‘Les Femmes au balcon” est une dénonciation pure et simple de la violence faite au femme par le genre masculin ; n’en déplaisent à certains, le long-métrage est radical et efficace. Il a autant d’impact que par exemple “Irréversible” de Gaspar Noé, la violence en moins, mais la maitrise du sujet (et du cadre) en plus, ‘Les Femmes au balcon” se rattrape par le propos et son exubérance. L’égo de l’homme est touché de plein fouet, l’émancipation de la femme en plein cœur, des seins en exhibition, symbole de féminité pour exprimer un souhait de liberté, là ou nous voyons parfois un simple objet de désir. Des moments gênants, décalés, mais d’autres instants très artistiques, hors du temps. Le tout formant ‘Les Femmes au balcon” véritable essai de Noémie Merlant qui se donne corps et âme pour son personnage et son film.
Côté narration, c’est audacieux : l’écrivaine Nicole (Sanda Codreanu) qui
voit les fantômes d’hommes morts, des anciens violeurs ou agresseurs, qui se font passer à leur tour pour des victimes, l‘étrange scène de prise de cannabis
, je trouve qu’il y a beaucoup de justesse dans la manière de raconter, d’aborder le sujet des genres, du viol, à tout les niveaux :
même celui du couple avec Paul (Christophe Montenez) et Elise (Noémie Merlant), l’avortement et les beaux diplômes du gynécologue.
C’est un long-métrage aussi poétique qu’étrange. Le gore/trash n’était pas une nécessité, il ajoute un côté comique, alors que certains propos et sujets sociétaux sont vraiment plus profonds.
La photographie et les plans sont très sympathiques, ils savent retranscrire la gêne, le dégout, le désir et l’oppression. Un long-métrage pour nous sortir de nos habitudes, de notre vision arrêtée des genres, de l’extraversion, pour nous déranger et revoir nos standards quant au culte du corps féminins. Libérer les tétons et surtout tous les amalgames qui tournent autour. Jolie frappe.