La fin d’Oak Street
Note moyenne
2,8
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457 critiques spectateurs

5
39 critiques
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ENVIE DE POISSON
ENVIE DE POISSON

16 abonnés 46 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 19 août 2026
C'est assez grossier dans la mise en scène
Avec une écriture peu fine
Peu de psychologie développée
L'image est en général assez bof
Voire moche
Les nuits bleutées façon années 80
C'est vraiment laid
OK
On est clairement dans un film de série B voire Z
Alors
Tous ces défauts évoqués ne sont pas vraiment gênant
Et
Finalement
C'est plutôt sympa
Rigolo
Il y a quelques idées "étonnantes"
Quelques pistes amorcées qui auraient pu donner de l'ampleur au film
Mais non
On reste dans une ambiance de petit film fauché avec un scénario fleurtant avec le pur nanard
Et
Plus le film avance
Notamment vers la fin
Plus on dirait qu'il y a plusieurs films en parallèle
Avec des intentions contraires
Parfois assez adultes
Parfois carrément enfantines
Et une fin indécise dans l'intention
Bien bidon même cette fin
On a l'impression qu'il s'est passé quelque chose dans la production du film
Peut-être des volontés contraires entre le réalisateur et les producteurs
Et ça se sent
ça empêche au film de s'exprimer pleinement dans sa "folie"
Malgré des jolis monstres parfois
Et une situation rigolote et surréaliste
Donc
Je me répète
C'est franchement sympa
Et en disant ça
Je ne peux pas m'empêcher d'ajouter assez vite
Quel dommage que ça ne soit que sympa
Le monstre blanc + la séquence du père + l'idée générale
ça aurait pu donner quelque chose de vraiment bizarre et perturbant
Là ça hésite trop
On a même parfois l'impression que c'est une comédie
BabsyDriver
BabsyDriver

101 abonnés 1 012 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 18 août 2026
Triste retour de David Robert Mitchell aux commandes de ce blockbuster sous cloche : très divertissant sur le moment, mais dont on ne retire rien une fois sorti de la salle. La faute à une incertitude tonale t le film ménage difficilement le spectacle à l'étude de ses personnages, et se prend un peu trop au sérieux avec un concept qui aurait pourtant permis un peu plus de décalage.
Hervé P.
Hervé P.

8 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 18 août 2026
Voir ce film en 4dx (2d) a été une perte de temps et d'argent ! Les sièges ne bougent que rarement, les autres effets sont quasi absents. Concernant le film en lui-même, c’est un croisement entre Jurassic Parc et Wisteria Lane dans les années 80. Le scénario est complètement tiré par les cheveux.
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 910 abonnés 8 278 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 18 août 2026
Un mystérieux événement cosmique vient troubler la quiétude d’une paisible banlieue, ramenant Oak Street au temps des dinosaures…

L’idée de transposer une banlieue américaine à l'ère jurassique était intéressante, du moins, sur le papier, car en réalité, il n’y a rien qui va. En effet, La Fin d'Oak Street (2026) s’apparente bien plus à un mauvais épisode de LOST ou un film familiale qu’à un survival destiné aux adultes spoiler: (la première partie est assez soporifique et dénuée de la moindre tension dramatique, jusqu’à la fameuse scène (sortie de nulle part) avec Ewan McGregor qui se fait bouffer, nous permettant de sortir enfin de notre léthargie)
.

Le scénario est à la peine et nous embarque dans diverses situations sans queue-ni-tête et franchement inintéressantes. De même que certains choix de mise en scène déçoivent clairement spoiler: (la photo et les CGI sont vraiment laids, l'utilisation parfaitement inutile de la "double-focale", sans parler des décors qui décrédibilisent ce changement d’ère)
. C’est assez dingue de se dire que plus de 30 ans après Jurassic Park (1993), ils n'ont pas été capables de faire quelque chose de qualitatif.

On pourrait aussi épiloguer sur les nombreuses invraisemblances spoiler: (Brian se fait tabasser par le grand frère et ce, alors qu’ils sont en pleine invasion de dinosaures, visiblement on n’a pas le même sens des priorités. Lorsque Denise & Greg vont se réfugier dans une voiture abandonnée pour échapper à une horde de dinosaures qui vont bien évidemment venir piétiner la voiture. Lorsque Denise trouve rien de mieux à faire que de photographier Greg devant un couple de dinosaures qui copulent. Pourquoi ? Quel intérêt ? Sans oublier les appels téléphoniques de Denise depuis une cabine téléphonique pour sauver quelques habitants de son quartier, dont son détestable voisin…)
.

