Sorti le 6 août 2025 en France, *Évanouis* (titre original *Weapons*) marque le retour triomphal de Zach Cregger, le prodige derrière *Barbarian*. Dans cette petite ville de Pennsylvanie paisible en apparence, dix-sept enfants d'une même classe de primaire disparaissent mystérieusement en pleine nuit, à la même heure précise, ne laissant qu'un rescapé derrière eux. La panique s'empare de la communauté, et l'enquête policière, menée par des personnages incarnés par un casting de feu – Josh Brolin en shérif tourmenté, Julia Garner en enseignante au passé trouble, et Alden Ehrenreich en parent désespéré –, nous plonge dans un labyrinthe de suspicions et de secrets enfouis. Ce qui commence comme un thriller psychologique haletant vire progressivement vers un conte horrifique teinté d'humour noir, évoquant les fables sombres de Stephen King ou les frères Grimm revisités en mode slasher.
Ce qui frappe d'entrée, c'est la structure narrative ingénieuse : l'histoire est racontée sous le prisme de différents personnages, avec des chapitres non linéaires qui défilent à l'écran, chacun portant le nom du protagoniste concerné. Cette mosaïque de points de vue n'est pas gratuite ; elle enrichit le mystère, nous faisant douter de tout et de tous, du shérif aux parents en passant par l'enseignante. Cregger excelle à tisser ces fils avec une précision chirurgicale, transformant une enquête banale en un puzzle addictif où chaque perspective révèle une facette plus sombre de la réalité. C'est là que le film brille : on n'est jamais largué, mais constamment surpris par ces basculements qui redessinent les enjeux.
Et le suspense ? Il se tient de bout en bout, comme une lame affûtée pressée contre la gorge. Dès les premières minutes, la tension monte crescendo, portée par une mise en scène tendue et une bande-son minimaliste qui fait grincer les nerfs. Les séquences d'interrogatoires ou de fouilles nocturnes sont des chefs-d'œuvre de malaise, où le silence pèse plus lourd que les cris. L'atmosphère devient particulièrement pesante durant certaines séquences – celles où la nuit engloutit la ville, ou où les regards accusateurs se croisent dans l'ombre –, créant un sentiment d'oppression suffocant qui colle à la peau bien après la projection. Cregger sait doser ses jumpscares avec une économie diabolique, préférant le frisson insidieux à l'explosion gratuite.
Mais le vrai coup de maître arrive quasi à la fin : le trouble, cette révélation finale qui fait basculer tout le film dans un abîme horrifique mêlé d'absurde. Sans spoiler, disons que c'est un twist qui rétroagit sur l'ensemble, transformant le drame en une farce macabre jubilatoire. C'est brillant, inattendu, et ça justifie à elle seule le billet. Le casting, impeccable, porte cette folie avec une intensité rare – Brolin en mode brute, Garner en volcan sous la glace –, et la durée de 2h08 file comme un cauchemar trop court.
Bref, *Évanouis* n'est pas seulement le film d'horreur de l'été 2025 ; c'est une claque magistrale qui redéfinit le genre avec intelligence et audace. Acclamé par la critique (94% sur Rotten Tomatoes) et un succès au box-office de 251 millions de dollars, il mérite amplement sa réputation. Note : **5/5**. Allez-y, mais ne dormez pas tout de suite après.