En quelques tableaux bien acides le réalisateur nous scanne les travers les dérives d’un régime qui nie la liberté. Une bureaucratie qui allie big brocher et kafka . Aucun pathos, aucun répit, à chaque portrait le couperet tombe, c’est assez glaçant tout en gardant une note d’humour.
Court métrage intéressant qui décrit l’absurdité dans laquelle vivent tous les jours les Iraniens. Les scènes de vie sont très classiques et pourtant déconcertantes, et c’est en ça qu’on voit la différence avec l’occident. Le dispositif est cependant très répétitif et arrive à un peu nous ennuyer même en 1h15. Les sujets mis en avant et la façon de tourner rendent toutefois ce film agréable à regarder.
La censure, le poids de la religion, la domination masculine et ses abus… en quelques saynètes criantes de réalisme, on découvre la vie quotidienne en Iran. C’est bien fait, et c’est édifiant.
Format original, j’ai eu comme le sentiment de regarder des court métrages autour d’un même sujet, la mise en avant des abus que peuvent avoir une dictature. On voit des situations particulières dans lesquels des arguments absurdes défilent. À la fois drôle et parfois énervant. Des chroniques tout en absurdité et en subtilité.
Ce serait bien de voir un mauvais film iranien de temps en temps, mais depuis le surgissement sur la scène internationale d’Abbas Kiarostami et de Mohsen Makhmalbaf, vers 1987, ça ne m’est jamais arrivé. A force, ça rend difficile l’exercice de critique sans redondance de superlatifs. Mais trêve de plaisanterie, il y a quelque chose de doublement bouleversant dans ce film au titre aussi banal que son récit est percutant et son dispositif formel implacable : un simple contre champ. Nous (spectateur·trice·s) sommes à la place d’une autorité publique (service de l’état civil, directrice d’une école, comité de censure…) ; face à nous : un homme qui vient déclarer la naissance de son enfant, une écolière soupçonnée d’avoir été vue avec un jeune homme, un cinéaste qui tente d’obtenir des autorisations de tournage, une femme dont le chien a été emmené par la police… Dans ces neuf séquences, nous incarnons toute l’injustice, l’absurdité, le cynisme, l’incohérence du discours opposé à ces citoyen·ne·s plongés dans le règne de l’arbitraire et de la violence symbolique pour de banales situations quotidiennes. Et le film nous mène à nous interroger : quel serait mon degré d’acceptation, de complaisance, de zèle, à faire appliquer ces ordres absurdes ? Comment un film si critique du régime et de l’intrusion de la religion dans les moindres recoins de la vie privée (la voiture n’est pas un espace privé, votre logement non plus car on peut vous voir de l’extérieur) peut-il être produit en ce moment ? Cela suscite admiration mais aussi inquiétude pour les réalisateurs - déjà co-auteurs de Juste une nuit, sorti en France l’an dernier - quand on connait l’acharnement dont l’immense Jafar Panahi, Mohammad Rasoulof et Mostafa Al-Ahmad, entre autres artistes, ont fait l’objet ces dernières années pour leur militantisme « antirévolutionnaire » (comprendre : leur opposition au régime ultraconservateur qui réprime violemment tous les mouvements sociaux). Tourné en quelques jours (et sans doute sans autorisation), conclut par une scène… détonante, Chroniques s’inscrit dans cette histoire du cinéma iranien où la forme sert le fonds, l’un et l’autre puissants, décidément unique dans le paysage cinématographique contemporain.
Un série poignante de situations cocasses, mais toujours glaçantes, de personnages variés, dans ce pays où l’arbitraire et l’absurde régnent en maitre, sous couvert d’une religion totalitaire pour laquelle l’individu n’existe pas
en tant qu'une iranienne, la dernière séquence me plaît énormément. un vieux homme assis, tout est en train de s'effondre, mais lui, il ne le même pas fait attention, c'est exactement le sketch de la scène politique en Iran.
Un peu décevant. Les saynètes présentées sont évidemment scenarisées ce qui permet un certain humour au second degré mais c'est bien comme cela que le profane imagine l'Iran actuel et le sujet est-il approprié pour ce traitement décalé ? On apprend rien et les adversaires pourraient, à juste titre, reprocher des situations inventées ...
M'étant beaucoup intéressé aux récentes manifestations pour la liberté des femmes en Iran j'ai été intrigué par l'affiche et je me suis laissé aller voir le film. Ce qui m'a fait adorer ce film c'est la façon dont ils réussissent à dire beaucoup avec très peu. Le film est construit en 9 scènes de dialogues avec un plan fixe qui nous laisse voir à chaque fois qu'un seul personnage. Ce qui lie nos personnages c'est leur statut de victimes dans des discussions avec des personnes du services publics, un patron pervers ou une professeur d'école. Au fil des différentes discussions on découvre des situations ubuesques et malsaines qui témoignent d'une société où le rapport de force est constant pour la moindre demande. Le film nous donne l'impression d'un peuple sous tension constante face à un vieux système aux fondements trop conservateurs et dépassé par les envies de liberté de générations plus jeunes. Le tout se conclut avec une dernière scène magnifique qui arrive comme un présage de l'avenir.
Bref les Chroniques de Téhéran c'est une réalisation et une mise en scène magnifique d'une situation que nous, pays d'Occident ne comprenons pas
J'ai trouvé ce film très intéressant même si au début c'est un peu comme les films où on ne comprend pas tout, c'est à dire un fond avec de du bruit ou de la musique