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Boby 53
26 abonnés
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3,5
Publiée le 18 avril 2024
Ensemble de témoignages divers et variés sur une série de citoyens iraniens qui nous donnent un aperçu de la dictature au quotidien des petits et mesquins chefs en tout genre. Filmé en général de face, les " autorités" restants en voix off, on savoure, on sourit parfois, et au final on ne peut que compatir aux malheurs de ces personnages qui se heurtent à un mur de mépris. Édifiant!
Au travers de plusieurs courtes scènes, filmées en reprenant le même procédé ( un personnage filmé en plan fixe, assis qui échange avec un interlocuteur qui n'apparaît pas à l'écran) les deux cinéastes proposent le portrait d'une société totalitaire
Les opus de Panahi, de Rassoulof, de Roustaee et le cinéma iranien qui est déjà parvenu jusqu'à nous ( Makmalbaf, Merjhiu, Kiarostami..) nous avaient déjà renseigné sur le sujet et on n'apprendra donc pas grand chose de nouveau ici.
Toutefois " chroniques de Téhéran" mérite largement le coup d'oeil, même si on n'a pas ici affaire à un titre particulièrement créatif ( au delà du procédé malin) au plan de la mise en scène.
Compte tenu du caractère sévère des ennuis judiciaires qu'ont rencontré certains cinéastes perse ces derniers temps ( incarcération , interdiction de tourner) le procédé est peut être aussi un adroit subterfuge pour éviter des désagréments avec les autorités.
La mise en scène est belle et soignée, les récits passionnants et intelligents (même si quelques longueurs sur certaines histoires font jour) et les acteur.trice.s parfait.e.s. l'ensemble est excellent.
Avant d d'émettre un avis sur ce film, je trouve que les metteurs en scène asgari ali et alireza khatami font preuve d un immense courage, dans la lignée de rassoulof ou panahi. Leur film est une charge virulente contre le pouvoir en place. Le film se découpe en 9 saynètes qui met en scène 9 personnage dans la vie d une société iranienne qui démontre l absurdite, la violence psychologique qui émane des lois en vigueur. Les scènes les plus marquantes sont la jeune fille qui danse dans un magasin d habit où bien l entretien d embauche qui est en fait un harcèlement sexuel. La mise en scène est très épurée seulement 2 personnes par saynètes, filmé en plan fixe ou la personne ayant un quelconque pouvoir sur l autre personne est hors champs, assez simple mais tellement réussi qu a la fin on est hébété devant tant d injustice. Un très bon film à voir absolument
Très beau film à "sketches" noir qui d"'une manière subtile et en raison de la censure démontre toute l'absurdité de la dictature religieuse qui régit ce pays et la créativité et l'envie de liberté des habitants. Je suspecte qu'il n a pas été tourné en Iran vu l'absence de scènes d'extérieur sauf l'intro qui montre la ville en accéléré sur 24H.
J'ai particulièrement aimé le premier sketch ( David ) et celui du chien perdu.
A voir absolument si vous êtes déjà fans du cinéma iranien
Certes les réalisateurs doivent se saisir de problèmes mineurs pour dénoncer cette obscène dictature, mais grâce à l'humour et la dérision ils y parviennent avec beaucoup d'efficacité. La scène finale est très réussie pour donner au film toute sa dimension.
On a bien la mesure d'un régime qui tourne à l'envers : qui fait avouer des innocents, qui censure à tout va alors que rien n'y prête, qui condamne sans loi sur un simple sentiment d'un individu. On voit des scènes qui peuvent paraitre absurdes mais qui ne le sont certainement pas là-bas Les acteurs sont très bons et courageux pour tourner ce genre de film . Les scènes sont bien dosées: ni trop longues, ni trop courtes. Bravo .
C'est un film à voir... ou plutôt un ensemble de courts-métrages, autour du même thème, la difficulté, pour de simples habitants de Téhéran, de mener une petite vie tranquille au pays des mollahs.
Neuf histoires nous sont proposées, sous la forme de neuf personnages face caméra, leur interlocuteur étant à chaque fois invisible... mais pas inaudible.
Que reproche-t-on à ces Iraniens ? De choisir un "mauvais" prénom pour leur fils, d'aimer les vêtements et la musique occidentale, d'avoir un petit ami secret, de ne pas porter le foulard (ou de mal le porter), de se faire tatouer, de ne pas accepter la domination masculine, de détenir un chien, de ne pas connaître sur le bout des doigts les préceptes de l'islam.
Les acteurs sont tous très convaincants et, pour peu qu'on soit attentif, on comprend qu'il se passe beaucoup de choses hors-champ.
C'est pour moi un grand film contre un régime totalitaire.
Courts métrages super critiques & bien orchestrés qui passent vite. Le jeu des actrices/acteurs est bon & les critiques sont variées et fortes : sur le machisme, la censure, la police, etc.
