Une femme dans la cinquantaine, célibataire sans enfant, gérante d’une librairie féministe à Rennes (Valeria Bruni-Tedeschi) va voir sa vie mêlée à celle de son voisin de palier (Pio Marmaï) et de son fils, après un drame. Le film traite avec subtilité, profondeur, humanité des sujets complexes liés aux relations enfants-parents, naturels et adoptifs, aux solidarités et rivalités familiales et amicales, au deuil, aux difficultés de positionnement qu’éprouve tout individu dans des situations de tensions. On voit que le programme est vaste mais il est traité avec une fluidité, une finesse qui impressionnent. Valeria Bruni-Tedeschi, lumineuse, irradie le film. Elle fait de cette femme a priori ultra indépendante, un modèle d’empathie, d’humanité, de générosité déjouant ainsi les stéréotypes. Raphaël Quénard, aussi, qui fait d’un père naturel lourdaud, un être finalement à l’écoute, lui aussi empathique et attachant. Ils sont tous deux remarquables. On se souviendra longtemps de la scène très émouvante où Sandra (Tedeschi) explique à David (Quénard) ce qu’est le jugement du roi Salomon. La scène finale, très belle, est dans le veine des grands films de Claude Sautet. Une mise en scène sobre, des acteurs surprenants, une belle réussite.
C'est un film profondément émouvant qui saisit le spectateur dès les premières minutes. L’émotion est immédiate et ne faiblit que rarement, nous entraînant dans une histoire touchante et sincère. L’un des grands points forts du film réside dans le développement de ses personnages, notamment la relation entre l’enfant et sa voisine, qui dégage une authenticité rare. On y croit vraiment, et c’est ce qui rend cette histoire si marquante. Bien que quelques passages semble un peu flou ( on ne sait pas trop où le film veut nous mener ), l’ensemble reste captivant et parfaitement maîtrisé. Le film raconte une très belle histoire avec justesse et sensibilité, et il mérite assurément d’être vu.
Excellent film à voir absolument, le jeu des acteurs est parfait, et ne tombe jamais dans la sensiblerie, tout en nous touchant émotionnellement et en nous faisant parfois arriver au bord des larmes. Seul bémol, je trouve insupportable de voir des acteurs fumer sans arrêt à l'écran, alors que fumer est désormais interdit dans les lieux publics, cela va vraiment à contresens. Autrement voilà, très beau film, très attachant justement.
spoiler: C'est l'histoire d'une revanche pour les célibataires à chats quinca accros aux Malboro.
- Cette critique contient des spoilers -
Un film sur les liens entre les gens, l'amour, l'amitié, l'attachement.
La réalisatrice témoigne d'une grande maitrise dans le déroulé du scénario, et notamment dans sa capacité à faire apparaitre et vivre ses personnages. Tel la belle mère d'Alex qui semble souffir d'Alzeihmer ("Cécile", touille dans le vide à l'enterrement) avant que ses apparitions ultérieures nous montrent que le choc était ponctuel et lié au décès de sa fille (on lui confie ensuite Lucille seule, le toast...). Notons aussi la rareté d'une héroïne célibataire de 60 ans et les multiples scènes dans lesquels les femmes dominent (le repas en famille de Sandra auquel participe Alex).
L'Attachement m'a paru d'une grande complexité et d'une grande délicatesse, creusant le sentiment dans ce qu'il est trop peu représenté : l'ignorance de lui-même. Ici pas de déclaration amoureuse flamboyante, de francs moments de camaraderie ou de sacrifice maternelle pour son enfant. Tardieu creuse ici le sentiment flou : amour, amitié, attachement.
Les liens se font et se relachent. C'est très émouvant et ne nécessitait pas une BO parfois superflue venu appuyer là où on ne le voudrait pas.
On est au creux des personnages et de l'intime et la réalisatrice abuse de plans serrés.
Le scénario recours perpetuellement à des clichés pour avancer ce qui est irritant : le classeur sur le crâne, les sushis, l'énervement au bureau de l'administration, les courses qui tombent dans l'escalier. Cela m'a gavé, j'aurai probablement aimé plus de temps et moins d'événements.
Le cadre bourgeois m'a gentiment gonflé : les appartements "parisiens", le papa fan de jazz, la maison de famille à Cancale, son job dans une banque aux projets d'investissements équitable, le hug à sa boss lors de son retour, son job de pédiatre à elle qui sauvegarde la vie, les gamins insupportables de mignonerie, la gamine HPI qui marche et parle à 11 mois...
