A voir absolument. A priori, un feel good movie français..... méfiance. Eh bien non! Et si, à la fin, vous n'avez pas une petite larmichette au coin de l'oeil, c'est que vous êtes une brute insensible...
Thibaut (Benjamin Lavernhe, excellent) est un chef d'orchestre international. Chef titulaire de l'orchestre de Cleveland, il dirige un peu partout de par le monde. Et puis, un jour, c'est la leucémie foudroyante, c'est à dire la mort à très brève échéance avec une seule possibilité: la greffe de moelle. Bien sûr il se tourne vers sa famille, sa mère (Ludmila Mikaël) et sa soeur, et là, coup de tonnerre: il a été adopté.
Il retrouve sa famille biologique, il a bien un frère. Jimmy est cuisinier dans une cantine scolaire. Il vit chez sa mère (adoptive) dans une petite ville déshéritée du nord de la France -l'usine qui faisait vivre la commune vient de fermer, même si les syndicats qui bloquent l'entrée croient encore à une issue heureuse. Il sort d'un divorce compliqué, il est mal dans sa peau. Pierre Lottin, il faut le dire, est excellentissime.
Ces deux là, c'est donc le jour et la nuit. Celui à qui tout, jusque là, a réussi, et le loser. Comment le loser ne se sentirait il pas encore plus perdant, en rencontrant l'adopté qui a tiré le bon numéro.... Pourtant, il y a quelque chose qui les réunit: la musique. Jimmy est trombone dans l'Harmonie locale.... et fou de jazz.
Comment ces deux là vont se trouver, avec des bas et des hauts, c'est tout le scénario du film, au gré de moultes péripéties (et dieu sait qu'il y en a!!!) où apparaitra aussi Sabrina (Sarah Suco), une trompettiste de l'harmonie, une fille intelligente et positive.
La musique est un acteur essentiel du film. Cette musique qui réunit, cette musique qui rend la vie des hommes moins amère. Il n'y a pas de musique noble, ou mineure. Quand l'harmonie s'attaque à l'ouverture d'Aïda, ou au Boléro de Ravel, sa recherche de perfection est aussi noble que celle d'un orchestre symphonique.
Benjamin Lavernhe sait jouer du piano. Il lui a suffi de travailler les morceaux, en amont du tournage, pour faire illusion. Pour la direction d’orchestre, il a été coaché pendant plusieurs mois puis sur le tournage par Antoine Dutaillis, un jeune chef très brillant. Bref, il est parfaitement crédible. Pierre Lottin lui aussi joue du piano à un très bon niveau (on le constate dans une séquence) Il a suivi des cours de trombone et joue réellement pendant le film, et Sarah Suco, elle aussi, a travaillé la trompette.
A l'image, les acteurs professionnels se mélangent avec les musiciens de l'Union musicale de Walincourt. Tout cela donne une extraordinaire impression de vérité. On n'est plus dans un film; on y croit...
Solidarité, fraternité, il n'y a que de beaux sentiments dans cette histoire. Courez la voir, elle vous fera du bien. Et faites de la musique!!!