant sur le dos un container de bière et qui traverse une foire /kermesse agricole dans toute sa longueur pour recharger la bière pression. C’est superbe, et cela nous met direct dans l’atmosphère , On découvre alors Totone en train de faire l’imbécile , picolant sous le cagnard, bourré et qui finira à poil . Viendra ensuite une histoire originale qui nous sort des sentiers battus des films de bobos parisiens . On est dans le milieu agricole, en plein Jura, bien filmé, avec respect, l’élevage des vaches laitières qui sont des personnages importants dans le film ( i.e. la naissance d’un veau au centre d’une scène cruciale du film) , et surtout la fabrication du Comté, ( très belles scènes, dans la partie finale, du process de fabrication intégral du Comté). Totone , va vivre un parcours initiatique dur, semé d’embuches, de drames personnels ,il sera obligé de s’occuper de sa petite sœur , incroyable petite actrice, un peu étrange , un peu lunaire qui transmet beaucoup . Histoire d’amitié, histoire de la force de la fratrie, description sociale, style naturaliste , histoires vraies . Je trouve à Louise Courvoisier , un immense talent ,une filiation forte avec le cinéma de Abdelllatif Chechiche, par la véracité des personnages et la force de leur interprétation, et avec ce style qui oscille entre naturalisme et un certain expressionisme. Les jeunes acteurs sont tous très bons et il faut remarquer une bande son exceptionnelle , mélange de morceaux latinos et surtout d’une musique originale, composée par plusieurs membres de la famille de Louise Courvoisier : un peu tribale , percussion puis cordes , parfait accompagnement du film, que de talents dans cette famille. Un succès public entièrement mérité pour cette pépite qui nous régale.