David Robert Mitchell (It Follows - 2015) nous avait habitués à bien mieux, c’est à rien n’y comprendre, quel gâchis.

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So Soso
So Soso

13 abonnés 932 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 18 août 2026
La fin d'Oak Street
Les choix visuels amplifient la portée de chaque scène.
Coté mise en scène, le travail sur l'image donne toute sa force aux scènes.
Les Dinosaures représente la terreur ce qui illustre la brutalité du monde préhistorique face à la vulnérabilité humaine.
Le Trou de Ver manque d'aspect et de véritables approche scientifiques.
Pourquoi les Dinosaures apparaissent au lieu d'autres créatures ? Ca manque d'une vraie justification scénaristique.
La famille d'Anne et Ewan manque de remise en question sur son quartier, ce qui la fragilise face aux évenements.
On ne connait pas vraiment les loisirs des habitants d'Oak Street, ce qui rend la communauté moins vivante à l'écran.
Le climax passe vite, ce qui rend la résolution trop éxpeditive pour etre vraiment marquante.
Y'a peu de colère entre Anne et Ewan ce qui nuit au réalisme de leur relation et désamorce les vrais enjeux du couple.
Y'a peu de dialogues ce qui renforce l'immersion visuelle, mais laisse les enjeux relationnels en surface.
Le coté autrice de Anne est peu présent, ce qui prive l'histoire d'un pan pourtant intéréssant de sa personnalité.
Invasion de Dinosaures : La fin d'Oak Street est fabuleux en IMAX.
Albert Maury
Albert Maury

2 abonnés 183 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 août 2026
assez divertissant, bon film de dinosaure assez original avec un côté horreur plus présent que dans la saga jurassic park.
les effets spéciaux sont très bons comme le travail sur les différents sons dans le film.
une œuvre qui reprend le style des films des années 90 sans en faire trop avec la nostalgie ou les clichés basiques.
on sent aussi un volonté de représenter les dinosaures de façon plus réaliste en fonction des avancées scientifiques de ces dernières années.
florian desvaux
florian desvaux

1 critique Suivre son activité

0,5
Publiée le 17 août 2026
Un des pires films de l'année scénario plat , personnage sans personnalité et niais , jeux d'acteur très moyen
cinono1

374 abonnés 2 314 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 août 2026
un film d'action fun mais qui rate le dernier virage. David Roger Mitchell installe bien la situation autour d'une famille US pas si bien sous tout rapport. Le réalisateur introduit ensuite le fantastique et ses dangers dans le quotidien comme il l'avait fait dans ses précédentes moutures, et Anne Hathaway, et ses yeux de biche, s'avère une excellente action woman. Tout ça est pas mal jusqu'à une résolution qui ne résout pas grand chose. Dommage , le film était fun, rythmé, un peu méchant
Gulsah Yildirim
Gulsah Yildirim

1 critique Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 août 2026
Pas mal. Si vous aimez spoiler: les
spoiler: dinosaures
et l’ absurde vous passerez un bon moment. Je ne me suis pas ennuyée car le rythme est assez soutenu.
Bastien E.
Bastien E.

9 abonnés 57 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 août 2026
Un film de dinosaure assez surprenant avec des scènes de familles bien vues et assez réussies.
Des scènes de violences souvent hors champ assez osées, un peu gâché toutefois par une fin assez classique et décevantes après une scene très surprenante et inatendue dans ce type de blockbuster.
Les effets spéciaux sont assez bons, sans être au niveau de Jurassic Park.
Un film inégal mais assez attachant.
Razor B.
Razor B.