Il n'empêche que le film excelle dans ses dialogues ("période de deuil vs ta mission c'est d'être heureux") et dans des scènes riches aux interprétations multiples. Le premier baisé forcé par exemple, il intervient après un (le seul ?) accès de masculinité toxique du héro (t'es qui pour me dire ce que je peut dire). On peut lire ce baiser comme un acte de domination, une agression sexuelle passible de 3 ans de prison mais aussi comme un noyé qui se débat de couler ou même un accès de faiblesse d'un homme jeune, beau et riche manipulé par une vieille célibataire pauvre.
Je me suis senti assez proche du héro principal : il fait de son mieux, à bouffer pour ses gamins, gère son beau frère pas malin, n'arrive pas à la lever le premier soir, pense aux compotes de ses gosses. Il subit pas mal, accepte pour faire plaisir et ne fait pas beaucoup de choix, jusqu'au dernier, une fois encore à l'initiative de sa partenaire. Ce final ("je t'ai aimé") consacrant la légèreté des sentiments m'a irrité tant elle me parait représentative d'une époque où l'on ne se bat pas pour affronter les difficultés à deux, préférant célébrer la joie d'une liberté retrouvée.
J'ai passé un plutôt bon moment devant l'Attachement, mais plusieurs détails m'ont un peu fait sortir de la fiction pendant la seconde moitié du film.
Déjà, les acteurs jouent vraiment bien, mention spéciale pour les personnages de Sandra et Eliott qui ont une véritable alchimie à l'écran. Les scènes entre eux sont toujours justes et émouvantes.
L'histoire de cette femme qui se prend d'affection pour la famille voisine qui habite en face de chez elle est plutôt originale et m'a touchée. Dès les premiers instants du film, on plonge dans leur intimité et j'ai tout de suite été intriguée par ce qui allait se passer.
Pourtant, on arrive vite à une suite de "scènes de vie" qui se succèdent, mois après mois, sans fil rouge évident. Les relations stagnent un peu et on finit par suivre davantage le personnage de Alex et de ses relations sentimentales et ce revirement m'a un peu ennuyée. Son personnage (complexe, je l'admets) est assez irritant et j'ai beaucoup moins appecié le suivre que Sandra.
Les 20 dernières minutes s'étirent en longueur : à chaque nouvelle séquence, je pensais que ce serait la dernière, mais une autre venait s'ajouter encore et encore. Je comprends que la réalisatrice souhaitait cette fin mais le chemin est bien long pour l'atteindre !
Un bon film avec de bons acteurs, qui traite d'un sujet assez touchant, mais qui s'égare dans des intrigues sentimentales complexes qui ne m'ont pas trop emballées.
Un film sur les relations entre différents personnages à la suite d'un drame. Film inégal des dialogues qui sonnent quelques fois faux mais des acteurs qui jouent justes notamment Valeria Bruni-Tedeschi, Vimela Pons et Raphaël Quenard dans un second rôle
Film touchant sur l'attachement des enfants aux adultes. L'enfant au coeur d'une sensibilité humaine qui ne se commande pas : c'est une question de ressenti, de regards, d'attention, de gestes de générosité. Ce long métrage le met parfaitement en scène. D'ailleurs, le spectateur s'attache facilement aux personnages, s'identifie aussi à cette histoire terriblement humaine. A voir également pour se faire une piqure de rappel sur la fragilité de la vie.
Cela pourrait être une comédie douce-amère sur les valeurs de notre époque mais ce n'est au final qu'un long roman-photo sans beaucoup de relief et cela dure quand même bien longtemps.
Bienvenue dans un grand film français, dans lequel le jeu des comédiens n'a d'égal que le travail d'orfèvre de la réalisatrice pour capter des regards, et des moments de vie d'une finesse lacrymale.
L’attachement est un film très attachant ! Les acteurs jouent tout en finesse et les enfants sont parfaits ! Valera Bruni Tedeschi est touchante de vérité, de retenue face à cette famille désemparée qui reste soudée à ses valeurs de partage. La réalisatrice a mis son cœur dans son film ; la vie est bien présente dans un écrin de tristesse. Je trouve le tableau vraiment bouleversant et harmonieux. Merci à tous pour ce moment de cinéma !