"Operazione Paura" est un film d'horreur gothique que n'aurait pas renié la Hammer. Suite à l'étrange suicide d'une jeune femme dans un village reculé, un médecin débarque afin d'y voir plus clair. Il se frottera surtout à l'obscurantisme local, les autochtones étant obsédés par des malédictions et des croyances. Clairement, le scénario n'est pas ce qui intéresse Mario Bava ici. L'intrigue est en fait assez simple, et développe peu les thématiques abordées. Pire, le héros a finalement une utilité très faible, limite inexistante, dans le récit... Par contre, le réalisateur sait poser son ambiance. Décors sordides et brumeux, éclairages colorés, atmosphère nocturne, effets de fantôme : ça fonctionne bien. Et surtout, ça n'ennuie jamais sur les 1h25, le film se déroulant d'ailleurs en une seule nuit ! D'autant plus que Mario Brava se permet quelques propositions de mises en scènes amusantes. La caméra qui accompagne le mouvement d'une balançoire, ou qui tournoie dans une cage d'escalier. Ou cette étrange séquence où notre héros tente de sortir d'une série de pièces qui parait infinie. Un film d'horreur italien sympathique.
Ce qui est bien, avec les films de Mario Bava, c'est que si au bout d'un moment on se demande où le réalisateur (et/ou le scénariste !) veut en venir, au bout d'un autre moment on se rend compte qu'en fait, peu importe, on s'en contrefout, parce que, p. de m., le film reste accrocheur, on ne peut pas le quitter des yeux, il possède une ambiance incroyable et un suspense souvent redoutable. Par exemple, cet "Opération Peur" de 1966, souvent considéré comme un des meilleurs Bava. Franchement, c'est ce qu'il est. L'intrigue tourne autour d'une malédiction vieille d'une vingtaine d'années, dans un petit village allemand, autour d'une petite fille et de son fantôme qui pousserait ceux qui la verraient à se tuer. Et souvent d'une manière très graphique et salissante. Le film est piètrement interprété, réalisé parfois d'une manière hésitante, le montage est un peu chabraque, mais on ne parvient pas à quitter l'écran des yeux pendant les 80 minutes (car, en plus, c'est court) du métrage. Dans le genre "horreur gothique transalpine", c'est un must. 4 étoiles est peut-être un tantinet trop, 3.5 serait sans doute mieux, mais qu'importe, je suis plus généreux les samedis, et aujourd'hui, tiens, c'est samedi.
L'ami Mario réalise "Operazione paura" alors qu'il est au sommet de son art, juste après "Six femmes pour l'assassin" et le sublime "La Planète des vampires". Manque de bol, la maison de production fait faillite durant le tournage de "Opération peur" et fait très rare, les comédiens et les techniciens vont continuer à travailler gratuitement pour terminer le film. Le manque de moyens se fait sentir et c'est tant mieux car Mario n'est jamais aussi à l'aise que lorsqu'il est obligé de trouver des combines de mise en scène pour aller au bout d'une séquence. Il en résulte un film bancal certes, mais très spectaculaire : un village étrange, une petite fille (en fait un petit garçon affublé d'une moumoute) maléfique dont Kubrick se souviendra pour "The Shining", une sorcière plutôt sympa, des villageois pas accueillants (normal, sinon pas la peine de faire un film gothique), une Erika Blanc magnifique, des décors formidables et une photo évidemment au niveau. Comme d'hab, Bava se soucie peu de l'histoire, et se concentre sur la forme avec des trouvailles remarquables. A découvrir absolument dans un coffret blu ray accessible pour pas cher.
Je veux bien prendre en compte que le film ait plus de 50 ans mais ce n'est pas une excuse pour trouver ce film génial et flippant sous prétexte que Mario BAVA l'est réalisé. L'intrigue est famélique, c'est mal joué et j'aurai pu fabriquer moi même les décors que le résultat aurait été le même. Plongez vous plutôt vers la baie sanglante ou une hache pour la lune de miel.