2 abonnés 33 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 17 août 2026
Que venons nous chercher quand on va voir un film comme celui-ci. Du frisson, du mystère et le charme d'une autre époque.
Et bien si le charme est à peu prêt là, pour le reste c'est très complique.
Le quartier est bien fait, les effets spéciaux plutôt réussis. Sans être impressionnants cependant.
Mais alors c'est d'un ennui et d'un déjà vu, à un point! Si vous souhaitiez vous changer les idées, il y a de grande chance que vous pensiez à vos soucis de la semaine.
Le projet était certainement sympathique sur le papier, car au moins on pouvait imaginer des choses impressionnantes, mais là, et bien on regarde, on regarde tranquillement...
C'est terriblement cliché. La seule nouveauté sera l'introduction de plumes sur certains bestiaux...et d'un twist...
Martial Bonkoungou
Martial Bonkoungou

14 abonnés 240 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 août 2026
Une rue propulsée dans un monde préhistorique. Une famille de banlieue avec ses tracas. Sur le papier, c'est sympathique. A l'écran, ça l'est aussi avec toutes ces situations qui poussent à chercher au fond de soi. Des scènes impressionnantes, parfois improbables. Mais ça reste du grand spectacle récréatif.
Theo
Theo

44 abonnés 1 088 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 août 2026
Sans spoilers:

Avec La Fin d’Oak Street, David Robert Mitchell part d’une image presque enfantine dans sa simplicité : au cours d’une promenade dans le Michigan, le cinéaste s’est imaginé un dinosaure apparaissant derrière une clôture de banlieue, près d’un garage et de poubelles. De ce télescopage entre l’extraordinaire et le désespérément quotidien est né son film le plus ample, un spectacle de science-fiction produit par J. J. Abrams et construit autour d’une famille dont le quartier est bouleversé par un phénomène impossible. Mitchell situe l’action en 1982 et revendique notamment La Quatrième Dimension, Poltergeist et Signes comme points de référence davantage que le modèle dinosaurien le plus évident.

Cette origine résume à la fois ce qui rend le film séduisant et ce qui finit par en limiter la portée. La Fin d’Oak Street est beaucoup plus intéressant quand il observe l’impossible contaminer progressivement la banalité que lorsqu’il se transforme en machine destinée à exploiter pleinement son formidable concept.

Le quartier d’Oak Street est d’abord filmé comme une maquette de normalité américaine. Mais derrière les façades propres, les jardins parfaitement délimités et la circulation rassurante des voitures se trouve la famille Platt, déjà légèrement fissurée avant même que le fantastique ne fasse irruption. Greg et Denise, interprétés par Ewan McGregor et Anne Hathaway, sont deux adultes chez lesquels l’usure quotidienne a commencé à prendre davantage de place que le désir. Leurs enfants Audrey et Brian habitent cette tension familiale avec cette perception très particulière de l’adolescence : on ne comprend peut-être pas tout ce que traversent ses parents, mais on sent parfaitement que quelque chose ne va plus.

Mitchell a l’intelligence de ne pas précipiter immédiatement son film vers le spectacle. Il laisse d’abord quelque chose se dérégler : la température paraît inhabituelle ; un détail du décor ne semble plus tout à fait à sa place ; un mouvement fugitif attire l’œil ; une présence semble avoir traversé l’arrière-plan. Et c’est probablement dans cette période d’incertitude que le film atteint son expression la plus convaincante.

Mitchell demeure un remarquable metteur en scène de la périphérie du cadre. Avec son directeur de la photographie Michael Gioulakis, collaborateur de longue date, il compose régulièrement des plans dans lesquels le spectateur peut chercher lui-même la menace. Le recours aux grandes profondeurs de champ et aux split-diopters permet de maintenir simultanément plusieurs zones de l’image dans une netteté presque anormale : un personnage peut occuper le premier plan tandis qu’un élément inquiétant existe loin derrière lui, comme si le cadre refusait de nous indiquer ce que nous devons regarder.

C’est une manière de fabriquer du suspense beaucoup plus stimulante qu’une succession de sursauts mécaniques. Oak Street devient progressivement un espace que l’on inspecte. Un jardin n’est plus simplement un jardin : c’est une profondeur ; une fenêtre devient une ouverture potentielle ; une clôture cesse de protéger et commence à cacher ; une rue résidentielle suffisamment familière pour sembler inoffensive acquiert soudain une dimension presque abstraite. Il y a là quelque chose de profondément ludique : le spectateur comprend que Mitchell joue avec sa faculté d’anticipation et commence naturellement à examiner chaque arrière-plan.

L’autre belle idée est de traiter les dinosaures comme de véritables intrus dans l’iconographie pavillonnaire. Ils ne surgissent pas dans des décors conçus pour leur gigantisme : ils apparaissent au milieu de garages, de piscines, de poteaux électriques et de maisons individuelles. La disproportion produit quelque chose à la fois de spectaculaire et d’étrangement comique. Mitchell ne filme pas simplement des humains confrontés à des créatures préhistoriques ; il filme deux mondes visuellement incompatibles contraints de partager momentanément le même espace.

