Jeunesse (Le Printemps)
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norman06

425 abonnés 1 820 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 mai 2023
Une proposition de cinéma documentaire radicale et audacieuse dans son dispositif, tout autant qu'un témoignage instructif sur les conditions de travail des jeunes ouvriers chinois embauchés dans le cadre du dumping social.
Christoblog

920 abonnés 1 798 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 janvier 2024
Avant d'aller voir ce film, il faut connaître la méthode Wang Bing : poser sa caméra dans un milieu déterminé, filmer sans discontinuer pendant des mois, puis monter ensuite un film de plusieurs heures à partir de centaines d'heures de rush.

Ici, le milieu observé est celui d'usines textiles à Zhili, où travaillent de jeunes provinciaux. On les voit donc travailler à une vitesse incroyable, vivre des histoires d'amour, dormir sur place dans des conditions difficiles, appeler leur famille, vivre enfin.

L'effet de réalité, ici amplifié par la répétition de certains cycles (travailler, écouter de la musique, dormir) et par l'aspect robotique de la tâche effectuée, est sidérant, comme toujours chez Wang Bing. Le film est découpé de telle façon qu'on suit alternativement différentes personnalités, mais c'est évidemment le tableau social d'ensemble qui intéresse le réalisateur chinois : les péripéties individuelles (l'engueulade brusque, la menace de grève, l'avortement) importent bien moins que la description d'un monde qui semble hors du temps.

Le sujet est ici moins impressionnant que d'autres déjà traités par Wang Bing (la fermeture d'un immense complexe industriel, la mort, la folie, l'isolement des enfants). C'est peut-être ce qui rend Jeunesse (le printemps) un peu moins passionnant que des chefs d'oeuvre comme A la folie ou A l'ouest des rails, mais le film procure tout de même une gamme de sensations qu'aucun autre type de film ne peut procurer.
Epistemon
Epistemon

35 abonnés 44 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 25 mai 2023
Le film se déroule dans les ateliers de confection textile de la ville de Zhili, à 150 kilomètres de Shanghaï. Chaque année, des jeunes travailleurs d’une vingtaine d'années quittent leurs villages parfois éloignés. Ils travaillent sans relâche dans l'espoir de fonder un foyer et de posséder une maison. Ils dorment à l'étage, dans des dortoirs. Amitiés et amours se nouent et se dénouent au fil des saisons. La dispersion géographique, l'instabilité financière et les pressions économiques et familiales ravagent leur innocence et leur jeunesse.
La belle idée du réalisateur réside dans l’alternance entre cette violence des conditions de travail dans les ateliers, forme d’esclavagisme des temps modernes, d’une part et d’autre part les petites et grandes histoires d’amour, l’énergie, la joie de vivre de ces jeunes à peine sortis de l’adolescence.
Sans jouer à la Zola ou à la Dickens, Wang Bing porte un regard lucide sur les lieux et les travailleurs. Il décortique les mécanismes de l’exploitation d’une main d’œuvre en surnombre dont les timides et modestes revendications sont balayées d’un revers par des patrons qui peuvent remplacer les éventuels récalcitrants d’un claquement de doigts. La description de ce stakhanovisme du 21ème siècle incite à s’interroger.
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 849 abonnés 8 167 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 avril 2025
Zhili, cité-dortoir située à 150 km de Shanghai, dans cette cité entièrement dévouée au textile (c’est une véritable jungle d’ateliers, on en dénombre pas moins de 20 000), les jeunes affluent de toutes les régions rurales. Ils ont la vingtaine, partagent les dortoirs, mangent dans les coursives et s’échinent pendant de longs mois dans des ateliers vétustes, afin d’économiser de l’argent pour pouvoir fonder une famille ou s’acheter une maison.

Après son film fleuve de 9h sur l’industrie chinoise à l’agonie (À l'ouest des rails - 2004), le réalisateur Wang Bing s’est intéressé à la jeunesse chinoise d’aujourd’hui en allant à leur rencontre. Un tournage au long cours, étendu de 2014 à 2019, pendant lesquelles il a cumulé 2600 heures de rush, ce qui explique pourquoi il en fait une trilogie (Le Printemps : 春, Les Tourments : 苦 & Retour au pays : 归).

