Sandra, quinquagénaire farouchement indépendante, partage soudainement et malgré elle l’intimité de son voisin de palier, veuf, et de ses deux enfants. Contre toute attente, elle s’attache peu à peu à cette famille d’adoption.
Un film émouvant, sans pathos excessif, une tranche de vie de deux ans, marquée par les différents âges d’un bébé.
Une belle déclinaison de plusieurs formes d’attachement, ce sentiment de profonde affection, de sympathie ou de vif intérêt qui lie des personnes entre elles (ou pas). C’est peut-être de l’amitié, de l’amour, de la tendresse avec quelque chose en plus ou en moins ; ce n’est pas toujours réciproque ; ça se construit, se consolide, se transforme, se détruit aussi… Bref, c’est compliqué.
Un film féminin autour d’un personnage masculin : La première femme disparaît, la seconde est une voisine, la troisième est une nouvelle partenaire…
J’ai bien aimé la métaphore du fagot, autour d’Alex, attaché à un enfant qui n’est pas le sien et à un bébé dont la naissance a couté la vie à sa femme, qui va s’attacher à sa voisine dont le seul mérite est d’être là.
J’ai craqué sur le petit Elliot, orphelin, ballotté entre un père biologique et un beau-père dépassé, qui trouve un point d’attachement en la personne de Sandra.
J’ai apprécié la justesse des situations décrites, en lien avec la vraie vie, les incursions dans des parcours et des choix de vie particuliers ; à ce titre, les familles de Sandra et d’Emilia, aux antipodes l’une de l’autre, sont très intéressantes.
Le personnage plus discret de la mère de Fanny apporte encore une autre touche. Comment s’attacher au bébé qui lui a pris sa fille ?
Les deux pères deviennent amis, construisent encore autre chose autour d’Elliot.
L’avenir dira ce que deviendront ces attachements… Le film n’a pas vraiment de dénouement : la vie continue.
Un film à voir.
Je mets le livre dont il est inspiré dans mes intentions de lecture : L’Intimité d’Alice Ferney, Actes Sud, 2020