Les créatures elles-mêmes bénéficient d’ailleurs d’une conception suffisamment éloignée de l’imagerie populaire la plus systématique pour retrouver un peu de leur étrangeté animale. Plumes, comportements inattendus, silhouettes plus ou moins immédiatement identifiables : le film cherche moins à présenter une galerie de monstres qu’à donner l’impression que les Platt viennent d’entrer dans un écosystème qui n’a jamais été conçu pour eux. Mitchell a expliqué avoir voulu s’amuser avec leur apparence et leur diversité plutôt que reproduire mécaniquement les représentations devenues familières du cinéma de dinosaures. C’est lorsque cette étrangeté reste intacte que La Fin d’Oak Street fonctionne le mieux.

Car le film sait également être étonnamment brutal. Malgré son allure de grande aventure familiale et sa classification américaine PG-13, Mitchell conserve par endroits une véritable méchanceté de cinéaste horrifique. Le danger ne ressemble pas constamment à une attraction parfaitement sécurisée. Les attaques peuvent être soudaines, les animaux réellement menaçants et certaines images possèdent une violence physique suffisamment franche pour rappeler que ces créatures ne sont pas là uniquement pour provoquer l’émerveillement. Le film joue volontairement sur cette frontière entre spectacle familial et horreur plus mordante. C’est précieux, parce que cette agressivité empêche momentanément l’entreprise de devenir trop confortable.

Anne Hathaway comprend particulièrement bien cette tonalité. Elle ne joue jamais Denise comme une simple héroïne de blockbuster attendant que le scénario lui fournisse une scène de bravoure. Elle conserve quelque chose de préoccupé, contrarié, presque constamment encombré par une vie intérieure qui existait avant la catastrophe. Lorsqu’elle doit basculer vers l’action, ce sont donc moins les compétences soudainement miraculeuses d’un personnage de cinéma que l’instinct d’une mère projetée dans une situation qu’elle n’aurait jamais pu concevoir.

Ewan McGregor travaille dans un registre légèrement plus fragile. Greg est un personnage traversé par l’échec et la honte, et McGregor lui donne cette maladresse masculine très particulière de quelqu’un qui voudrait encore avoir l’air solide alors qu’il ne sait déjà plus exactement comment tenir debout. Le couple fonctionne justement parce que Hathaway et McGregor ne surjouent pas ses blessures : ils donnent la sensation d’une relation usée par accumulation plutôt que détruite par un événement spectaculaire.

Mais c’est précisément ici que commencent les limites du film, car toute cette matière familiale est parfaitement fonctionnelle sans être aussi profonde qu’elle voudrait l’être. Mitchell construit une correspondance très claire entre un foyer qui menace de se désagréger et un environnement dont les règles s’effondrent. Le chaos extérieur vient forcer les Platt à affronter ce qu’ils ne parvenaient plus à résoudre dans leur quotidien. Sur le papier, la métaphore est évidente mais solide ; à l’écran, elle demeure justement un peu trop évidente.

Le scénario a tendance à transformer progressivement ses personnages en vecteurs émotionnels extrêmement lisibles. Les frustrations sont clairement installées, les évolutions se dessinent assez vite et certaines scènes semblent moins découvrir les personnages que remplir consciencieusement le programme dramatique annoncé au début. Là où la mise en scène sait admirablement maintenir l’ambiguïté, l’écriture éprouve parfois le besoin inverse : expliquer, souligner, orienter.

C’est le principal paradoxe de La Fin d’Oak Street : le film est plus mystérieux visuellement qu’il ne l’est humainement. Et cette différence devient de plus en plus sensible à mesure que l’aventure prend le dessus.

Une fois son dispositif complètement lancé, Mitchell enchaîne avec compétence les confrontations, les déplacements et les situations de survie. La durée remarquablement ramassée — environ cent minutes — évite pratiquement toute stagnation, et le cinéaste possède suffisamment de métier pour varier les échelles, les créatures et les configurations spatiales. Mais on sent progressivement le scénario devenir plus mécanique : une menace apparaît ; les personnages doivent improviser ; ils trouvent une solution ; une nouvelle menace vient redistribuer les positions. L’efficacité reste réelle, parfois même jubilatoire, mais la sensation initiale de découvrir quelque chose d’impossible se transforme peu à peu en structure d’attractions. Le film ne devient jamais franchement ennuyeux ; il devient simplement plus prévisible dans sa manière d’être imprévisible.

