Le titre "Fainéant-es" donne d'entrée de jeu la température de l'air du temps, en 2024, à une époque où le nationalisme, le travail et la famille sont redevenues les valeurs phares qui permettent de discriminer, dans la société, le bon grain de l'ivraie.
Fainéant-es donc, c'est le partage d'un moment de vie sur la route, sans scénario par "essence" parce que les personnages n'ont pas dressé de liste proprette de "must do" ou de "must have" dans des existences au sein d'une communauté marginale, libre, connectée, où les rencontres, les imprévus et les galères donnent le ton de la vie, où on vit juste pour vivre, ressentir, rencontrer, échanger, pour l'expérience et jusqu'à la lie, entièrement, car c'est une fin en soi.
Fainéant-es, c'est le dernier ilôt qu'on aperçoit dans la brume ambiante, un peu une zone d'autonomie temporaire à la Hakim Bey ou une sorte d'Avalon avant que le passage ne se referme pour toujours, le rassemblement des derniers représentants d'une résistance humaniste, antispéciste, altermondialiste et non genrée avant l'heure et dont le souvenir ne sera bientôt plus porté par personne.