Pendant un peu plus de 3h30, il nous fait découvrir de l’intérieur, l’envers du décors de ces innombrables ateliers de textile. Des jeunes, âgés entre 16 et 30 ans, y travaillent de 8h à 23h (avec deux pauses d’une heure), sont rémunérés à la pièce et payés tous les six mois (ce qui explique pour quelle raison on les voit repartir avec des quantités impressionnantes de liasses de billets). C’est cette main d’oeuvre bon marché (et exploitée) qui permet à l’Empire du Milieu de dominer le secteur du textile à travers le monde.

Cette immersion au coeur de ces fourmilières nous permet d’en apprendre davantage sur le mode de fonctionnement et le train-train quotidien de ces jeunes adultes. Gestes répétitifs, voire millimétrés et négociations complexes avec les patrons des ateliers (chaque mission nécessite de négocier son salaire, chaque atelier ayant sa propre rémunération). Au sein de ces ateliers, la mixité permet de créer des liens, voire même des couples pour certains. Mais malgré leurs sourires de façade, on devine néanmoins chez certains, une certaine souffrance, une solitude, voire même une misère sexuelle (la lourdeur de certains garçons face aux filles). Ils sont livrés à eux même, loin de leurs familles.

Nul doute que l’exploitation à outrance (l’aliénation à la tâche) de la jeunesse chinoise aura des répercussions…

● http://bit.ly/CinephileNostalGeek ● http://twitter.com/B_Renger ●
Yves G.

1 845 abonnés 4 014 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 13 janvier 2024
Il faut attendre trois heures et trente-cinq minutes pour qu’un carton final nous renseigne : l’action de Jeunesse se déroule à Zhili, une cité-dortoir à une centaine de kilomètres de Shangaï, dans le delta du Yangtze qui s’est spécialisée dans la confection textile pour enfants. Les employés qui y travaillent par milliers sont des jeunes hommes et des jeunes femmes originaires des provinces pauvres de la Chine de l’intérieur.

Wang Bing est un documentariste chinois. Ses œuvres sont d’une envergure monumentale. Je l’ai déjà évoqué dans les critiques précédentes que j’en ai faites : "À l’Ouest des rails", une enquête ethnographique chez les ouvriers d’un complexe sidérurgique de Mandchourie en cours de démantèlement, durait 9h11 (sic). Un autre documentaire de Wang Bing, "À la folie", tourné dans un asile psychiatrique, durait 3h47. En 2017 Wang Bing avait déjà planté sa caméra à Zhili pour filmer "Argent Amer" qui durait 2h36 seulement. J’écrivais fort doctement – et pourrais le réécrire sans y changer un mot : « La durée interminable des documentaires de Wang Bing n’est pas anodine. Si ses films durent si longtemps c’est parce que leur réalisateur veut rendre physiquement tangible chez le spectateur l’immersion physique dans son univers ».

Il faut donc prendre son élan – et ne pas oublier un détour par les toilettes – avant de se lancer dans un film de Wang Bing. "Jeunesse", je l’ai dit, dure 3h35. Encore est-ce le premier volet d’un triptyque dont la durée totale annoncée excèdera les neuf heures.

Qu’y voit-on ? Des jeunes gens, d’une vingtaine d’années, qui travaillent dans des ateliers de confection. Il s’agit de micro-entreprises familiales. Le patron au rez-de-chaussée réceptionne le tissu et opère une première coupe. Une dizaine d’employés à l’étage assurent la couture. Ils sont logés dans des dortoirs dans les étages supérieures. La caméra les y filme dans leur quotidien.
On pourrait imaginer se retrouver chez Dickens, dans une industrie déshumanisée, avec des cadences d’enfer, des contremaîtres sadiques, des conditions de vie misérables. Ce n’est pas le cas. Il règne dans ces petites communautés bruyantes une ambiance joyeuse. Qu’on ne se méprenne pas : pas d’ambiance "Freude durch Arbeit" dans les ateliers chinois comme dans les camps de concentration nazis de sinistre mémoire, mais plus naturellement la conséquence naturelle de la cohabitation gentiment bordélique d’une dizaine de garçons et de filles d’une vingtaine d’années réunis par le hasard du recrutement et par une joyeuse confraternité.

Ce qui m’a frappé est la relation très fluide que garçons et filles entretiennent. Ils coexistent dans une mixité sans tension, sans domination patriarcale, sans enjeu. Des couples se forment – on n’évoque en revanche guère ceux qui se défont – caressent le projet de se marier et d’avoir des enfants, malgré les obstacles qui se dressent devant eux.

