Pour son premier passage derrière la caméra, Reda Kateb a l’honnêteté de faire un film de comédiens sur des comédiens, transposition de son expérience d’acteur et hommage rendu à l’association Le Rire médecin qui vient en aide, chaque année, à
des dizaines de milliers d’enfants hospitalisés
. Son approche ressemble, à s’y méprendre, aux derniers films signés Olivier Toledano et Éric Toledano, en particulier à Hors Normes (2019), en témoignent l’investigation d’un milieu socioprofessionnel singulier, la construction d’un récit schématique qui franchit aux moments indiqués les balises du genre, la musique tantôt lénifiante tantôt vectrice d’un compte à rebours artificiel. L’ouverture impose une esthétisation léchée empruntée à The Neon Demon (Nicolas Winding Refn, 2016), que le reste du long métrage tente de retrouver, au contact des enfants et des autres clowns, comme pour panser et penser la cassure originelle. Il n’empêche que Sur un Fil reprend davantage à son compte les codes du cinéma social français qu’il ne les réinvente, n’ose pas se faire clown au sein d’un genre qui, parce qu’il traite de sujets sérieux, apparaît telle une impasse à la créativité et, ici, au rire. Car si ces artistes rendent hilares les patients, ils peinent à nous amuser.