Chroniques de Téhéran
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inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 231 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 mars 2024
Le jour se lève sur Téhéran..et les ennuis commencent pour neuf de ses habitant(e)s ordinaires.
Les réalisateurs Ali Asgari et Alireza Khatami mettent en place un dispositif très simple: une caméra fixe sur chacun de leurs personnages et, pour chaque scène, un interlocuteur qu'on ne voit pas. Ce sont neuf courtes histoires de durée égale, sûrement anecdotiques, quotidiennes, pour l'iranien commun mais éloquentes pour le spectateur occidental.
Sans virulence ni pathos (on sourit même parfois aux arguties administratives), les cinéastes filment des femmes, des hommes (et une gamine, dans le sujet, imagé, qui m'a le plus touché) confrontés aux blocages de la société iranienne. C'est à peine s'ils perdent leur calme -mais on devine bien qu'il n'ont pas la liberté de se rebeller- face à un despotisme qui élève à peine la voix mais qui les contraint et les humilient: fonctionnaires procéduriers ou zélés, patron harceleur, gardiens de l'orthodoxie et des principes religieux...Chaque sujet évoque une tare de la société iranienne, parfois son hypocrisie et, in fine, invoque les libertés sous contrôle.
C'est un film qui fait méditer sur nos propres libertés...enfin peut-être pas ceux qui voient dans notre pays une dictature...
Jean-Pierre Jumez
Jean-Pierre Jumez

116 abonnés 222 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 mars 2024
Le maximum avec le minimum !

L’auscultation des absurdités du régime iranien en quelques subtiles interviews.

Et la question se pose de comprendre comment le régime a autorisé un film directement contestataire ? Car tout y passe : le harcèlement, les accoutrements féminins, les procédures et même… la censure !

Même si dans les rues de Téhéran aujourd’hui une jeune fille sur deux arbore une chevelure débridée, et même si ce film a déjoué la censure, il serait interessant de savoir s’il a été projeté en Iran.
Pierre Kuzor
Pierre Kuzor

176 abonnés 567 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 mars 2024
A vu le film iranien « Chroniques de Téhéran » d’Ali Asgari et Alireza Khatami.
Le film s’ouvre sur un long plan où l’on voit la ville de Téhéran sortir de la nuit, la ville s’éveille à l’accéléré.
9 scènettes et un seul dispositif cinématographique mais imparable. Plan séquence, caméra fixe, seul le personnage principal est dans le cadre. Humiliations, pressions psychologiques, harcèlement sexuel, questionnements intrusifs, censure culturelle. Tous les personnages vivent sous la pression et avec l’oppression au quotidien. Une petite fille qui a un Sweat « Mickey Mouse » à qui on demande de mettre un voile et qu’on oblige à se regarder dans le miroir, une vieille femme à qui l’on a confisqué son chien (animal impur), une collégienne qui s’est teint les cheveux, un homme qui est tatoué, un metteur en scène à qui l’on demande de faire des coupes drastiques dans son scénario... tous sont brimés par un Etat totalitaire dont toutes les lois ne sont là que pour museler sa population.
Les personnages sont résiliants et ne sortent pas du cadre.
Chaque histoire s’ouvre sur un écran noir où s’affiche le prénom de celle où celui qui va subir un enchainement de brimades cérébrales. Au fur et à mesure des différentes scènes une tension s’installe qui devient de plus en plus étouffante.
La forme cinématographique est diaboliquement efficace.
La distribution est excellente et les 9 comédiens qui jouent face caméra ont tous une puissance de jeu uniquement avec leur regard, puisque la plupart du temps ils sont assis.
Aucune musique, aucune fioriture.
Le dernier plan métaphorique fait miroir à la scène d’ouverture.
Le générique de fin défile au son d’une musique métale tonitruante qui permettrai de couvrir les cris de révolte et d’injustice que les personnages et les spectateurs pourraient pousser devant tant d’injustice et d’absurdité.
Un film admirable.
milou
milou

6 abonnés 32 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 mars 2024
film implacable et tragique, qui devrait etre diffusé dans toutes les ecoles publiques de France pour leurs apprendre ce que l'on appelle une dictature....
FaRem