Jeunesse est constitué d’une dizaine de séquences d’une vingtaine de minutes chacune. Elles se déroulent dans l’un des ateliers où Wang Bing a été autorisé à tourner – on se demande avec quelle inconscience leurs patrons ont donné leur accord pour un résultat qui n’est guère à leur avantage et on se dit aussi que la censure chinoise est décidément bien laxiste pour laisser projeter de tels témoignages qui ne sont guère à l’honneur de l’Empire du milieu. Leur défaut est d’être bien répétitives. À chaque fois, c’est le même décor qu’on retrouve, les mêmes personnages et les mêmes enjeux minuscules. L’un des rares éléments de tension scénaristique est la négociation des salaires qui se déroule dans une étonnante informalité, autour du patron et d’une calculatrice.

"Jeunesse" aurait été passionnant s’il avait duré une heure trente. Mais je ne comprends pas l’intérêt d’en étirer le propos pendant plus de trois heures. Et a fortiori pendant neuf heures pour ceux qui, comme moi, auront le masochisme d’aller voir les deux volets suivants.
Arthur Brondy
Arthur Brondy

300 abonnés 1 436 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 mars 2024
Wang Bing nous livre dans Jeunesse une immersion au cœur des ateliers de couture de Zhili, ville située à 150 kilomètres de Shanghai. On y découvre la précarité, et l’insalubrité dans laquelle vivent et travaillent de jeunes chinois, loins de chez eux. Chaque année, ils tentent de renégocier les tarifs de leurs tâches afin de revoir leurs salaires à la hausse. Un documentaire passionnant de sincérité mais assommant par sa durée de 3H35…
Clntra
Clntra

40 abonnés 270 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 janvier 2024
Ce film démontre l'importance du documentaire. Ici nous est soumis pendant plus de 3h la routine de la vie d'ouvriers chinois travaillant dans la confection de vêtements. Pas de drames, rien que la vie quotidienne, le travail horriblement ennuyeux et les moments de repos dans des locaux insalubres. Un certain fatalisme qui peut sans doute très vite se transformer en révolte. Film qui en dit plus sur la Chine que bien des théses soutenues par des intellectuels verbeux.
Simon Bernard
Simon Bernard

205 abonnés 689 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 7 janvier 2024
De nombreux jeunes adultes issus de familles précaires de la région d'Anhui en Chine travaillent dans les ateliers textiles de la ville de Zhilin. Payés à la pièce, ils partagent tous les moments du quotidien ensemble : à la fois en atelier et dans les dortoirs. Immersion auprès d'une quinzaine de ces travailleurs qui sont à l'origine des vêtements exportés dans le monde entier. En salle le 3 janvier.

spoiler: "Jeunesse (le printemps)" s'intéresse à un sujet plutôt intéressant de base : la vie des jeunes travailleurs des ateliers textiles de Zhilin. Formant une vraie petite société avec ses enjeux et ses relations sociales, j'ai trouvé l'immersion attrayante et j'ai apprécié suivre le quotidien de certains jeunes. Malheureusement, le film est interminable avec ses 3h35 affichées qui ne sont pas justifiées, il aurait été facile de se concentrer sur moins de situations et éviter de dépasser le cadre temporel classique des plus ou moins 2 heures. De la même manière, on assiste à des répétitions marquées dans les scènes brutes.
Alex Motamots
Alex Motamots

10 abonnés 386 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 avril 2024
Ce film propose une vraie immersion dans l'univers de la fabrication de vêtements à la chaine.
J'ai été étonné de la petite taille des ateliers : 7 ou 10 employés, mais il y en a vraiment beaucoup.
Le documentaire peine à donner une image avec les plans sur une rue de bâtiments.
J'ai été surprise par le manque de confort : les employés sont assis sur des bancs, utilisent de vieilles machines, les bruits, les cadences, le salaire à la pièce.
J’aurais bien aimé savoir ce qu’ils cousent : quels vêtements. Mais peut-être qu’eux même ne savent pas.
Beaucoup de bagarres d’atelier : les gens sont à cran, à peine sortis de l'adolescence.
Une immersion qui a toutefois finie par m'ennuyer.
nicolas t.
nicolas t.

