Réalisé par Mehdi Idir (réalisateur et scénariste français) et Grand Corps Malade (alias Fabien Marsaud, slameur-poète, rappeur, auteur-interprète et réalisateur français), "Monsieur Aznavour" brosse un portrait du célèbre artiste Charles Aznavour et raconte son ascension à partir des années 50.
Interprétant lui-même quelques chansons après avoir pris des cours de chant, de piano, de gestuelle, travaillant sans relâche, supportant des heures de prothèses, de maquillage et huit heures de chant par semaine pendant huit mois, l'acteur Tahar Rahim a fait plus que jouer un rôle: à l'égal de Charles Aznavour, il possède la même sensibilité, la même motivation et la même passion pour son travail; il s'agit ici d'un réel investissement, d'une véritable implication.
Portée par un casting tout en justesse, magnifiée par une photographie qui maîtrise les ombres et les lumières, rythmée par un montage "brillant" et similaire aux pulsations cardiaques du chanteur, cette réalisation se veut convaincante et met en avant tous les sentiments intériorisés de l'artiste, avançant tel un funambule sur un câble tendu entre la pudeur d'un côté et, de l' autre, le masque derrière lequel il se cache pour entrer en relation avec les personnes qui l'entourent.
Mais Charles Aznavour a su se dévoiler dans ses textes, les incarnant avec un réel savoir-faire, un brio inimité.
Ce film est un hommage vibrant, qui a su m'emmener au bout de ma passion de cinéphile, me faisant vivre un moment for me, for me, for me, formidable.