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Adelme D.Otrante
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4,0
Publiée le 3 décembre 2023
À Tokyo le quotidien banal rythmé par les mêmes gestes d'un laveur de toilettes amoureux des arbres, des livres et de Lou Reed. Dans ce film très épuré Wim Wenders touche à quelque chose d'essentiel dans la philosophie japonaise : la beauté de l'ordinaire. On peut être seul, avoir un métier que d'autres trouveront dégradant et s'émerveiller devant les feuilles d'un branchage, devant celles d'un recueil de poèmes ou devant cette route qui zigzague entre les tours de Shibuya alors que le soleil se lève et que Lou Reed nous susurre que "C'est juste un jour parfait". Toutes ces petites choses qui font qu'une vie est belle et vaut la peine d'être vécue. Un prix d'interprétation à Cannes totalement mérité pour Koji Yakucho qui est exceptionnel : sans un seul mot (où presque) il nous émeut par sa présence fantomatique et bienveillante.
Un film lent sur le quotidien répétitif d'un nettoyeur de toilettes. C'est ennuyeux mais serein. Les gens heureux n'ont pas d'histoire et c'est bien vrai.
Curieux film. On suit les journées ordinaires d'un laveur de wc publics à Tokyo... quelques rencontres et quelques discussions sobres, sans liens, et tout finit comme ça a commencé. Si l'on peut vraiment apprécier un côté lent et dépouillé à travers un antihéros taiseux et contemplatif, loin de la frénésie moderne, et en complet décalage de Tokyo, cela ne peut pas vraiment suffire à en faire un chef d'œuvre ! Il manque tout de même un scénario solide, un fil directeur, ou tout au moins un message, qui rendent les personnages successifs moins insipides. Même celui qu'on suit de bout en bout reste une énigme : il aime les k7, les photos sur papier, lire... et après ? S'il s'agissait de peindre la vie ordinaire, c'est bien trop ordinaire pour en faire un film, voilà le paradoxe.
A Tokyo, un homme vit son quotidien tout simplement. Un coup de coeur de cette édition Cannes 2023. Pour beaucoup. Wenders monte l’alternance des jours et des nuits de son personnage qui vit de manière très humble. Parlant peu, se contentant d’hocher la tête la plupart du temps, Hirayama se lave dans des bains publics, nettoie son linge en laverie, mange au restaurant. Il est seul mais partout au milieu des autres. L’acteur irradie par sa présence, son sourire et ses yeux brillants. Wenders filme magnifiquement son personnage au milieu de Tokyo, dans un 4/3 plein de sens. C’est un road movie mais ici le personnage principal ne se déplace pas, ce sont les autres qui viennent à lui. Défenseur de la veuve et l’orphelin, Hirayama nous partage sa philosophie de vie en s’émerveillant d’un rien. Comme il le dit explicitement, nous appartenons à différents mondes, et ces mondes se connectent ou pas. Peut-être plus simple de se connecter à la Nature, qu’avec les autres ? Hirayama a des failles, sûrement celle de la peur de voir le temps passer, mais ces failles ne deviennent pas des blessures, et ce héros des temps modernes nous transporte dans ce Feel Good movie qui va marquer durablement. Le simple fait de le croiser change les personnages secondaires, dans une version meilleure d’eux-mêmes. Et nous avec… A ne pas rater !
La grande force de Wim Wenders c’est d’avoir réalisé avec Perfect Days un film typiquement japonais. Il a su capter le ton, l’air, la sensibilité d’un cinéma qui, depuis Ozu, mêle observation du Monde, poésie, délicatesse, relations humaines, avec une certaine forme de minimalisme.
Ici, le réalisateur allemand nous raconte la vie d’un homme qui, un jour, a décidé de couper avec son passé pour vivre chichement et travailler comme agent d’entretien dans les toilettes publiques de Tokyo. On suit cet homme dans son quotidien répétitif, dans ses activités les plus insignifiantes, du matin jusqu’au soir. Pourtant, derrière l’apparente banalité des choses du quotidien, se cache une foule de petits détails que Wenders transforme en moments de grâce. Et puis, il y a la musique, qui tient ici une place presque plus importante que les dialogues (si peu nombreux), quand notre homme, part tous les matins avec son véhicule, en écoutant ses vieilles cassettes de Lou Reed, Animals, Kinks ou Patti Smith. Wenders arrive à faire faire de ses petits moments de vie, parfois puretés méditatifs, des moments de cinéma gracieux et qui touchent directement à l’âme et au cœur. https://www.hop-blog.fr/perfect-days-film-magnifique-de-wim-wenders/
A Tokyo, un homme d’une cinquantaine d’années, Hirayama, vit seul dans une petite maison de quartier. Il se lève tôt et part sereinement travailler au nettoyage des toilettes, rutilantes, de la ville. Sa vie est réglée comme du papier musique. Il est avare de ses mots, n’a ni famille ni amis, mais sait profiter des moments de beauté que l’existence peut apporter. Le film de Wenders a une beauté formelle indéniable mais les rituels et les contemplations d’Hiramaya ont un côté répétitif qui plonge le spectateur dans un relatif ennui. Une tension apparaît quand sa nièce, en fugue vient se réfugier chez lui. On comprend que l’élégant Hiramaya, à l’allure de patricien, vient d’une famille aisée dont il s’est éloigné à cause du père mais le film n’exploite pas cette information majeure. Il exploite mieux l’attirance d’Hiramaya pour la patronne d’un bar qu’il affectionne, Mama, et livre deux très belles scènes : une chanson de Mama, magnifique, et une rencontre avec son ex-mari, mourant. Wenders avait un excellent sujet qu’il exploite mal sur le plan de la tension narrative, mais le film est formellement beau et certaines scènes valent, à elles-seules, le détour.