Michael Giacchino accompagne cette évolution avec une musique généreuse qui assume pleinement le registre de la grande aventure. Elle fournit au film une ampleur que sa géographie volontairement réduite pourrait difficilement posséder seule. Mais cette générosité constitue là encore une arme à double tranchant : lorsque l’image pourrait conserver quelques secondes supplémentaires d’étrangeté ou de silence, la musique contribue parfois à convertir immédiatement le sentiment en émotion clairement identifiable. Giacchino est bien le compositeur du film, tandis que Gioulakis en signe la photographie.

Le plus frustrant demeure finalement que l’on aperçoit régulièrement un film plus singulier à l’intérieur de celui-ci : un film plus bizarre, plus inquiétant, plus intéressé par l’idée vertigineuse de voir notre quotidien brutalement privé de toutes les certitudes qui le rendent possible. Certaines images touchent précisément à cela : une habitation humaine qui paraît soudain dérisoire, une rue dont la fonction même semble avoir disparu, l’apparition d'une créature vivante là où notre mémoire cinématographique et notre expérience quotidienne nous disent qu’elle ne peut absolument pas se trouver. À ces instants, Mitchell retrouve quelque chose de très personnel : il suffit qu’un élément soit déplacé de quelques mètres, de quelques secondes ou de quelques millions d’années pour que la réalité entière devienne inquiétante.

J’aurais voulu que le film habite davantage cette sensation. À la place, il choisit souvent la satisfaction immédiate : davantage de mouvement, davantage de péripéties, davantage d’émotion directement formulée. Ce choix ne rend pas La Fin d’Oak Street mauvais, loin de là. Il en fait même un divertissement remarquablement accessible pour un cinéaste dont les obsessions peuvent être beaucoup plus labyrinthiques. Mais il normalise peu à peu ce qui paraissait initialement anormal.

Reste une proposition de science-fiction suffisamment généreuse pour conserver une identité au milieu du cinéma spectaculaire contemporain. Qu’un studio ait confié à Mitchell un budget annoncé autour de 85 millions de dollars pour réaliser une histoire originale plutôt qu’un nouvel épisode de franchise possède déjà quelque chose d’assez inhabituel, et il emploie cette ampleur avec une vraie connaissance du cadre plutôt qu’en cherchant constamment la surenchère numérique.

La Fin d’Oak Street est donc un film que j’aime davantage pour ses promesses, ses images et son atmosphère que pour l’ensemble de ce qu’il en fait. Anne Hathaway et Ewan McGregor lui donnent une assise humaine crédible, Mitchell reste un formidable organisateur de l’espace, plusieurs manifestations du fantastique possèdent une puissance immédiate et l’équilibre entre aventure, humour et horreur produit régulièrement de très bons moments.

Mais derrière cette maîtrise apparaît un film curieusement plus sage que son concept. Il aurait pu transformer une banlieue américaine en territoire métaphysique et faire de l’impossible une véritable crise de perception ; il préfère finalement en faire, pour l’essentiel, le terrain d’une aventure familiale solide, énergique et agréablement bizarre. C’est suffisamment réussi pour que l’on prenne plaisir à parcourir Oak Street ; pas suffisamment vertigineux pour que l’on continue longtemps à s’y perdre après en être sorti.

Avec spoilers:

spoiler: Il y a, à l’origine de La Fin d’Oak Street, une idée de cinéma merveilleusement simple : introduire l’inconcevable dans le décor le plus banal possible. David Robert Mitchell a expliqué que le projet lui était venu en imaginant, au cours d’une promenade dans une banlieue du Michigan, un dinosaure fouillant près de poubelles et d’un garage. Tout le film est déjà contenu dans cette collision entre le familier et l’impossible : le pavillon, la clôture, la pelouse, la rue résidentielle, puis quelque chose d’immense et de préhistorique qui apparaît au fond du cadre. Mitchell revendique d'ailleurs une mise en scène construite autour de cadres soigneusement composés et de plans relativement longs, précisément pour laisser le danger surgir à l'intérieur de l'image plutôt que de le fabriquer constamment au montage. Et pendant sa première partie, c’est exactement là que La Fin d’Oak Street est le meilleur. Nous sommes en 1982, chez les Platt, famille américaine qui possède extérieurement tout ce qu’il faut pour figurer sur une publicité immobilière et intérieurement tout ce qu’il faut pour imploser. Greg a perdu son travail, cache à sa famille qu’il livre des pizzas et boit davantage qu’il ne devrait ; Denise étouffe suffisamment dans son mariage pour écrire secrètement un roman où se projette son désir de fuite ; leurs enfants, Brian et Audrey, comprennent évidemment beaucoup plus de choses que leurs parents ne veulent bien leur en dire. Avant même que le temps ne se déchire, quelque chose est donc déjà déplacé dans cette maison. Mitchell sait parfaitement filmer cette anomalie rampante. Une chaleur anormalement humide ; une végétation qui ne devrait plus exister ; une masse indistincte aperçue derrière une clôture ; un mouvement que les personnages ne voient pas immédiatement mais que notre œil distingue dans la profondeur. La photographie de Mike Gioulakis exploite merveilleusement la géométrie très lisible du quartier : les pelouses deviennent des zones d'exposition, les fenêtres des cadres dans le cadre, les jardins des territoires dont on ne maîtrise plus les limites. Mitchell retrouve surtout quelque chose qu’il sait admirablement faire : transformer l’espace quotidien en piège simplement en persuadant le spectateur que le danger peut entrer dans l'image par n’importe quel endroit. Son utilisation de la profondeur de champ et du split-diopter n'est pas un simple maniérisme ; elle entretient cette sensation que plusieurs réalités peuvent désormais cohabiter dans le même plan. Puis le film abat véritablement ses cartes : ce ne sont pas les dinosaures qui ont envahi la banlieue, c’est la banlieue qui a été projetée quelque deux cents millions d’années en arrière. Oak Street devient une minuscule excroissance de civilisation américaine déposée au milieu d’un monde qui n’a aucune raison de tolérer sa présence. L'image est formidable. Les maisons, les voitures, les clôtures et les piscines demeurent à leur place tandis qu'une nature préhistorique commence progressivement à reprendre possession du territoire. Et Mitchell possède suffisamment de goût pour l'étrangeté pour ne pas traiter les dinosaures uniquement comme des attractions : certains traversent simplement l'espace ; d'autres chassent ; certains semblent presque indifférents à ces humains anachroniques. Les créatures sont souvent emplumées, et leur étrangeté animale est généralement plus intéressante que la traditionnelle iconographie du reptile monstrueux. Lorsque La Fin d’Oak Street accepte pleinement de devenir un film de survie, il fonctionne d'ailleurs très correctement. Un serpent gigantesque surgissant d'une piscine, des stégosaures fuyant un incendie, des prédateurs apparaissant derrière des maisons devenues dérisoires : plusieurs morceaux de bravoure possèdent une vraie compréhension de l'espace et une brutalité bienvenue. Mitchell n'interdit pas à ses dinosaures de tuer, y compris des personnages auxquels le film avait accordé suffisamment d'existence pour que leur disparition ne soit pas entièrement abstraite. Le spectacle retrouve ainsi quelque chose de physique malgré l'omniprésence nécessaire des effets numériques. La caméra sait où placer les corps, où cacher la menace et surtout quand attendre quelques secondes de plus avant de la révéler. Anne Hathaway constitue le point d'ancrage le plus solide de cette mécanique. Denise aurait facilement pu n'être que la mère courageuse d'un scénario de catastrophe ; Hathaway lui conserve une colère, une fatigue et presque une culpabilité qui survivent aux péripéties. La terreur ne remplace jamais complètement la femme qui, quelques heures auparavant, envisageait mentalement une autre existence. Ewan McGregor apporte à Greg une fragilité un peu plus conventionnelle mais touchante : sa honte professionnelle, son alcoolisme et son sentiment d'échec donnent au personnage une vulnérabilité crédible derrière son évolution vers le père sacrificiel. Mais c'est peut-être Maisy Stella qui bénéficie du personnage le plus intéressant avec Audrey, seule membre de la famille dont la curiosité scientifique résiste véritablement à la panique. Le problème est que plus le film avance, plus sa belle idée initiale se retrouve enfermée dans une dramaturgie beaucoup