1 abonné 12 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 janvier 2024
jeunesse (le printemps) vu hier soir avec une présentation de Wang Bing en début de séance.
Film monde, depuis les cités ouvrières et sur-mesure d’une ville usine dédiée à la confection de vêtements pour enfants. Les jours et les heures se mesurent au nombre de ballots de robes, pantalons, anorak, cousus à une fréquence infernale, le métronome de ce cinéma est le moteur des machines à coudre lancées à folle allure. La force de travail et la force du film est cette jeunesse souveraine au milieu de cette machine à broyer. Leurs amours naissants, jeux de séduction, ponctués par les changements de bobines de fils. Leurs rires, leur belle folie pour échapper à la dureté du quotidien, leurs amours contrariés, leurs amitiés, leur solidarité et les tâtonnements dans leurs négociations collectives, tout cela en fait un film d’une puissante humanité loin de tout misérabilisme.
La fiction jamais ne pourrait atteindre à une telle complexité et un tel miracle. Vive Wang Bing! Qui rejoint ici Les temps modernes de Chaplin. À voir absolument.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 1 avril 2025
Le quotidien sinistre, que ces jeunes artisans parviennent à éclaircir avec joie et bonne humeur.
Évoluant dans de véritables déchetteries, dans des conditions pitoyables où la négociation relève de l'impossible.

Maintenant, je n'ai pas adhérer à la manière de faire du documentaire qui fait pourtant énormément sens. C'est totalement personnel.

Wang Bing fait le choix fort de s'attarder très peu sur chaque individu, faisant écho à ce système de remplacement et appuyé le fait que chacun soit un numéro pour son patron.

Très intéressant pour voir les différences de conditions, salaires ou ambiance mais perd en identité et humanité (encore une fois, j'ai compris que c'était le but), ce qui enlève un impact essentiel à mon sens.
Marianne Bacque
Marianne Bacque

17 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 janvier 2024
Un documentaire enrichissant et à fleur d'humanité . Je pense que sa longueur est un choix de l'auteur pour nous enfoncer dans la routine et le huis clos dans lequel vivent ces jeunes gens. C'est réussi , néanmoins j'aurais attendu qu'il fasse le choix de nous présenter des situations diverses alors qu'il opte pour le répétitif .
Helene Tourbine
Helene Tourbine

25 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 janvier 2026
Aller voir un film de Wang Bing, c’est comme se lancer dans une randonnée. On peut se dire « ouh là, ça va être long », mais chemin faisant l’hypnose s’installe et on en sort rincé·e mais heureux·se du chemin parcouru, la tête pleine d’images a priori anodines qui infusent lentement pour former le souvenir d’une expérience hors norme.
Aussi Jeunesse, premier volet d’une trilogie de ce réalisateur (découvert en 2002 avec l’impressionnant A l’ouest des rails), n’est pas un film de plus de 3h30 sur des forçats de la confection à Zhili, une mégapole spécialisée dans la production textile à l’ouest de Shanghai (300 000 travailleurs y convergent de toute la Chine !) mais un portrait de la jeunesse laborieuse confrontée au poids des conventions sociales (sur l’avortement, le mariage), aux conditions de travail ahurissantes (les cadences sont telles qu’on croit par moment que le film passe en accéléré), aux salaires de misère âprement négociés avec des patrons méprisants et insultants, à la violence qui s'invite à l'atelier sans préavis

Mais le quotidien de ces jeunes gens au comportement de grands ados et pourtant -pour certains- déjà parents, ce sont aussi les flirts le plus souvent sans suite, les loisirs qui semblent plus mornes encore que les longues heures de travail, l’omniprésence de la cigarette, la vie en communauté dans des appartements qui ressemblent à des squats juste au-dessus des ateliers, des espaces publics servant de dépotoirs.
Rien de bien réjouissant donc, mais la posture immersive de Wang Bing, sans explication ni jugement, laisse chacun se confronter à ce qu’il voit, à le relier à nos vies et modes de consommation, et à en tirer ses conclusions.
Avec Jia Zhangke (ils ont d’ailleurs le même âge), Wang Bing est un portraitiste exceptionnel de ses contemporains.
Lou
Lou

3 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 janvier 2024
Un documentaire avec la vrai vertu. Ce qu'on voit d'ici, c'est le visage des gens dans la vie collective. En outre, la traduction est très mauvaise.
Marine Locquet
Marine Locquet

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1,0
Publiée le 8 janvier 2024
Je n'ai pas réussi à le regarder jusqu'au bout, mais au bout de 2h, toujours pas d'action, et toujours la même chose en boucle. Même pour un documentaire, ce serait intéressant de montrer différents moments de la vie de ces gens... de plus c'est pas très bien filmé, la caméra bouge tout le temps, les prises de vues sont moches... dommage y aurait matière pourtant...
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