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Pierre Kuzor
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4,0
Publiée le 13 juillet 2024
Ai vu « El Professor » film argentin des réalisateurs et scénaristes Maria Alché et Benjamin Naishat. A Buenos-Aires, Marcelo Pena est professeur de philosophie depuis des années, quand son mentor meurt subitement, il est présumé être son remplaçant tout désigné et naturel. Mais arrive d’Europe tout auréolé de nouveauté et de prestige, Rafael Sujarchuck qui sait manier son charisme naturel et son sens de la séduction pour se présenter également à ce poste. Cette concurrence inattendue va déstabiliser Marcelo dans sa vie de professeur et d’homme. Les doutes de Marcelo sont mis en parallèle avec le pays qui s’effondre lui aussi. Scénario particulièrement original et très très bien écrit, c’est un vrai régal de voir un film qui rend intelligent sans mettre de côté l’humour doux-amer. Nous suivons Marcelo donner plusieurs cours et se poser tant de questions philosophiques qu’il a bien du mal à s’appliquer à lui-même pour lui redonner de la hauteur. Tous les personnages sont savamment interprétés et le « duel » Marcelo/Rafael est savoureux, tant les deux acteurs Marcelo Subiotto et Leonardo Sbaraglia s’en donnent à coeur joie pour camper le Taciturne contre le Solaire. Pas vraiment de cinéma, c’est peu mis en scène, mais cette presque absence est largement compensée par la qualité l’écriture et l’homogénéité de l’interprétation. « El professor » est une leçon condensée de philosophie où l’on parle souvent de Platon, de Socrate sans ennuyer, ni plastronner et qui donne envie de s’inscrire à des cours de sagesse, urgemment.
Marcelo est un terne assistant de philosophie qui a toujours travaillé dans l’ombre de son mentor. Mais lorsque celui-ci décède brutalement, laissant libre sa chaire à l’université Puan de Buenos Aires, Marcelo est brutalement propulsé sur le devant de la scène. Seul hic : le retour au pays natal d’un collègue expatrié en Allemagne, paré de toutes les qualités que Marcelo n’a pas : il cite Heidegger en allemand dans le texte, a une petite amie influenceuse et un charisme fou qui séduit les étudiants.
El Profesor contient plusieurs niveaux de lecture que présente fort pédagogiquement son affiche.
Le premier, à l’avant-plan, c’est son héros bien sûr et son désarroi. Sa vie terne lui convenait ; mais le voilà obligé de se mettre en avant pour obtenir le poste auquel toute sa carrière le promettait. Le candidat qu’il trouve sur sa route est tout son contraire : un m’as-tu-vu prétentieux – qui se tient sur l’affiche derrière lui en embuscade.
Deux autres sujets se dessinent à l’arrière-plan. Le premier, à gauche (!), c’est le peuple argentin en colère, qui défile contre le plan d’austérité imposé par le FMI. Puan est un haut lieu de la contestation estudiantine, une sorte de Vincennes ou de Nanterre argentin. Le second, à droite, c’est la philosophie, le soleil de la connaissance et la figure de Socrate. "El Profesor" nous réserve, sans plastronner ni ennuyer, quelques belles envolées philosophiques, qui nous donneraient presque l’envie de nous y replonger et de revenir l’étudier sur les bancs de l’université [note pour moi : penser à m’inscrire à l’Université du quatrième âge].
"El Profesor" souffre d’un rythme un peu mou et d’une intrigue qui se résume tous comptes faits à pas grand-chose. Il n’en reste pas moins une comédie intelligente.
"El Profesor" explore les rivalités académiques et les absurdités de la quête de reconnaissance à travers le portrait de Marcelo, professeur de philosophie à Buenos Aires. Il voit son quotidien bouleversé lorsqu’il est en compétition pour une chaire prestigieuse avec un candidat charismatique venu d’Europe. Malheureusement, les scènes s’étirent inutilement et l'intrigue est un peu prévisible.
