Vaiana 2, sans grande surprise, sort des studios de Vancouver, celui qui produit traditionnellement les suites rapides et fades des grands classiques de la maison mère (Frère des Ours 2, La Petite Sirène 3, etc...), et ne devait même pas sortir au cinéma initialement (et ça se sent). "Sans grande surprise" disait-on, puisqu'il coche toutes les cases de ces fameuses "suites bon marché". On reprend à peu près le même scénario que le premier film (Vaiana doit naviguer sur les mers agitées pour trouver Maui et affronter la divinité qui règne sur une île) avec de nouveaux personnages qui ne servent à rien si ce n'est de gags ponctuels (on ne les caractérise que par leur aspect comique, le reste on s'en fiche), des chansons aussitôt entendues aussitôt oubliées (Lin-Manuel Miranda, tu nous manques), pas de méchant (car oui, contrairement à ce qu'on a mentionné plus haut, le méchant est davantage une "
force invisible
", n'espérez pas un combat épique contre un personnage charismatique, non, c'est trop cher), et un rythme incroyablement mou (à part des gags ultra-puérils qui réveillent les enfants, le scénario est une ligne droite de navigation sur une mer moins monstrueuse que prévu :
un gros coquillage
, et voilà). Niveau visuel, on remarque que les textures sont moins travaillées que le premier, on devine un nombre de "couches" (layering en anglais : ce sont les juxtapositions d'effets et textures pour donner un aspect réaliste et détaillé à l'image) ne doivent pas atteindre la moitié de celles d'un petit bijou comme Dragons (14 couches par image, pour ceux qui veulent briller en soirée), donnant cette impression de personnages lisses, qui manquent d'ombres et de lumière, pas très intéressants artistiquement parlant. De toute façon, on n'a à voir de Vaiana que son regard perdu dans le lointain et le Ciel dès qu'elle chante (mais que regarde-t-elle, à la fin ?), pas de grande chorégraphie en vue, donc. Que retenir de cette suite qui aurait été notre VHS de supermarché d'autrefois, si ce n'est justement que sa place est dans un mus... euh, dans un fond de catalogue Disney , dans les abîmes marines de ces productions qui n'ont rien à raconter, sont faites à la va-vite en photocopiant grossièrement l’œuvre originale, et ne sont même pas accidentellement drôles (souvenirs des VHS Dingo Pictures...). Ce qu'on entend en écho, depuis ces abîmes, c'est le rire effrayant de ce Bob (Iger), plus proche de Mr Krabs que de L’Éponge, qui voit son film à moindre coût être le succès financier ciné de l'année... Ça promet pour la suite (enfin, "les suites").