Pas un mois ne passe sans son biopic d’une star de la chanson. Et même si la plupart du temps, l’interprète principal(e) est très convaincant, tous ces films ont fâcheusement tendance à se ressembler, provoquant une certaine lassitude. Mais ici, je n’ai pas ressenti cette impression de revoir toujours le même film. A quoi est-ce dû ? Peut-être tout d’abord, sans être chauvin, au fait que c’est une production française, qui cherche un peu moins à en mettre plein la vue qu’un blockbuster américain…Peut-être aussi à la personnalité d’Aznavour, qui diffère vraiment d’un Elton John, d’un Robbie Williams ou d’une Amy Winehouse : certes, il va à sa façon devenir lui aussi une star, mais le film retrace avant tout sa laborieuse ascension, à commencer par son arrivée en France et ses premiers cachets dans des salles de quartier, qui lui permettent tout juste de vivoter. Critiqué de toutes parts pour sa voix et son physique, il reste convaincu d’avoir du talent et va le prouver à la force du poignet, sacrifiant tout pour sa carrière y compris sa vie de famille. Le personnage est ainsi montré dans ses diverses facettes, incarné à la perfection par un Tahar Rahim qui confirme son statut d’acteur majeur de sa génération. Les autres personnages sont aussi très crédibles, avec une mention particulière à Marie-Julie Baup qui, en Piaf, ferait presque oublier Marion Cotillard. Quant à la réalisation, même si elle reste plus sobre que les biopics précédemment cités, elle est excellente également, proposant des décors variés et des plans originaux, avec quelques bonnes trouvailles visuelles. Le film fait l’impasse sur la riche filmographie d’Aznavour pour ne se consacrer « qu’à » sa carrière de chanteur qui est déjà très impressionnante : plus de 1200 chansons écrites, chantées dans pas moins de 9 langues différentes, des tournées dans le monde entier et une célébrité internationale durable…Cela méritait bien un biopic !