10 571 abonnés 11 456 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 juillet 2024
Après avoir réalisé de nombreux courts-métrages en solo ainsi qu'un long-métrage chacun, Ali Asgari et Alireza Khatami s'associent pour mettre en scène des gens ordinaires confrontés à des personnes avec un certain pouvoir de différents milieux. Neuf vignettes qui font un constat absolument terrible d'une gestion liberticide et totalement intrusive. Interdiction de donner un prénom occidental, de s'habiller comme ils veulent, de faire ce qu'ils veulent avec qui ils veulent, etc. Il y a des donneurs de leçons, des procédures administratives qui se transforment en interrogatoire, du harcèlement moral, de l'abus de pouvoir, etc. On ne voit jamais les interlocuteurs, mais on sent leur pouvoir et surtout leur emprise sur la personne qu'ils ont en face d'eux. Certains sont des employés de l'état, mais pas tous, ce qui rend leur façon de faire encore plus perturbante. Une satire simple et efficace qui est à la fois amusante et dérangeante. En tout cas, une œuvre qui a tout d'une plongée en enfer...
Alice025

1 887 abonnés 1 499 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 mars 2024
Un film aux allures de documentaire très intéressant et à la fois horrifiant sur une panoplie de citoyens iraniens face à des scènes du quotidien. Que ce soit pour un entretien d'embauche, des documents administratifs ou lié au milieu scolaire, chaque situation va nous sembler complètement absurde face au système iranien que le film dénonce par la même occasion. Une critique sociale nécessaire.

http://cinephile-critique.over-blog.com
islander29

1 028 abonnés 2 662 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 mai 2024
Un film glaçant, percutant sur la société iranienne....Le procédé est simple, en plan américain, on laisse dialoguer avec des interlocuteurs que l'on ne verra jamais, une personne donc qui immanquablement va être censurée...C'est diablement efficace et l'on réalise à quel point il faut défendre notre culture occidentale, face aux islamistes....Le religieux devient dictature. C'est pire que Big Brother, l'islam en Iran.... spoiler: .Un homme tatoué doit se mettre à poil pour avoir son permis, un demandeur d'emploi doit prouver qu'il sait faire des ablutions.. Une jeune femme se fait courtiser ( je suis très gentil) pour obtenir un emploi
. Pauvres iraniens, on les empêche de respirer.....La religion est partout et c'est une catastrophe nationale si on comprend ce film, dont je me demande comment il a été autorisé...Le réalisateur devra fuir l'Iran, à n'en point douter....C'est un film choc, une dizaine d'interviews donc d'iraniens face à la caméra ( même un réalisateur de cinéma, c'est diablement intelligent, on devine qui). doit se défendre face à celui qui l'interroge, car ce sont véritablement des interrogatoires auxquels on assiste....Diable quel film, je reprend mon souffle, le diable n'est pas là où l'on croit....La preuve avec ce film glaçant donc....Précipitez vous....Défendons nos valeurs, même imparfaites......Sinon ?????
ferdinand75

723 abonnés 4 462 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 avril 2024
Un beau témoignage sur la vie au quotidien à Téhéran, sorte de film à sketchs mais rempli d’onirisme et d’allégorie. A commencer par le plan fixe d’ouverture, de l’aurore sur Téhéran, nous passons de la nuit sombre illuminée par les éclairages nocturnes comme des lucioles, au lever du jour, puis au plein soleil, probablement en accéléré. C’est très symbolique. S’enchaine alors 9 scénettes démontrant l’absurdité du système théocratique des mollahs. L’astuce c’est d’attaquer le régime non pas en frontal, mais sur des situations ubuesques, transgressives, ridicules, qui montre l’administration s’arquebouter sur des principes archaïques. Cela commence par un citoyen lambda qui vient enregistrer le prénom de son garçon et fait face à l’impossibilité d’enregistrer le prénom qu’il veut, David, jugé non islamique, puis une jeune lycéenne piégée pour avoir embrassé son copain, mais qui renverra l’ascenseur à la proviseure du lycée (piégée à son tour) , ou aussi une ville dame qui a perdu son chien chihuahua, regardé et traité avec mépris par le policiers . Beaucoup d’humour, peu courant dans le cinéma iranien , habituellement plus philosophique , plus lent, plus contemplatif. Ici le rythme est soutenu. Très beau plan séquence final, traveling avant qui commence sur un très vieil homme à la peau parcheminée, tel une momie, puis passe au-dessus de lui pour dévoiler, par une large baie vitrée, la ville en pleine effondrement , sorte de cataclysme destructeur. Une belle allégorie sur ce régime des mollahs.
PLR
PLR

