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Xavier BLANCHARD
29 abonnés
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4,5
Publiée le 7 mai 2024
Hirayama, employé très consciencieux de l'entreprise d'entretien des toilettes publiques de Tokyo, vit modestement et trouve son plaisir dans la contemplation des arbres et des gens, dans la lecture et dans l'écoute de ses vielles cassettes audio. Il semble vivre dans un quasi mutisme, ses contacts se limitant à des salutations lointaines et à des sourires juste polis. Et puis, cet univers parfaitement réglé finit par montrer quelques failles...
L'acteur principal, Koji Yakusho, est magnifique, très belle gueule, très expressive. La modestie de son ambition (tirer plaisir de l'observation bienveillante du temps qui passe) fait presque envie jusqu'à ce que son extrême solitude devienne trop évidente au spectateur. Sa dernière scène, entre sourire à la vie et désolation est un monument. Le choix de son métier est une excellente trouvaille cinématographique, avec la visite quotidienne d'une série de sanisettes tokyoïtes, toutes originales, belles architecturalement et très fonctionnelles ; leur entretien en est valorisé à nos yeux. La solitude pesante apparaît bien sûr progressivement ; la partie de morpion jouée en quelque sorte par correspondance marque excellemment sa soif d'échanges et, par là, la douleur diffuse de sa solitude.
Une jolie leçon de vie, éloge de la recherche de la beauté dans le quotidien, mais aussi, un plaidoyer contre la solitude.
Mais la solitude ne favorise-t-elle pas la capacité de contemplation ? Il faudrait interroger des moines...
Tout simplement mon coup de cœur de l’année. Un film incroyable de pudeur de poésie et de détails. L’histoire d’un homme qui mène chaque jour la même vie au sein du service d’entretien de la ville de Tokyo. On suit le quotidien de cet homme sans trop savoir où on va, on se laisse porter tout le long du film sans grand contrôle mais avec la certitude que si le film était amené à durer plus de 4h ça nous irait bien au final parce que voir autant de justesse et de beauté à l’écran ne peut être que réjouissant. Alors oui c’est lent et on peut avoir l’impression que ça n’en finit pas de commencer, le spectateur peut se retrouver en perte de repère ne sachant pas où il va car le film ne se veut pas spectaculaire. Mais si on dépasse cet apriori et qu’on profite juste de la beauté du cinéma de Wim Wenders c’est juste magnifique et pur.La musique joue aussi beaucoup dans la beauté de ce film, dans cette impression que tout est un éternel recommencement et dans comment la vie peut se teinter différemment suivant la musique qui est jouée. Des grands classiques légendaires qui sont tellement satisfaisants à redécouvrir. Kōji Yakusho, qui a gagné le prix d’interprétation à Cannes, est touché par la grâce pendant tout le film. Ses réactions, son silence tout est juste parfaitement adapté aux situations du film. Ce film est le parfait exemple que toute vie est romanesque et sensible il suffit juste de s’y installer et d’observer.
Une poésie urbaine dans la réalité simple d'un homme, Hirayama, qui nettoie les toilettes à Tokyo. Le rythme lent du film accompagne les contemplations de cet homme discret et presque silencieux. Les routines de son quotidien sont perçues comme des petits mantras de sérénité. On s'attache à cet homme passionné mais sans extravagance qui dans son véhicule écoute des cassettes de musiques avec un réel plaisir ou lit des livres sur son futon. Du Win Wenders sensible, émouvant et sans artifices pour pénétrer dans une vie située au beau fixe de l'automne. A voir !
je suis partagée ; c'est quand même spécial de vendre l'idée du bonheur sur un homme de ménage préposé aux toilettes (c'est caricatural et c'est nier la pénibilité absolue de la réalité de métier) mais la réalisation et la performance de l'acteur principal étaient épatantes
Exprimer une certaine légéreté de la vie, une douceur, un étroit chemin de liberté dans la banalité du quotidien plutôt que dans le " main stream" des ambitions et des carrières voici ce que propose ce film. " It's a new day, is's a new life ... and this old word, is a new worl " chante Nina Simone à la fin. Alors certes ni un film bobo, ni bling-bling, ni " si à 40 ans tu n'as pas une rolex, tu as raté ta vie".
Un film qui redonne presque le vrai sens de la vie . Et fait voler en éclats les philosophies de surconsommation, rang social et le paradoxe de vivre plus dans l'irréel que le "réel".