Film qui se suit avec plaisir même si l'histoire est très simpliste. Le personnage principal apathique au possible est assez improbable dans ce milieu mais bon ....
Ce film, traité à la façon d’un thriller psychologique pose le dilemme d’une victime de violences en l’ occurrence de tortures, soit faire vengeance soi même soit s’en remettre à la justice. Passionnant.
Bonne petite comédie argentine, c'est pas aussi drôle que j'eusse espérer mais il y a quand même un discours très intéressant derrière ce film qui évoque de nombreux philosophes dont Rousseau qui tient un rôle central. A voir pour se rendre compte de la réalité d'un grand pays assez méconnu des français.
Marcelo Subiotto interprète magistralement (autant que le lui permet son rôle) ce professeur de philo introverti et peu ambitieux. Tout ça dans une ambiance Argentine léchée, sur fond de crise économique. Très original. Ça vaut le coup !
A la mort de son détenteur la chaire de philosophie de l’université de Buenos Aires se libère, c’est le début d’un combat entre un professeur local sans charme et effacé et un revenant d’Europe extraverti et séducteur. Mais la révolution qui couve va peut-être changer la donne et le rapport de force entre eux. Les réalisateurs choisissent la forme d’un film en plusieurs tableaux pour nous raconter l’histoire d’un introverti qui aimerait briller dans l’ombre d’un soleil. Et ils nous parlent surtout en filigrane des tensions sociales qui agitent leur pays sur le ton d’un humour bienvenu et bien écrit. Avec une scène finale particulièrement réussie.
Très intéressant film que ce portrait drôle, attachant et pathétique d'un Enseignant Universitaire avec en prime une lutte d’influence avec un collègue dans une Faculté de Buenos Aires . Ce Professeur d’université qui, pouvant tout à coup entrer dans la lumière, apprend à découvrir sa propre voix à cette occasion ! En toile de fond les grandes manifestations étudiantes de Buenos Aires dans une Argentine au bord du gouffre !
Un film sur un professeur de philosophie en Argentine, très inégal, assez décousu, qui alterne entre quasi comédie et ton plus sérieux, et où on se demande au final quel était vraiment le message que voulait faire passer le metteur en scène… Quelques scènes sympas, mais trop de temps faibles ou l’on trouve le temps long… Finalement assez décevant
J'ai beaucoup aimé ce professeur qui ne demande qu'à enseigner sa matière mais que l'environnement et les événements contrarient sans arrêt. C'est très fin et drôle.
Ancré dans le microcosme de l’université de Puan, El Profesor explore les fractures intellectuelles, sociales et politiques d’une Argentine en crise.
Marcelo, professeur de philosophie discret et désenchanté, affronte Rafael, un ancien camarade revenu d’exil, flamboyant et opportuniste, pour un poste prestigieux. Leur rivalité transcende l’individu, opposant deux visions du monde : d’un côté, l’idéaliste épuisé par les contradictions de son époque, de l’autre, le pragmatique qui manipule le système avec une aisance cynique.
Dans ce récit à la mise en scène naturaliste et dépouillée, la lenteur apparente se révèle à double tranchant : si elle offre au spectateur le temps de s'immerger dans la chute des idéaux et la vacuité des luttes de pouvoir, elle risque, et cela l'a été pour moi, d’en diluer l’intensité. Les dialogues, richement parsemés de références philosophiques, oscillent entre profondeur et didactisme, confrontant avec pertinence la grandeur des idées avec leur mise en action.
En filigrane, El Profesor interroge sur les rêves érodés, sur la tension entre fidélité à soi-même et nécessité de s’adapter, et, surtout, sur une époque où les mots de la philosophie peinent à dialoguer avec la réalité.
L'ensemble m'a paru assez décousu. Le film porte-t-il sur les rivalités au sein des universités, sur l'enseignement de la philosophie au plus grand nombre, sur les problèmes politico-sociaux en Argentine, sur un personnage timide et maladroit... ? Tout est effleuré et sans relief.