Méli, mélo
Le nom de John Crowley ne m’était pas inconnu avant d’aller voir cette romance dramatique, puisqu’en 2016, il avait réalisé Brooklyn avec l’impeccable Saoirse Ronan. Après ces 108 minutes de comédie dramatique romantique, l’impression générale est d’un bon gros mélo présenté façon puzzle, jusqu’à perdre totalement le spectateur. Almut et Tobias voient leur vie à jamais bouleversée lorsqu'une rencontre accidentelle les réunit. Une romance profondément émouvante sur les instants qui nous changent, et ceux qui nous construisent. « Préparez vos mouchoirs » aurait écrit le regretté Bertrand Blier. J’emprunte ce titre pour résumer ce pensum larmoyant et convenu. Grosse déception à laquelle, hélas, je m’attendais un peu.
Un bon point, l’intrigue se déroule, non pas dans la Grande-Bretagne touristique, mais dans un pays sans glamour particulier, un Londres plutôt méconnu. L’image et belle et soignée… non, là où le bât blesse, c’est ce type de scénario larmoyant, pathos, tire-larmes, tout ce que vous voudrez, le tout noyé sous une musique permanente qui souligne sans vergogne les moments de détente, les moments douloureux, les moments dramatiques… bref, si vous ne savez pas à quel moment sortir votre Kleenex, la musique est là pour vous le dire… Insupportable ! D’autre part, je sais que la mode dans le cinéma est au récit non chronologique. Mais, ici, c’est un festival de flash backs, sans compter les retours en arrière dans les flash backs… On se perd complètement dans les méandres de cette Love Story 2.0. Totalement oubliable !
Côté casting, le couple vedette est plutôt déséquilibré. Florence Pugh est décidément cent fois plus convaincante qu’Andrew Garfield, qui, tout compte fait, passe son temps à pleurnicher avec des airs de chien battu. Insupportable ! Citons à leurs côtés Adam James et Aoife Hinds. Bref, on s’ennuie ferme et la l’agaçante narration fragmentée ne parvient pas à cacher la banalité du scénario… A peine valable pour un plateau repas sous la couette devant TF1.