556 abonnés 1 770 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 mars 2024
Le cinéma iranien est de celui qui attire toujours le cinéphile. Parce qu’il est rare, encore que pas tant que ça sur nos écrans. Surtout parce que le pays intrigue, interroge, révolte certainement. On sait tous ce qu’il est de ce régime (ou de ce qu’on nous en dit si on veut rester un tant soit peu neutre et non engagé), à mi-chemin entre la théocratie et la mafia titrait récemment à peu-près un titre de la presse française. Donc ça intrigue qu’un film devant passer la censure puisse arriver jusqu’à nous. Les secrets de tournage - ben non, il n’y en a pas ! - c’est plutôt les critiques autorisées, nous révèlent l’astuce. Pour obtenir les autorisations en passant au travers d'un filet aux mailles plus larges ou davantage distendues, le scénario a été présenté comme un court métrage (plusieurs en fait, au nombre de neuf au total). Stratagème qui, ces neuf saynètes mises bout à bout, nous livre donc, brut de décoffrage (et de censure), quelques scènes ordinaires de la vie quotidienne non pas sous l’angle vraiment de la dictature implacable mais dans les relations avec l’administration et tous les embryons de pouvoir d’une société (chez nous aussi !). Rien de très extraordinaire dans ces situations, filmées en huis-clos sous forme de face à face entre le sujet (comment ils disent là-bas ? le Frère, la Sœur) et celui (ou celle) qui a le pouvoir de dire ce qui est bien ou mal et donc autorisé ou pas. Au gré de ces chroniques, on sera bien entendu plongé dans l’exploration d’interdits sociétaux. Avec un contenu subliminal à savoir décoder.
elriad

518 abonnés 2 024 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 juillet 2024
Passé le parti-pris de galerie de portraits en plan fixe avec des dialogues hors-champs, le réalisateur dont la volonté est de mettre en valeur toute l'absurdité du régime autoritaire d'Iran, touche les limites de ses choix artistiques en tournant un peu en rond. Certains modules fonctionnent à merveille et font mouche comme cette petite fille moderne dans un magasin de vêtements glacent le sang. On comprend que le film soit court par sa structure redondante.
Jmartine
Jmartine