L'acteur mérite amplement son prix d'interprétation de Cannes. J'ai beaucoup aimé ce monsieur qui ne parle que lorsque c'est vraiment utile, qui a une belle passion pour les photographies notamment d'arbres mais aussi les livres et soigner ses plantes. Mais j'ai surtout pensé aussi qu'il avait dû voir ou vécu le pire pour être ainsi...il demeure quelque chose de fragile en lui. Nous ne savons rien de son passé mais n'est -ce pas là une fois de plus une manière de prouver qu'il est vraiment épicurien ?
La bande son tout le long du film est remarquable, amenant souvent un indice, une couleur sur la journée qui va suivre ou a eu lieu.
Vous aurez compris en revanche que ce film ne plaira pas aux drogués du portable (ça me sidére toujours que sur un film d'1h40, 2 ou 3 soient obligés de le sortir au moins 2 fois...)
Voltaire disait qu'il fallait cultiver notre jardin, et je crois que ce monsieur en est l'exemple parfait...
Avis mitigé pour ce film.... La première partie décrit la vie d’un homme qui nettoie les toilettes publiques à Tokyo. Il fait son métier avec conscience, c’est un taiseux. On perçoit que sa vie intérieure est riche, il lit, aime la nature et la musique, mais n’a que très peu d’intérêt pour les rapports sociaux. Durant plus d’une heure, il ne se passe que peu de choses et les scènes sont très répétitives. Il y a peu d’émotions, on met dans cette première partie du film ce qu’on y apporte, en fonction de sa sensibilité et de son humeur, intérêt ou léger ennui. La deuxième partie laisse plus de place aux émotions avec de très belles scènes de rencontres. On s’attache enfin au personnage, à son mystère : Est-il heureux ou résigné, on ne la saura pas et la scène finale, belle mais déjà vue, laisse planer le doute. Dans ce film, la bande son est fondamentale. Toutes les scènes fortes sont magistralement accompagnées de superbes morceaux, avec mention spéciale pour une version japonaise de « house of rising sun » . En fonction de vos gouts musicaux, vous y serez donc plus ou moins sensible... En résumé, en fonction de votre humeur, de votre sensibilité et de vos gouts musicaux, vous verrez soit un bon film soit un très bon film
Filmer le quotidien d'un homme qui lave les toilettes publiques d'une mégalopole ultra dense, chargée de toutes ses routes qui se superposent... il n'y a que Wim Wenders pour sublimer cette vie, le temps qui passe, les touches de lumière, les ombres sur les arbres, le soleil toujours. Quelle poésie. Et quelle contradiction entre ce rapport à la nature, ce respect de l'autre, vs. cette vie capitaliste, à toute vitesse.
Ce film fait partie de ceux qui font que vous n’êtes plus exactement la même personne après l’avoir vu. Tout en sobriété et application comme Hirayama, son personnage principal, il vous fait voir la société japonaise de l’intérieur probablement mieux qu’aucun voyage physique ne pourrait y parvenir. La bande son comme le cadrage sont magnifiques et la mise en scène excellente. A voir absolument si on se sent un tant soit peu concerné par les questions d’hygiène mentale... et physique !
C'est tout de même très long. J'ai regardé la montre... Beaucoup de critiques dithyrambiques qui me semblent excessivement flagorneuses, parce que c'est W.Wenders... Cela dit, ce film au format racorni, pour faire intimiste, est une approche à contresens de la vie grouillante de Tokyo. Une fable dont on doute que quiconque puisse la vivre. C'eût été parfait avec 30 min. de moins.
Gros plaisir de retrouver Wim Wenders, tant aimé dans les années 80 ( l’ami américain, les ailes du désir, Paris texas …) et perdu de vue depuis. Belle surprise, ce road movie presque immobile et muet, le long duquel on suit les rituels et les sourires d’un homme/pipi chargé de nettoyer les toilettes publiques à Tokyo. Ce serait stupide d’en dire beaucoup plus; toute la poésie, tout le charme de ce film provenant de ces redites, de ces presque rien, de ces magnifiques regards, de ces rencontres furtives, ces ablutions, cette nostalgie( principalement symbolisée par une bande son belle et émouvante. Bref, laissez vous porter, surprendre, et admirez ce magnifique comédien dont quelques sourires font plus pour l’humanité que bien des discours ….
Tellement de douceur, d'authenticité et de justesse émanent de ce film lun l'acteur principal livre une interprétation incroyable. Une ode à la beauté au quotidien avec des plans subtiles et un choix de musiques pointu.