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3,0
Publiée le 3 novembre 2025
Hedda Gabler et son mari George Tesman organisent une soirée dans leur nouvelle et grande demeure. Une situation idéale pour Hedda qui a tous ses pions à portée de main... On découvre une femme qui tient à son confort et qui est prête à tout pour le conserver. Une personne à la forte personnalité qui est crainte et qui mène son entourage à la baguette. Une soif de pouvoir et de contrôle qui la pousse à jouer sur plusieurs tableaux pour arriver à son but. Un objectif clair qui ne semble parfois qu'un simple prétexte pour satisfaire son plaisir destructeur. Une manipulatrice perverse que l'on prend plaisir à voir à l'œuvre même si tout se passe un peu trop facilement. Il n'y a pas beaucoup de résistance tandis que la plupart des personnages secondaires sont assez vite oubliés. De la poudre à canon pour un feu d'artifice qui n'a jamais vraiment lieu. Ce n'est pas le grand chaos que j'attendais, mais "Hedda" parvient quand même à être distrayant.
Très bien écrit, filmé et interprété, le film séduit autant par la précision de sa mise en scène que par la justesse et l'intensité de jeu des trois actrices principales. Le trio formé par Tessa Thompson, Nina Hoss et Imogen Poots fonctionne à merveille. Nia DaCosta réussit à ne jamais tomber dans l'écueil de l'exercice de style et signe une œuvre sous tension à la fois élégante, maîtrisée et rythmée.
Une histoire de rédemption malgré tout. Après tout, Dieu ne nous donne t-il pas, sans cesse, une occasion de se racheter ? Ne nous tend t-il pas une main, une perche quand nous en avons encore l'occasion ? Cette fin est pour moi une invitation à se repentir malgré les extrêmes de notre condition, la gravité de nos fautes. Une histoire qui peut encore tout changer si nous faisons le choix du Bien, de la Bienveillance.
Structuré en plusieurs parties, ça donne comme étant un bon rythme et une tension qui monte crescendo : chose à moitié réussie. L’acte 1 est plutôt lent et c’est à partir de la seconde que ça commence à devenir plus intéressant. Le rythme en général est aussi lent et ça c’est bien dommage car il y a plein de moments de tension qui font leur effet. Tessa Thompson est très crédible dans son rôle et on sent spoiler: qu’elle est instable mentalement . Si elle peut paraître détestable, je la trouve plus intéressante car elle possède une certaine complexité. Nina Hoss est aussi intéressante car au final, spoiler: c’est elle la vraie victime . Le reste des personnages secondaires n’est pas franchement mémorable, même si aucun ne surjoue. Tout comme "The Marvels", Nia DaCosta bénéfice d’une bonne mise en scène. Sauf que vu qu’elle semble avoir le contrôle créatif total : sa mise en scène est plus impressionnante avec une bande-son collant au suspense et à la déstabilisations mentale. La direction artistique est franchement réussie et bien mis en valeur grâce à une bonne gestion de l’éclairage, qui me fait penser à celle de "Sinners".
"Hedda" n’est certes pas le meilleur film de son genre, mais il mérite un certain intérêt grâce à l’implication de son actrice principale, le travail de sa réalisatrice (qui de mon point de vue est sous-estimée) et sa partie technique juste irréprochable. Alors oui, il y a des imperfections, mais j’avoue être content de l’avoir vu.
Adapter une une pièce du 19ème siècle au cinéma, en la transposant dans une période, non déterminée, mais beaucoup plus récente, était risqué. Je n'ai pas lu l'oeuvre de Ibsen, mais son scénario ne fonctionne pas du tout aujourd'hui, du moins dans le cadre du film. Le drame suscité par la perte d'un manuscrit parait complètement absurde à l'époque où tout écrivain censé sauvegarde son travail sur un disque dur ou une clé USB. Et, même au cours des décennies précédentes, avant l'invention de la photocopieuse, le papier carbone existait. Dommage car Hedda comporte des qualités : de beaux décors, une mise en scène flamboyante et d'excellent(e)s comédien(ne)s. Notons aussi quelques bons passages dont les répliques font mouche. Mais c'est très long, très bavard et très théâtral...
La première chose qui frappe est évidemment les modifications vis à vis de l'oeuvre originale, et pas des détails. spoiler: On reste à une époque fin du 19ème, film en costume donc, mais surtout l'ex-amant Ejlert Lovborg devient ici une femme Eileen Lovborh tandis que Hedda est une femme noire dans une relation lesbienne avec une blanche. A l'instar de François Ozon en France Nia DaCosta impose donc une vision homosexuelle des choses, et étant afro-américaine elle en profite aussi pour raciser sa version. Pourquoi pas ?! Mais le fait de transposer l'histoire au Royaume-Uni vers 1890 fait que cette vision des choses rend le récit invraisemblable, où comment croire qu'une femme noire ayant des penchants lesbiens soient aussi libre dans un univers patriarcal, blanc et intellectuel ?! En fait il aurait alors été judicieux de transposer réellement le récit à une autre époque, plus contemporaine. Mais sinon on retrouve ce huis clos en ébullition, où les hommes se font spectateurs d'une lutte sans merci entre trois femmes prêtes à tout portant la manipulation à un exercice de survie. Nia DaCosta signe une version bancale et maladroite mais qui reste loin d'être déplaisante.
Le film est distrayant, notamment par des acteurs convaincants, mais le scénario est très maladroit, sûrement par la faiblesse de l’adaptation et des enjeux.