“Les gens s'attendent à ce que nous échouions. Notre mission est de dépasser leur attente” - George W Bush Jr.
On aurait pu graver cette citation sur un monument dédié au très spirituel ex-président des USA (pourquoi pas à l'effigie d'un âne, d'un obus ou d'un bretzel ?). Au lieu de ça, il faut chercher les braves esprits s'étant mis en tête d'en faire leur leitmotiv. En 2020, j'ai eu les premiers signes avec l'escapade Nightmare Island. Un peu plus tard, je prenais le risque d'un Action ou Vérité sorti deux ans plus tôt. La révélation : on en tient un. Le producteur Jason Blum ne s'y est pas trompé, Jeff Wadlow est spécial. Le réalisateur idéal pour livrer une bande-annonce tapineuse et ensuite jouer les prudes pendant 1h30...en oubliant pas de vous rappeler l'addition à la sortie. Un gars précieux pour le business plan Blumhouse, qui ne prend pas cher et rapporte un joli magot au studio. Son petit break Netflix Le mauvais esprit d'Halloween passé, Jeff revient au bercail. Et si ce n'est pas aussi réussi que leurs précédentes collaborations, c'est indéniablement dans le même esprit. Mauvais donc.
Le concept : faire d'un nounours en peluche, l'ami imaginaire par excellence, une machine à tuer.
Inutile d'en dire plus. Non, vraiment. On n'appendra pas la mécanique à Blumhouse, et on ne la fait pas à Jeff Wadlow, également crédité au scénario (comme sur Nightmare Island et Action ou Vérité, miam). Le metteur en scène va gentiment replacer chaque poncif du cinéma horrifique : présence obscure au second plan à satiété, l'apparition/disparition en quelques secondes, innombrables travellings avec musique oppressante sur le petit ourson adoré, jump-scares en veux-tu-en-voilà. Le tout en évitant autant que possible l'hémoglobine, l'originalité et la cohérence. Évidemment, l'intrigue nous servira le stéréotype de la spécialiste expliquant ce qui arrive (et que le spectateur devance de 20 bonnes minutes) et dont le sort est réglé dans une acrobatie narrative pour le moins nébuleuse. Dommage que le jeune voisin ado n'occupe pas plus d'espace, il laissait augurer un bon potentiel dans la catégorie du second-rôle un peu crétin. Et Il serait indécent de vous dépeindre la grande variété des décors, notamment dans la partie imaginaire. À part ça, Jeff Wadlow est étrangement sage, parfois même appliqué au point d'ennuyer sévèrement. Il faut bien une heure pour que les choses dégénèrent. D'ordinaire, ça dérape au bout de 20 minutes avec lui. On a le côté fauché, on a quelques idées bien de chez lui mais Imaginary est somme toute trop classique pour du Wadlow. Qu'on se rassure, le niveau général est dans la droite lignée de ses précédents longs-métrages, et il y a encore de quoi se marrer (le design du monstre final, les possédés aux yeux de nounours). Sur bien des aspects, le film n'est pas une déception pour les fans de Wadlow (j'en suis). Mais il faut avouer que le cinéaste s'est un peu trop adouci en comparaison de ses légendaires nanars Blumhouse.