C'est avec un film comme Il piu' bel secolo della mia vita que l'on s'aperçoit à quel point la comédie italienne, celle qui mélangeait naguère, et avec quel brio et élégance la dérision, l'amertume et l'émotion, est désormais bien loin de son haut niveau d'antan. Le sujet du film d'Alessandro Bardani, portait pourtant en lui de belles promesses, avec un choc de générations entre deux orphelins, l'un âgé d'une trentaine d'années et l'autre ... centenaire ! Deux conceptions du monde et du désir de connaître ses propres origines. Le film est correctement réalisé et interprété, même si Sergio Castellito, avec un lourd maquillage, est difficilement crédible en vieillard séculaire. Au-delà des péripéties d'un road-movie, le long-métrage déçoit surtout par la fadeur de ses dialogues et le manque d'inventivité d'un scénario terriblement prévisible. Il aurait fallu la flamme, la flamboyance et l'insolence de Parfum de femme, qui se situe à des années lumière de ce film trop propre sur lui, qui se permet très peu d'audaces narratives et se complaît dans un ton doux-amer sans grandes aspérités. Le temps des Risi, Scola ou Monicelli est bien loin tout, comme celui des histoires délicieuses et provocatrices signées du tandem Age-Scarpelli. Ou comment un film des années 60 et 70 peut paraître aujourd'hui bien plus moderne et novateur que ceux du XXIe siècle.