moins singulière qu'elle. Les fissures temporelles deviennent progressivement les équivalents très littéraux des fissures familiales : Greg et Denise doivent apprendre à se parler ; les parents doivent protéger leurs enfants ; l'apocalypse doit rappeler à chacun qu'il aime les autres. Cela fonctionne, mais avec une précision tellement programmatique qu'on devine constamment la destination émotionnelle de chaque scène. Le scénario possède un véritable imaginaire mais l'utilise souvent pour illustrer des enjeux qu'il a déjà formulés. Là où l'apparition silencieuse d'un animal impossible derrière une clôture peut produire dix interprétations, une réconciliation conjugale au milieu du chaos n'en produit généralement qu'une. Cette contradiction traverse tout le film. Mitchell veut simultanément retrouver l'émerveillement d'un cinéma fantastique familial des années 1980 et conserver l'inquiétante étrangeté qui caractérise son regard. La première moitié parvient souvent à faire cohabiter les deux ; la seconde choisit de plus en plus franchement l'aventure populaire. Michael Giacchino accompagne efficacement ce déplacement avec une partition généreuse, mais la musique participe aussi à cette tendance du film à nous indiquer précisément quand ressentir la peur, l'émotion ou le soulagement. Le cinéma de Mitchell est souvent passionnant lorsqu'il laisse une image devenir légèrement incompréhensible ; La Fin d'Oak Street devient plus ordinaire lorsqu'il cherche absolument à rendre cette image immédiatement satisfaisante. C'est particulièrement évident avec Greg. Son sacrifice face à l'allosaure est une scène étonnamment violente : après avoir tenté d'éloigner la créature de Denise, il est saisi, mutilé puis tué sous les yeux de sa famille. Pendant quelques instants, le film accepte enfin ce que son principe implique : dans un monde qui précède l'humanité de millions d'années, aucune structure narrative ne garantit que le père arrivera vivant au générique. Sa mort donne rétrospectivement du poids à sa réconciliation avec Denise parce qu'elle transforme leurs paroles en quelque chose d'irrécupérable. Et c'est précisément pour cette raison que la dernière partie me laisse partagé. Denise, Audrey, Brian et Jeannette parviennent à franchir une faille qui les ramène en 1982, environ vingt minutes avant le basculement du quartier. Denise utilise alors ce qu'elle sait désormais : elle fait évacuer ceux qu'elle peut sauver et commande une pizza afin d'attirer Greg hors de la zone condamnée. La famille se retrouve ainsi réunie avec un Greg qui n'a jamais connu son voyage préhistorique, tandis qu'Oak Street disparaît malgré tout. Sur le plan du pur plaisir narratif, l'idée est ingénieuse ; sur le plan émotionnel, elle me semble beaucoup plus problématique. Le Greg retrouvé n'est précisément pas celui qui vient de mourir : il n'a pas traversé la catastrophe, n'a pas accompli son sacrifice et n'a pas vécu cette réconciliation. Le film pourrait transformer cette différence en vertige moral magnifique : Denise a-t-elle récupéré son mari ou seulement une version antérieure de lui ? Peut-on sauver quelqu'un en supprimant précisément les événements qui l'avaient transformé ? À la place, le récit privilégie largement le soulagement. Il subsiste heureusement une petite écharde. Lors du barbecue final, l'existence de deux Jeannette révèle que le retour en arrière n'a pas simplement effacé une ligne temporelle : les conséquences de la manipulation demeurent, et quelque part dans cette mécanique se cache quelque chose de beaucoup plus inquiétant que le bonheur affiché par l'épilogue. Voilà enfin une idée typiquement mitchellienne : derrière la photographie de famille restaurée se trouve peut-être une catastrophe métaphysique impossible à regarder directement. Mais le film n'en tire qu'une dernière vibration étrange alors qu'il aurait pu en faire l'aboutissement entier de son récit. C'est finalement ce qui empêche La Fin d’Oak Street de transformer son excellente prémisse en véritable grand film. David Robert Mitchell possède ici des images, un sens remarquable de l'espace, quelques séquences de suspense réellement inspirées et une manière toujours très personnelle de percevoir la banlieue comme une frontière fragile entre normalité et cauchemar. Il dirige aussi suffisamment bien ses acteurs pour que la famille Platt existe au-delà de sa fonction scénaristique. Mais son blockbuster semble parfois hésiter devant les implications les plus cruelles et les plus étranges de ses propres idées : il entrouvre des gouffres — sur le temps, la famille, l'identité, la possibilité de revenir chez soi après avoir été transformé — puis construit souvent au-dessus d'eux une passerelle dramatique beaucoup plus rassurante. Il reste donc un divertissement de science-fiction généreux, parfois tendu, souvent très beau à regarder et suffisamment bizarre pour ne jamais devenir totalement anonyme. Mais j'aurais aimé que Mitchell fasse davantage confiance au film étrange qui se cache sous le film d'aventures. Les dinosaures sont impressionnants ; ce sont les failles invisibles entre les personnages, les époques et les différentes versions d'une même vie qui auraient pu être réellement terrifiantes.
Noah N
Noah N

