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Michel Guyon
4 critiques
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3,5
Publiée le 10 juillet 2024
« El Profesor » L’histoire se déroule à “Puan” (Buenos Aires), l’une des plus importantes université d’Amérique latine. Un éminent professeur de philosophie meurt d’une crise cardiaque en faisant son footing. Il était le mentor de Marcelo (Marcelo Subiotto), notre antihéros, un philosophe modeste, la cinquantaine qui n’aime pas se mettre en avant. Marcelo, tout naturellement, se voit proposé de postuler à la chaire de son maître et ami du département de philo de Puan. Or un autre postulant, Rafael (Leonardo Sbaraglia), plus charismatique, brillant, frimeur, qui enseigne en Allemagne, se présente aussi à ce poste important. Le film se concentre sur l’histoire du duo de professeurs, l'idéaliste malchanceux, et le triomphateur cynique, sur cette génération de cinquantenaires qui a voulu changer le monde mais qu'au lieu de cela, le monde a changés. Voilà pour le pitch.
Maria Alché et Benjamín Naishtat, scénaristes et réalisateurs de ce long-métrage, brossent le portrait de « El profesor », Marcelo, une belle personne, humble, travailleur, insensible aux honneurs qui est en résonnance à plus grande échelle à l’Argentine d’aujourd’hui, ou plutôt celle qui a précédé l’élection du président populiste et ultralibéraliste actuel, Javier Milei : • un pays considérablement appauvri, où les fonctionnaires ne sont pas ou rarement payés, mais qui continuent de se battre pour enseigner, pour transmettre le savoir, en accumulant parfois des jobs annexes pour survivre !
Ecrit avec beaucoup d’humour comme un cadavre exquis où chaque scène en déclenche une autre, ce récit provoque à la fois rire et émotion. Par une mise en scène très soignée avec les fermetures des « chapitres » à l’iris, ce clin d’œil adressé, à nous spectateurs à travers l’œilleton de la caméra est là pour nous rappeler non seulement les débuts du cinéma mais aussi le tragi-comique de l’existence humaine que vivent les Argentin(e)s aujourd’hui si bien décrit dans le cinéma de Chaplin ou de Buster Keaton.
Les personnages affrontent une réalité incertaine où plus rien n’est comme avant. Marcelo doit se réinventer, renoncer à des convictions et des schémas de pensée obsolètes mais dans le même temps, revenir au point de départ : • la transmission du patrimoine culturel et historique qui permet d’avoir un regard critique sur la réalité. C’est en cela que ce film est une forme d’outil de résistance. Et malgré un pays au bord du gouffre, ce film est rempli d’optimisme et d’espoir ! Note Allociné : 3.7/5
Comédie globalement agréable et bien menée. On suit avec plaisir les péripéties de ce professeur sur le déclin, le tout sur fond de contexte social argentin évoqué habilement dans le film.
Portrait touchant d'un professeur attachant. On se laisse attendrir par le personnage. Je recommande si on veut passer une petite soirée sympathique sans prise de tête. il m'a détendue
Suite au décès de son mentor, un professeur d'université de philosophie réservé et plutôt emprunté est pressenti pour reprendre sa chaire. Mais le voilà mis en concurrence avec un autre candidat, séduisant et charismatique.
Une jolie surprise que cette comédie argentine qui parvient à dresser non sans humour le portrait de ce professeur aussi loser qu'attachant, sans jamais tomber dans la moquerie.
La cocasserie de plusieurs scènes fait mouche, et l'on sourit de bon coeur, surtout pendant la première partie du film, devant les maladresses et les quiproquos, mais il faut reconnaître qu'au fur et à mesure que le film avance, l'intérêt s'estompe quelque peu.
En arrière-plan, les tensions sociales qui grondent rappellent que le film, malgré son ton léger, n'oublie pas la dimension politique de son propos, avec notamment en toile de fond, la crise économique qui traverse la société argentine et les dérives du populisme, mais sans jamais toutefois pousser suffisamment loin, à part dans la jolie conclusion du film.