Magnifiquement restauré et distribué par ESC Editions, Operazione Paura constitue certainement l’une des plus grandes réussites de Mario Bava qui consacre ici un savoir-faire en matière de mise en scène et d’épouvante. Sont ici développées l’ensemble des techniques de composition de plans et d’atmosphères qui définissent son style : importance de la photographie en tant que langage à part entière qui en dit davantage que les dialogues marqués par le conventionnel des personnages (forcément stéréotypés puisqu’ils appartiennent à un genre codifié), décors expressionnistes qui semblent situés à mi-chemin du réel et de l’irréel et qui contribuent à l’immersion du spectateur au sein de ce village désolé aux allures gothiques, lumières teintées de couleurs vives qui projettent la subjectivité d’un personnage ou d’un groupe de personnages sur l’environnement dans lequel ils doivent évoluer. Voilà un film lancé dans une recherche formelle permanente, forte de trouvailles somptueuses – ce plan en balançoire reste gravé dans notre mémoire – et qui pense le cinéma par le biais de sa photographie, Bava étant avant tout photographe et coloriste de génie.
On ne peut que constater avec admiration les porosités entre culture "noble" et "populaire" ; cette petite fille au ballon n'est pas s'en rappeler celle qui hante Toby Dammit dans le court-métrage du même nom signé Fellini... Le film a un peu vieilli ; niveau angoisse, je n'ai rien ressenti, mais l'intérêt du film ne repose pas là dessus... Sa lumière, son grain, Mario Bava était avant tout un grand faiseur d'images, et c'est un régal des sens
Vu ce matin du Mercredi 16 Novembre 2017, je l’ai quasi vu en accélérer. Pourquoi, simple :
spoiler: -Version originale sous-titrée. Il m'est simplement insupportable de visionné un film quelque soit sa durée dans une telle version car je passe plus mon temps à lire qu'à regardé le contenu.
-Trop de script pour le genre.
-Aucune scène d’action ou d’épouvante comportant des effets.
Malheureusement, mais c’est bête car les décors sont parfait, une parfaite ambiance gothique, des petits effets mécanique tel la brume en pleine nuit en extérieur, des aspects de lieux totalement abandonner. spoiler: Les costumes m’ont laisser sur ma faim pour de tel lieux. L’interprétation après bah comme en v.o. pour les américains ou britanniques, c’est à dire pas terrible dans certaines parties avec des réactions mauvaises et des situations banales malles jouées. Une film d’épouvante comme ça se faisait à l’époque, c’est à dire que l’épouvante pour l’époque n’était provoqué que par les scriptes soit disant choquant et ses quelques musiques horrifiantes en passant par les costumes et les décors très bien respecter ou presque. Mais pas pour ses scènes.
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3,0
Publiée le 15 septembre 2018
Pourquoi cette omerta ? Pourquoi les gens ne parlent pas ? Et pourquoi cette peur à la villa Graps ? Parfait classique du film fantastique qui offre aux inconditionnels du genre une captivante rèflexion sur les techniques de la frayeur au 7ème art, avec une interdiction aux moins de 16 ans! Du moins, le film ètait interdit au moins de 16 ans lors de sortie en 1966! Pour vraiment savourer son plaisir, il faut bien entendu, faire abstraction de cette interdiction « ridicule » . L'histoire peut être insensèe, elle dèfie les lois de la nature et montre, si besoin en ètait, combien ètait rare l'inspiration en ce temps là! Avec "Operazione Paura", Mario Bava prouve qu'il ètait un brillant plasticien en distillant remarquablement l'èpouvante (ville brumeuse, cimetière, èglise, malèdiction, ruines sinistres, rires enfantins...). Ce grand nom du cinèma « bis » italien signe ici un film d'atmosphère avec des dècors gothiques, du mystère et pas mal de frissons! On ne revient jamais à la villa Graps...