202 abonnés 744 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 avril 2024
Abbas Kiarostami, Jafar Panahi, Asghar Farhadi, Negar Azarbayjani, Mohammad Rasoulof, Sepideh Farsi, Ali Soozandeh, … A partir des années 1990, les cinéphiles français ont déroulé le tapis rouge à ces réalisateurs iraniens plus ou moins critiques du pouvoir, dont les œuvres ouvraient une fenêtre sur un pays corseté. Stupéfiant cinéma iranien…des réalisateurs privés de la liberté de circuler et de travailler…Jafar Panahi, condamné à 6 ans de prison et à une interdiction de réaliser des films ou de quitter l’Iran pendant 20 ans…et qui tourne Taxi Téhéran à la barbe des ayatollahs …Ali Soozandeh, qui s’est auto-banni pour continuer à travailler, réalisateur de Téhéran Tabou qui décrit une société iranienne schizophrène où la drogue, le sexe, la corruption et la drogue coexistent avec les interdits religieux…Sepideh Farsi réalisateur du magnifique Red Rose, interdit, tout comme ses comédiens de retour en Iran…et Mohammad Rasoulof réalisateur de ce poignant Un homme intègre … lui aussi a vu son passeport confisqué à son retour à l’aéroport de Téhéran et reste sous la menace de six années de prison…je me flatte d’avoir vu une vingtaine de ces films durant ces dix dernières années. Je ne pouvais donc manquer ces « Chroniques de Téhéran » des réalisateurs Ali Asgari et Alireza Khatami . Cinéaste iranien en exil depuis 2004, Alireza Khatami était revenu à Téhéran début 2022 dans l’espoir d’y réaliser un long métrage. Un projet mort-né après le refus des autorités de lui accorder l’indispensable permis de tournage. Les courts métrages n’étant pas soumis, eux, à autorisation préalable, le quadragénaire a décidé, avec son ami Ali Asgari, d’autofinancer dans l’urgence un autre projet : un film de fiction composé de neuf histoires, neuf plans-séquence, neufs dialogues entre deux acteurs ou actrices, l’un(e) cadré(e) en plan moyen, l’autre hors champ, avec, à chaque fois, des interprètes différents mais tous persuadés de tourner un court métrage autonome – leur cacher la vérité était le seul moyen de leur éviter des ennuis avec la police une fois que le ministère de la Culture et de l’Orientation islamique (sic) aurait découvert le pot aux roses…Un homme venu à l’Etat civil pour déclarer la naissance de son fils, un cinéaste désireux de déposer une énième version de son scénario, une dame âgée cherchant son chien, une jeune femme postulant pour un emploi, une lycéenne dans le bureau de sa proviseure… Des anonymes comme autant de victimes des brimades inquisitrices et des multiples censures de la société iranienne. Et autant d’histoires courtes et cinglantes, amères ou anxieuses, écrites et filmées en plan-séquence et en un cadre unique. A chaque fois, l’incriminé(e) nous prend à témoin avec un regard face caméra, pendant que, tenus hors champ, les représentants d’un Etat liberticide cisèlent leurs coups bas…La forme est aussi forte que le fond, illustrant la peur et l’impasse des tentatives de liberté en Iran. ...Ce film sélectionné dans la section Un Certain Regard est l’un des seuls d’origine iranienne de l’ensemble du cru 2023. Alors qu’à Cannes, à Venise, à Berlin, d’édition en édition, le cinéma iranien a toujours écrit son histoire par le truchement des grands festivals internationaux, la solitude de ce film sur les écrans cannois s’explique par l’écroulement d’une économie à l’arrêt… « Chroniques de Téhéran » réussit l’exploit d’être un des films les plus subversifs dans l’histoire du cinéma iranien malgré (ou à cause de ?) une très grande simplicité dans sa mise en scène…Allez le voir !!!
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 777 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 avril 2024
Les chroniques de Téhéran, ce sont 9 courts métrages en plan fixe mettant en scène un citoyen confronté à l’absurdité des règles édictées par la République des Mollahs. Chaque séquence met face à face un citoyen et un décideur qui est souvent un représentant de l’état Iranien. La caméra ne lâche pas le citoyen victime des règles religieuses en vigueur ; çà pourrait manquer de cinéma un tel dispositif ; mais au contraire. On finit par se représenter l’interlocuteur qui à chaque fois restera hors champs ; c’est une belle leçon de maitrise du hors champ dans chacun de ces huis clos. Ces 9 vignettes posées bout à bout donnent une image terrifiante d’un régime religieux autoritaire ; même si les réalisateurs jouent souvent de cette absurdité pour apporter à chaque fois de la drôlerie dans les situations. En 77 minutes, mieux que de longs discours, tout est dit.
L’ouverture et la fermeture du film se rejoignent pour symboliquement démontrer la déliquescence d’un régime s’effondrant sur lui-même. Un régime symboliser par un grabataire trop loin d’un peuple qu’il ne comprend et ne représente plus. L’Iran est un pays avec un âge médian de 33 ans et une fertilité de 1.7 enfant/femme… et une population des villes éduquée et de classes moyennes ayant d’autres aspirations.
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brunocinoche
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137 abonnés 1 226 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 mars 2024
neuf chroniques en plans fixes pour montrer le côté absurde de ce que l on ibflige ai peuple iranien.
mais comment vraiment en rire tellement les situations évoquées devraient plutôt nous faire pleurer, ou mieux nous révolter.
comme de nombreux cinéastes iraniens à l heure actuelle, le cinéaste à tourné dans l urgence et à su contourner la censure grâce à son format en forme de sketches.
un film engagé et courageux qu il faut aller voir en symbole de résistance.
Arthus27
Arthus27

126 abonnés 642 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 mars 2024
Les Chroniques de Téhéran sont une suite de 9 séquences basées sur le même modèle. Un personnage est filmé seul et en plan fixe tandis qu'il dialogue avec quelqu'un hors champ, généralement une figure d'autorité (agent d'état civile, policière, directrice de lycée...). On assiste alors à l'absurdité et à l'arbitraire d'un régime et d'une société écrasée par son totalitarisme. Tout passe par l'écriture chirurgicale des dialogues et le jeu impeccable des actrices et acteurs. On rit parfois, on grince des dents souvent. Seul bémol, la répétitivité du dispositif séquence après séquence peur lasser, et plombe légèrement le rythme du film.
missfanfan
missfanfan

111 abonnés 885 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 mars 2024
Bon comme je m'y attendais c'est bien mais j'aime le cinéma Iranien en général ,
Des petits courts métrages où comment montrer l'absurdité de l'administration Iranienne face au citoyen lambda ,comment prouver le pourquoi du comment face à des gens bornés qui ne veulent rien savoir
On espère pour eux que cela s'arrange mais hélas rien n'est moins sur
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