Peu après que leur bus les emmenant à un prestigieux gala soit tombé en panne en plein milieu d'une forêt hongroise, de jeunes ballerines américaines se retrouvent piégées dans un hôtel rempli de gangsters, dont la propriétaire des lieux elle-même ex-danseuse (quel hasard !).
Des ballerines dans un nid de frelons de gangsters des pays de l'Est... et voilà, "Pretty Lethal" est sans doute né de cette idée miraculeuse issue de l'esprit -peut-être embrumé après un repas trop arrosé- de sa scénariste qui a dû ensuite broder autour pour lui faire atteindre péniblement la durée d'un long-métrage.
Car, franchement, entre son exposition expédiée en à peine quelques minutes, ses héroïnes que l'on peut résumer à chaque fois par deux mots (l'héroïne rebelle, la sourde rêveuse, la riche insupportable, la soeur naïve, la fondue de religion en plein trip... aaah, plus de mots, normal, c'était potentiellement la plus marrante), sa mécanique préfabriquée et pensée façon film d'action-badass-à la John Wick- *rajoutez ce que vous voulez en mettant bourre-pifs*, ou encore la sous-intrigue épuisante autour du personnage incarnée par Uma Thurman qui dévore toute la dernière demi-heure parce que c'est justement Uma Thurman avec un accent de l'Est à couper au cutter et le nom de vilaine le plus cool de la Hongrie (Devora), le film paraît toujours être en complet pilote automatique lorsqu'il ne se concentre tout simplement pas sur ses ballerines en train d'inventer des chorégraphies violentes pour assurer leur survie.
Et, sur ce point, on peut dire qu'il nous récompense au moins le temps de ses deux gros moments forts... Enfin, surtout le premier, lorsque son groupe de danseuses découvre justement que leurs capacités peuvent faire allègrement saigner du gangster par l'intermédiaire des deux sbires de l'élément le plus perturbateur de l'hôtel (mention spéciale à la jeune en plein trip que l'on évoquait, avec l'idée des décors incongrus comme hallucinations mais cela en reste hélas à l'état de balbutiements), le film ne fera à vrai dire jamais mieux que cette excellente séquence (la phase du "ballet" avec sa longue et inexplicable absence d'armes à feu de la part du camp opposé en devient un peu lunaire).
Et, en cela, c'est un peu dommage de voir "Pretty Lethal" en rester à l'état d'esquisse d'une amusante idée écrite sur un coin de nappe car, outre cette phase d'évasion qui en restera la plus réussie de l'ensemble, la dynamique de bande d'héroïnes/actrices (avec certains noms en devenir) se révèle plutôt sympathique sur la durée, malgré la vampirisation du film par la pas si méchante Devora (miroir brisée de ces filles, blabla), et aurait mérité d'être mise plus en valeur par une écriture ne la réduisant pas à un poulailler de stéréotypes.
Chacune trouvera sûrement une meilleure salle où se produire que cette "Pirouette Fatale" en VF (sic), à ne pas en douter.