Du Wenders, porté par la musique, comme nombre de ses films (on peut penser, dans un style différent, à son Lisbon story, magnifié par le groupe Madrdeus). La poésie fonctionne, la beauté et le charisme de l'acteur principal y participe activement (je n'en dirais pas autant du surjeu très japonais de son premier partenaire). Agréable promenade avec un beau personnage. Mais ne pas en attendre plus.
Hirayama, employé très consciencieux de l'entreprise d'entretien des toilettes publiques de Tokyo, vit modestement et trouve son plaisir dans la contemplation des arbres et des gens, dans la lecture et dans l'écoute de ses vielles cassettes audio. Il semble vivre dans un quasi mutisme, ses contacts se limitant à des salutations lointaines et à des sourires juste polis. Et puis, cet univers parfaitement réglé finit par montrer quelques failles...
L'acteur principal, Koji Yakusho, est magnifique, très belle gueule, très expressive. La modestie de son ambition (tirer plaisir de l'observation bienveillante du temps qui passe) fait presque envie jusqu'à ce que son extrême solitude devienne trop évidente au spectateur. Sa dernière scène, entre sourire à la vie et désolation est un monument. Le choix de son métier est une excellente trouvaille cinématographique, avec la visite quotidienne d'une série de sanisettes tokyoïtes, toutes originales, belles architecturalement et très fonctionnelles ; leur entretien en est valorisé à nos yeux. La solitude pesante apparaît bien sûr progressivement ; la partie de morpion jouée en quelque sorte par correspondance marque excellemment sa soif d'échanges et, par là, la douleur diffuse de sa solitude.
Une jolie leçon de vie, éloge de la recherche de la beauté dans le quotidien, mais aussi, un plaidoyer contre la solitude.
Mais la solitude ne favorise-t-elle pas la capacité de contemplation ? Il faudrait interroger des moines...
Un film hors du temps sur la beauté, la poésie, l'humilité et la solitude. Il ne se passe pas grand chose mais on est pourtant captivé par le quotidien routinier de ce personnage, filmé avec grâce et élégance par Wim Wenders, qui nous fait réfléchir avec subtilité sur notre insatisfaction perpétuelle. En faisant de ses gestes routiniers des rites et en trouvant le bonheur dans l'essentiel, Hirayama devient un héros moderne, humble et inspirant. Le film est également servi par une magnifique bande-originale, très importante dans le film, issue des années 70s/80s. Une autre bonne idée du scénario, afin de conserver la subtilité du propos, est de laisser planer un mystère sur certains éléments de la vie du personnage, incroyablement interprété par Koji Yakusho. À voir.
Un peu plus de 2 h pour un docu sur le nettoyage des chiottes de Tokyo, c'est beaucoup demander au spectateur ! Le film est amusant, l'interprétation parfaite( mais prix d'interprétation à Cannes, était ce utile?), bref un reportage d'une heure aurait fait le job. Sympathique sans plus.
Qu'attend-on d'un film ? qu'on nous raconte une histoire et que cette histoire soit le plus proche possible d'une leçon d'humanité, d'une leçon de vie. Quel regard pouvons-nous porter sur la vie en général, sur son sens, sur les choses les plus triviales que nous faisons ou que nous faisons faire ? Qu'est-ce qui vaut la peine d'être vécu, et comment allons-nous passer les quelques années du restant de notre vie ? Voilà une série de questions auxquelles ce film fait penser. A contre-courant du libéralisme, de l'argent et de la surconsommation, la complexité dans la simplicité. Un film qui ne convient pas à tout le monde parce que beaucoup seront incapable de faire cet effort de prise de recul sur eux et sur le monde.
Une ode à la nature, au temps qui passe et à la vie tout simplement. Ce film arrête pendant 2heures nos vie remplis injustement de tout et nous offre justement rien, si ce n'est ce qui est présent en face de nous. Un acteur magistrale porte ce sentiment.
Magnifique poème. L'acteur est magistral dans sa justesse naturel. Film simple mais'TRES TOUCHANT. J'ai beaucoup aimé, la lumière et les cadrages très photographiques.
il faut entrer dans ce film, lui laisser le temps, moi qui suis toujours impatient, j'ai eu du mal au debut, mais cela vaut la peine car ce film est une petite merveille de sobriété et de poésie. Connaitre un peu le Japon aide aussi, mais sinon c'est aussi une invitation à découvrir ce pays et sa culture. Un très grand film.
Film qui traite des rituels, du plaisir de l'instant présent et de la contemplation. Hirayama, en l'occurrence, trouve dans ses habitudes un équilibre qu'on imagine fragile car menacé par un passé douloureux. Une BO qui sert parfaitement les bonheurs simples qui rythment le vie du personnage, très touchant et superbement incarné.