Premier volet d'une trilogie annoncée, Séjour dans les monts Fuchun a révélé un jeune cinéaste chinois,Gu Xiaogang, tout juste 30 ans, aux yeux du monde entier. Avec forcément le désir farouche de découvrir le deuxième long-métrage du susdit, qui ne pouvait décevoir après un tel début. Malheureusement si, et dans les grandes largeurs, avec la suspicion que Gu a voulu élargir son public en s'essayant à un mélange audacieux de différents styles : contemplatif et réaliste, pour schématiser. L'ode à la nature donne de très belles images, la relation mère/fils ne manque pas de piquant mais que dire de cette intrigue centrale décrivant les dérives du capitalisme, spoiler: via une entreprise pernicieuse basée sur un système pyramidal et fonctionnant comme une véritable secte . Tout cet aspect est développé avec lourdeur dans un climat hystérique à peine supportable qui rend paradoxalement les passages supposés poétiques presque mièvres, sans qu'il y ait une quelconque profondeur dans la progression du récit et la caractérisation des personnages. Gu Xiaogang s'est tellement perdu qu'il est obligé de conclure son film par des scènes oniriques qui laissent pantois, mais pas d'admiration.