Deuxième film pour le couple Ali Asgari et Alireza Khatami après l’excellent Juste une nuit de 2022. Quand on sait les difficultés et les dangers que représentent un tournage en Iran, on ne peut que tirer son chapeau devant ces trop courtes 77 minutes. Un homme déclare la naissance de son fils. Une mère habille sa fille pour la rentrée. Une élève est convoquée par la directrice. Une jeune femme conteste une contravention. Une jeune fille se présente à un entretien d’embauche. Un jeune homme vient retirer son permis de conduire. Un homme au chômage répond à une annonce. Un réalisateur demande une autorisation de tournage. Une femme cherche à retrouver son chien. Neuf visages de la vie quotidienne à Téhéran. 9 sketchs encadrés par deux plans sur la Téhéran d’aujourd’hui, qui en disent plus que tous les discours. Ça tutoie le génie ! Jamais sans doute, la dictature iranienne n’avait été décrite avec autant de lucidité, de réalisme et drôlerie. Car, c’est ahurissant, mais les saynètes qui nous sont offertes – merveilleux cadeaux -, pourraient se révéler tragiques, mais, leur aspect kafkaïen ou ubuesque, parviennent à nous faire rire. Quand la bêtise est au pouvoir… Hélas, ce n’est pas du « cinéma », c’est la réalité quotidienne d’un peuple accablé sous le joug tragique d’un pouvoir religieux, brutal et autocratique qui humilie son peuple par une sorte de torture psychologique permanente. On ne sait rien sur les conditions de tournage de ce pur chef d’œuvre. Elles sont minimalistes et, ce faisant – aucun extérieur, une seule caméra en plans fixes, 9 acteurs pour 9 situations et des voix off comme interlocutrices, -, on imagine assez aisément, que ce pamphlet a été réalisé en secret. Ne ratez pas ce brûlot d’une imagination et d’une habileté inouïes. Les noms des Bahman Ark, Arghavan Shabani, Servin Zabetiyan, Sadaf Asgari, et des autres n’ont ici que peu d’importance, quand l’humour devient une arme de dénonciation massive. Ce cauchemar tragicomique est aussi percutant qu’indispensable… entre autres pour tous ceux qui, chez nous, se plaignent des lourdeurs de l’administration. Voilà un terrible instantané d’une dictature qu’il faut absolument aller voir. Moins d’une semaine de tournage pour cette pépite à ne pas rater.
C’est avec «Persepolis» de Marjane Satrapi qu’en 2007, j’ai découvert l’inventivité des auteurs iraniens pour évoquer ce qu’il se passe dans leur pays tout en se préservant un minimum compte-tenu du risque que représente pour eux ou leurs proches, le fait d’oser dénoncer les méthodes du régime politique en place. Et bien «Chroniques de Téhéran» est de la même veine. Tout en subtilité, ce film nous fait voir comment fonctionne au quotidien la société iranienne aujourd’hui. Entre les serviteurs de l’État qui ne font que leur boulot avec plus ou moins de zèle et les braves gens qui doivent immanquablement passer entre leurs pattes pour obtenir le document dont ils ont besoin, se met en scène une relation dont le résultat est cousu de fil de blanc mais dans laquelle chacun donne le meilleur de lui-même. J’imagine que les auteurs ont pris soin de ne pas évoquer les immanquables possibilités de corruption qu’offre le mode de fonctionnement de l’administration iranienne, mais si on les ajoute à ce qui nous est présenté dans le film, le résultat devient alors absolument jubilatoire, sauf pour ceux qui y sont confrontés en temps réel, bien entendu…
Décidemment j'aime bien le cinéma iranien même si j'ai trouvé ces diverses scènes parfois répétitives. La qualité du film est de ne pas être dans l'excès mais de distiller un malaise à travers d"nterrogatoires (le plus souvent) où un protagoniste se retrouve face à une personne qui incarne l'autorité . Femmes comme hommes tenteront de s"opposer toujours dignement . Le sujet religieux est dominant.
Dans la veine du diable n'existe pas, aussi tranchant. Ce film nous rappelle notre chance d'être né dans une démocratie où l'on a encore le droit d'ouvrir sa "gueule" même si des fois, on devrait la fermer. Nous ne verrions probablement plus Macron et nos politiciens du même œil après un petit séjour à Téhéran … Une préférence pour la scène de Faezeh faisant face à une situation de harcèlement par son recruteur. Il faut saluer le courage des iranien(e)s qui chaque jour, peuvent jouer leur vie. A voir absolument.
Le film nous plonge dans l'Iran d'aujourd'hui de façon réaliste, poétique et avec beaucoup d'humour. Les dialogues sont magnifiquement écrits. La photo très belle. Le dispositif, original, fonctionne parfaitement.