Les films d’épouvante italiens des années 60 étaient souvent des films à petits budgets. Opération peur en est un exemple flagrant. Malgré tout le talent visuel dont fait preuve Mario Bava (les magnifiques couleurs ; le travail expressionniste de la lumière ; le travelling circulaire transformant en spirale l’escalier, influencé sûrement par celui de Sueurs froides d’Alfred Hitchcock comme le prouve quelques secondes auparavant le travelling avant-arrière dessus…), le scénario est essentiellement constitué d’une enquête très bavarde qui n’échappe pas aux clichés du film d’épouvantespoiler: (le cocher qui dépose son passager au début du film par peur de s’aventurer très loin est directement issu du Dracula de Bram Stocker et des multiples adaptations qui en ont été tiré) et qui n’est pas toujours clairspoiler: (on ne saura jamais exactement qui a enlevé Monica puisque ce n’est pas la baronne et surtout car elle réapparaît auprès de cette dernière sans explication) . De plus, l’interprétation générale est assez faible, ce qui ne permet pas de compenser un manque de rythme de l’ensemble. Ainsi, malgré de beaux plans, Opération peur est une petite série B qui n’est hélas pas à classer dans les meilleures œuvres de Mario Bava.
Comme en marge du monde réel, Mario Bava nous plonge dans l'atmosphère sombre, angoissante et morbide d'un village imaginaire frappé par une malédiction liée à la mort d'une jeune enfant. S'emparant dès 1966 de la figure de la fillette plus qu'inquiétante, il nous livre un film d'angoisse à la mise en scène travaillée – certaines séquences sont bluffantes – à la lumière somptueuse et aux décors gothiques flamboyants. Délicieusement terrifiant.
On ne peut contester la beauté des décors et le jeu d'acteur, mais ce film plus proche d'une pièce de théâtre ne fait pas plus peur qu'un chaton, dommage ! Peut-être a-t-il trop mal vieilli...
Remarquable film d'épouvante où le travail sur les décors, l'éclairage crépusculaire et la mise en scène soignée sont des modèles du genre. En prime, une scène culte dans laquelle le personnage principal court après son double dans la villa de tous les sortilèges.
C’était avant le ‘’gore’’, lorsque des règles internes étaient attachées traditionnellement au genre ‘’horreur’’ aussi le comparer avec les films actuels totalement libérés de principes artistiques n’a aucun sens. Bava est avant tout un décorateur soucieux d’ambiance et d’esthétique, ses héroïnes ne doivent rien au hasard. Pour qui l’a vu filmer Barbara Steele, c’est inoubliable. Ce film est plutôt une belle réussite, il correspond parfaitement aux cauchemars que chacun peut faire de temps en temps sous l’influence de la fièvre, de l’alcool ou de divers médicaments. C’est même mieux car nous rêvons rarement en couleurs. Passons sur ses défauts liés aux dialogues et à la faible qualité des comédiens…Le physique ne faisant pas tout. Tout le reste est superbe, le rythme lent qui augmente au fur et a mesure que la nuit s’écoule, la bande son très travaillée et bien adaptée aux décors extravagants du château et la mise en scène théâtrale en permanence et innovante par moments (escalier et chambre).
Ce film est dans la lignée des autres films de Bava: demeures gothiques situées dans un pays germanique (mais où tout le monde parle italien), mystères en série, meurtres horribles inexpliqués, chats qui traversent les ruelles sombres en miaulant, fausses toiles d'araignées en coton à gogo, femmes dénudées (mais toujours vues de dos uniquement) et torturées, plaintes, lamentations, etc. Le jeu des acteurs est approximatif, il n'y a pas beaucoup de suspens, la musique est moyenne, ca ne fait pas vraiment peur, mais le film se regarde bien néanmoins. Certainement par pure nostalgie d'une certaine époque où le gore n'existait pas encore...