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Christelle Eyenga
4 critiques
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3,5
Publiée le 5 avril 2025
GOOD BYE JULIA : Adieu aux armes.
Dans un contexte marqué par des conflits violents, des tensions sociales et religieuses au Soudan entre 2005 et 2010, Mohamed Kodorfani met au centre de son récit deux femmes issues de milieux religieux et culturels différents qui se lient d’amitié. Mona, musulmane aisée du Nord, veut atténuer sa culpabilité en nouant des liens avec Julia, jeune mère démunie et chrétienne du Sud ; une relation sur laquelle plane un secret mais qui évolue pour devenir une amitié sincère et profonde.
Au-delà d'explorer avec une grande sensibilité des thèmes tels que la culpabilité, la rédemption, Mohamed Kodorfani à travers ce premier long métrage, (2h 5min), dépeint les complexités des dynamiques de son pays. Son habileté à tisser des histoires personnelles et intimes avec des enjeux politiques et sociaux, à construire des dialogues imprégnés de nuances qui montrent la profondeur des conflits internes et externes des personnages revêt au film un caractère poignant. " Good bye Julia" est un film qui malgré les antagonismes et tensions présentés, interpelle sur le vivre ensemble, les valeurs de paix et de coexistence.
Ce qui nous réunit fait notre force et ce qui nous divise, fait notre faiblesse.
Premier film du réalisateur soudanais Mohamed Kordofani, à suivre... Présenté en sélection Un Certain Regard lors du Festival de Cannes 2023 (Prix de la Liberté) et au festival VISIONS D'AFRIQUE 2023... L'histoire suit Mona, une chanteuse à la retraite du nord du Soudan culpabilisée pour couvert un homicide accueille chez elle la veuve du défunt, Julia, et son fils, Daniel. Émotion, valeur historique, jeux des acteurs... toiut est là
Je me méfie plutôt de ce genre de films venant de certains pays, qui sont souvent encensés par la critique et qui au final, la plupart du temps sont d’un ennui mortel. Mais ce n’est pas le cas ici, et les bonnes critiques sont pleinement justifiées. L’histoire de l’amitié improbable de ces 2 femmes, suite a un drame, est prenante du début a la fin, et a travers ce récit, l’opposition entre le nord (majoritairement arabe et musulman) et le sud (majoritairement noir et chrétien) du soudan, est particulièrement instructive et interessante. Un bon film !
Sublime œuvre à la mise en scène belle et soignée, aux actrices remarquables, au contexte captivant et au récit passionnant, intelligent et subtil. L'ensemble est excellent.
Film excellent et trop peu distribué en France, quel dommage ! Très bon casting pour un film réaliste sur la situation du Soudan avant la séparation du pays en deux états et qui dépeint parfaitement la complexité de ce pays !
Dans un pays ou on fait plus souvent la guerre que l'on produit de films, il reste quelques illuminés pour tenter de raconter de belles histoires, touchantes, bien ficelées, dramatiques basés sur des portraits de femmes et d'hommes pas manichéens et le tout justement sur fond historique justement de conflits ethniques et religieux. Ainsi nous avons apprécié l'excellent GOODBYE JULIA, un premier film du soudanais Gordofani. Répéré à Cannes l'an passé, sa sortie discrète dans les salles n'a rassemblé que 23.000 spectateurs. Quel dommage, car ce long métrage n'a pas à rougir devant beaucoup de nos productions européennes. spoiler: Un accident furtif, une seconde d'inattention, et la mécanisme de la fatalité s'enclenche. Mona est restée avec son mari Akram en promettant de ni chanter ni mentir…. La jeune et belle Julia attend comme Pénélope son mari disparu. Entre les deux femmes, toute la distance de l'argent, de l'ethnie, et les fantômes de l'esclavage. Au milieu le jeune garçon tente de se reconstruire, et le nouveau papa, d'abord réticent, lui enseigne son métier d'ébéniste. Goodbye Julia est un film social et un drame pour le même prix, dans une habile complémentarité, un bel équilibre de montage et une photographie délicate, avec beaucoup d'intérieurs (Pierre de Villiers). PS Cela me rappelle un autre premier film soudanais, découvert pendant le premier confinement 2021, TALKING ABOUT TREES. Comment rouvrir un cinéma à Khartoum dans un pays où tous les cinémas ont fermé depuis 1989.... CINEMA CARAVANE D'AFRIQUE - avril 2024
Pendant les conflits sudistes-nordistes au Soudan, une femme renverse accidentellement un enfant. Son mari va tuer le père qui la poursuit. Pour « payer le prix du sang », elle va avoir à coeur de s’occuper de la veuve et de son fils… Esthétiquement le film est porté par de magnifiques cadrages et lumières. Toute la mise en scène respire la maîtrise et le casting est mis en valeur, enserré pourtant dans un 4/3 qui les oppresse comme il les sublime. La condition de la femme musulmane, les religions islam-catholicisme, la politique, la famille, tout est abordé dans un condensé de 2h qui aurait pu quand même profiter de quelques raccourcis.