37 abonnés 220 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 août 2026
Ce film a un concept tout simplement improbable, mais qui mérite d’être vu. L’influence du producteur de J. J. Abrams se ressent avec un sens du suspense et de la surprise et c’est bien ce qui est au programme, le film est imprévisible et la plupart des attaques de dinosaures m’ont effrayé, allant jusqu’à rivaliser avec certaines de la saga "Jurassic". Mais ce n’est pas un film de J. J., c’est celui de David Robert Mitchell et autant dire que le scénariste-réalisateur nous offre une histoire très humaine avec des messieurs-mesdames Tout-le-Monde, et non des spécialistes dans le domaine, spoiler: allant jusqu’à tuer le père de famille
. Hormis ce high concept, le film traite de la séparation de façon littérale et métaphorique : spoiler: il n’y a pas que le quartier qui quitte son lieu d’origine, chaque membre de la famille Platt semblait vouloir partir ailleurs
.
En plus d’avoir des personnages très bien écrits, le duo de tête est excellent : Ewan McGregor quitte les rôles de badass et de maître Jedi pour nous offrir une performance sensible et humaine. Quant à Anne Hathaway, elle s’en sort tout aussi bien, surtout que c’est un de ses premiers films d’horreur (enfin je crois). Petite mention aux enfants, Brian et Audrey, qui font ce qu’ils peuvent dans l’action, mais qui jouent tous très bien et qui deviennent empathiques. Pour ce qui est des autres habitants, spoiler: bon on n’allait pas nous exposer toute la civilisation, mais certains échappent une certaine humanité pour que leurs morts soient impactantes
.
D. R. Mitchell fait preuve d’une bonne mise-en-scène : sans chercher à concurrencer Spielberg, il bénéficie de plans-composés, allant même jusqu’à jouer avec la suggestion. Pour lui, les attaques de dinosaures ne sont pas le principal intérêt, c’est avant tout les personnages qui se retrouvent dans une situation compliquée. Les effets numériques et les décors sont réussis : les dinosaures sont très crédibles et la ville nous offre bien une ville au bord de la catastrophe jurassique. J’ai tout de suite reconnu la musique de Michael Giacchino : il a composé une bande-originale narrative qui passe d’un thème rappelant la joie citadine, avant de sombrer dans quelques choses de plus stressantes. Il va même jusqu’à mélanger les deux thèmes pour correspondre au concept. De manière générale, le travail sonore est impeccable, avec une ville bien vivante et dont on ressent la présence de dinosaures.

"La Fin d’Oak Street" est un parfait concurrent de "Jurassic Park" ; sans surpasser ce dernier, il trace sa propre voie et ne cherche jamais à en être son héritier. L’histoire est très humaine, c’est stressant et ça surprend jusqu’au bout, bien qu’il y ait des petits détails qui me chiffonnent. Le film est suffisamment intéressant pour ne pas tomber dans l’oubli et reste au final une belle surprise menée par un réalisateur bien investi, des personnages bien écrits et bien interprétés et un rendu visuel crédible.
Deniro65
Deniro65

2 abonnés 12 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 17 août 2026
Et bien je ne sais pas si c'est l'effet whaou du 1er Jurassik de Spielberg ou les innombrables reconstitutions de la préhistoire qui m'ont rendu totalement insensible à la peur que ces monstres devraient susciter en moi et en nous j'imagine mais ce film mollason, ridicule, improbable vaguement écrit sous les influences lointaines de comics de salles de gares et joué par un couple d' acteurs sous prozac anesthésiés et anesthésiants (Anne Hathaway en grande névrosée et frustrée et Ewan McGregor aussi insipide que j'en ai mal pour lui) accompagnés par des enfants bêtes à manger du foin, est terriblement raté.
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