Dans un atelier gigantesque à Barjac ( ses précédents en Allemagne grandissaient au fur et à mesure de sa réputation ) Anselm Kiefer se promène à vélo, pour mettre une dernière touche de plomb en fusion sur une toile énorme , ou bien en cramer une autre. Si Wenders réussit à nous intéresser à cet artiste contemporain, complexe et parfois ambigu, c’est qu’il s’approprie lui-même l’essence de son travail pour délivrer au sein de cette rétrospective filmée, une autre forme du documentaire. Wim Wenders ne se contente pas de rapporter une histoire, des faits, une chronologie, à l’exemple d’un documentaire type, mais bien de le fixer à la hauteur d’une reconstitution artistique. Et resituer un personnage dans sa propre existence. Dès son plus jeune âge, les réminiscences de la seconde guerre mondiale le hantent au point de le suivre encore et toujours dans l’exécution de ses œuvres. Ces avions fracassées, peut-être parmi les plus récentes, où plus éloignée, cette série de photos sur lesquelles Anselm Kiefer fait chaque fois le salut nazi. Iconoclaste affirmé, on le dit alors provocateur. Ce qu’il réfute… AVIS BONUS Conversation entre Wim Wenders et Hans Ulrich Obrist. On apprend encore bien des choses Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Formidable film en stéréo… des images incroyables sur le grand écran… Les formidables travelling de wim wender nous plongent dans l’univers mental de ce grand artiste reconnu dans le monde entier, et qui nous parle de la violence du monde. Nous partons à la découverte d’un l’atelier extraordinaire, immense et véritable cabinet d’alchimiste. Tout est envoûtant dans ce film qui nous fait passer un formidable moment, tout en nous faisant découvrir une plus grandes tragédie de l’histoire à travers le portrait de l’artiste. À voir en stéréo avec les lunettes qu’on vous donne à l’entrée… C’est une expérience visuelle incroyable en trois dimensions.
Reportage intéressant sur un artiste qui interroge les mythes et surtout l’histoire de son pays. C’est impressionnant de voir la taille de son atelier. On y rentre avec des grues!!! L’art contemporain par excellence
Totalement bouleversant…. de visions du monde… de grandeurs qui nous dépassent… de poésie, de questions et de sens et j’en passe. Le réalisateur en écho avec son protagoniste…. en en reste… bouche bée…
Un peu long au début. Le travail de création aurait pu être plus montré mais les images sont très belles et retrouver les œuvres vues dans des expositions fut un grand plaisir. L homme est passionnant.
Dommage que le personnage de Anselm ne soit plus plus illuminé. On connaît son art mais ce film n'apporte peu d'information sur l'artiste. Triste car j'anticipais ce film.
Un portrait épuré mais ambitieux du fameux plasticien allemand dont le gigantisme de ses oeuvres a quelque part à voir la structure de son âme... Bon, alors, Wenders signe un film plutôt soigné, poétique et cérébral mais certains partis pris font un peu remplissage narratif comme de "fictionner" Anselm Kiefer avec des personnages censés l'incarner jeune garçon ou ayant déjà la trentaine... C'était pas utile. A part ça, ce documentaire est forcément contemplatif mais j'aurais aimé que la chronologie de l'artiste soit un peu moins destructurée...
Cette œuvre, entre documentaire et film introspectif, contemplatif, muséal, est un récit constitué en chiasmes, contant par bribes, la vie de l'artiste allemand, Anselm Kiefer. Né dans les soubresauts de fin de guerre, Anselm Kiefer grandit, obsédé par les fantômes du nazisme, que les Allemands, complices passifs ou actifs, tentent de dissimuler dans une chape de plomb, métal récurrent dans l'œuvre de l'artiste. Ainsi, il représente métaphoriquement spoiler: le cancer du cerveau de Heidegger, l'intellectuel silencieux depuis son adhésion à l'idéologie hitlérienne.
Ses tableaux et sculptures monumentaux, aux dimensions hors normes et hors espace, sont gris. Comme un ciel humide. Comme la poussière des souvenirs. Comme les murs des villes déshumanisées. Comme les livres usés. Comme les barbelés. Travaillant dans des ateliers aussi grands que des entrepôts industriels, il ose se remémorer l'horreur de la guerre, entre dédain des uns, dans le déni et encensé par les autres, contemplateurs.
Film documentaire très dense qui demande une attention soutenue si on n'est pas familier de l'oeuvre de Anselm Kiefer et surtout de son poète fétiche (qu'il n'a pas connu je crois de son vivant) : Paul Celan (1920-1970), un poète de la brisure, un poète brisé. En bref c'est un film pour initié(e)s ou pour s'initier nettement moins accessible que le film haut en couleurs sur la chorégraphe Pina Bausch.
J'aime beaucoup Wim Wenders, sa pensée, son type de cinéma qui n'est pas fait en premier lieu pour plaire mais plus comme une œuvre d'art. Ce film m'a changé du cinéma de divertissement qu'on a l'habitude de voir mais ça ne fait pas de loin de lui un de mes films préférés. Ce qui m'a principalement déçu c’est comment le rythme est géré c’est pourquoi le film m'a paru très long. Je ne recommanderais pas ce film malheureusement parce que en plus du sujet, les plans n'avaient rien d'incroyable . Peut-être au début dans le jardin à Barjac avec les robes c’est le seul moment où la 3D était utile mais pas nécessaire, le reste du temps je n'ai pas compris l'usage de la 3D. Pour finir j'aimerais rectifier quelque chose : est-ce un documentaire ? Parce que Wim Wenders a dit dans sa masterclass au forum des images que pour lui un documentaire n'était pas préparé, n'avait pas de mise en scène. A moins que sa vision ait changée quel est le genre du film ?
Documentaire sur le plus Wenders-ien des plasticiens allemands ou sujet très casse-gueule consistant à construire une narration (en 3D) autour du travail d'un artiste dont le propos frôle justement souvent avec le narratif. Après Pina, Anselm Kiefer rentre très logiquement dans le panthéon de Wim Wenders, dernier réalisateur allemand en quête de réflexion sur l'histoire de l'immédiate après-guerre de son pays, initiée dans les Ailes du Désir. On en retrouve ici, quelques éléments comme ces voix off superposées, murmures à peine perceptibles et ce gout des travellings spacieux. "Anselm" est un objet très réussi, même lorsque le surlignage pointe à l'horizon (utilisation un chouille lourdingue du personnage de l'enfant en "jeune Anselm"). Seul vrai bémol: alors que Wenders nous avait habitué à un choix très judicieux et élégant de la musique de ses films, on baigne ici dans un jus très commun et quasi hollywoodien ajoutant un peu de cholestérol à un propos déjà chargé en matière.
« Anselm », ou « Comment un artiste en fait découvrir un autre » …. Avec ce film, auquel le sous-titre « Le bruit du temps » confère d’emblée une dimension historique et métaphysique, Wenders livre un documentaire original et personnel. L’image prime sur le commentaire, faisant découvrir le formidable travail du plasticien et pénétrer son œuvre. La contextualisation (le douloureux poids du passé de l’Allemagne) est traitée avec à la fois puissance et retenue. L’intelligence du montage et la qualité des plans génère un intérêt permanent. Ce grand film qui illustre la place possible de la créativité dans le documentaire se clôt sur une communion entre les deux artistes, avec la statue de Anselm Kiefer évoquant l’un des chefs-d’œuvre de Wim Wenders…