On est sous tension tout le long du film, à la fois esthétique et pudique, en attendant la révélation d'un secret pourtant déjà connu de celle à qui on croit le cacher... En outre, tableau réussi de la société soudanaise peu avant l'indépendance du Soudan du Sud, qui met en lumière le racisme systémique d'une société en souffrance.
Ce film est construit comme un thriller dramatique avec en toile de fond les problèmes du Soudan, le nord (musulman), le sud (catholique), les riches contre les pauvres, le racisme ordinaire. Le maître mot de ce film est le mensonge, chacun cache sa vérité et tente d'exploiter les faiblesses de l'autre. Les actrices font preuve d'une grande sensibilité par leur attitude à l'image d'une tragédie grecque.
C'est un beau film, très bien joué (les deux actrices principales sont absolument épatantes). Et ça fait découvrir un pays dont on ne parle jamais. Un tout petit peu long, mais réussi.
J’ai beaucoup aimé ce film et ses multiples dimensions : histoire du Soudan, montée de la violence, s relations hommes-femmes, dureté de la société, vérité et mensonge. En plus, le scenario nous tient. C’est du grand art. Je recommande ce film sans réserve, pour sa construction comme pour sa contribution à notre réflexion collective. Emmanuel S:
Très belle histoire dans l'Histoire tragique du Soudan . Ces deux femmes si différentes, mais aussi si semblables. Et ce racisme latent à chaque coin de rue , c'est assez effrayant.
Coup de maître de Mohamed Kortofani et c'est son premier film ! Comment deux femmes subissent mais réalisent aussi leur destin en s'aidant. Aucun manichéisme dans les personnages au contraire complexes et se débattant sous le poids de l'Histoire ancienne et contemporaine et des dures "traditions". Servis par de très bons acteurs et un scénario hors pair, ils sont d'une intense humanité et universalité. À cela s'ajoute une maîtrise parfaite de la caméra sans fioritures si souvent inutiles et pesantes dans nombre de films aujourd'hui. Du grand et beau cinéma social, politique et intime qui touche au plus profond de l'âme.
Il y a dans ce film très bien fait tous les niveaux de tragédie soudanaise : - la condition de la femme, détestable, entre soumission au machisme ou servitude racisée ; - le racisme systémique d'une société divisée entre arabo-musulmans profondément racistes, arrogants et corrompus, et africains christianisés, tenus au bas de l'échelle sociale et divisés entre eux ; - un régime prédateur et violent, celui d'El Beshir, en lutte contre les rébellions du Sud, du Darfour, du Nil bleu... dont l'effondrement engendrera une guerre civile au Nord dont les médias ignorent la dureté, et des affrontements interethniques épouvantables au Sud Soudan. Pourtant une amitié improbable mais belle à voir naît entre deux femmes que tout oppose, l'une Arabe, l'autre Africaine., l'une et l'autre campées par deux belles et touchantes actrices. Une amitié qui ne tiendra pas face à la dictature du réel, du racisme, d'un millénaire d'esclavage perpétué contre les populations noires. Un film intime et politique tout à la fois, un peu lent, au scénario très bien mené, qui a retenu à juste titre l'attention du Festival de Cannes. On est très loin des préjugés féministe, wokistes, décoloniaux des militants occidentaux incultes. On est dans la nudité crue et terrible de la vérité.