Etat limite
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Helene Tourbine
Helene Tourbine

25 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 janvier 2026
Si elle désigne les troubles de la personnalité (« bordeline » en langage courant), l’expression qui donne son titre au film s’applique aussi au sort de l’hôpital, saigné à blanc par les politiques successives qui ont délibérément choisi de sacrifier le bien commun pour orienter ceux qui en ont les moyens vers le système privé, très lucratif pour les actionnaires, laissant les autres patient·e·s sur le carreau. Et l’état limite c’est aussi celui des soignant·e·s qui tentent simplement de faire leur travail, poussé·e·s à intérioriser la violence du système à coup d’indicateurs chiffrés et de minutage de leurs interventions.
Dans ce désastre délibérément orchestré, la psychiatrie est depuis longtemps le parent pauvre du système lui-même paupérisé. Ainsi de l’hôpital Beaujon à Clichy aux portes de Paris, selon le site de l’APHP : « 441 lits et 34 places de jour. 145 000 consultations. 33 000 passages aux urgences dont 29 000 urgences adultes, 4 000 urgences gynécologie-obstétrique. 32 000 hospitalisations en médecine chirurgie obstétrique (MCO) dont 21 000 hospitalisations de plus de 24 h et 11 000 hospitalisations de jour. » , une énorme structure donc, qui compte… un seul poste de psychiatre. Ou plutôt comptait, car il semble que depuis l’annonce de la sortie du film, et le départ du Dr Jamal Abdel Kader poussé vers la sortie, un miracle a permis de créer 3 postes supplémentaires. Rien que pour ça, le film vaut d’exister.
Mais il vaut aussi pour l’attention portée au processus de dialogue que le psychiatre parvient presque toujours à engager avec des patient·e·s, arpentant les interminables couloirs de l’une à l’autre, d’une ado suicidaire à un homme très alcoolisé, d’un jeune homme mélancolique à une femme confuse, trouvant le temps de les réunir dans un atelier théâtre, de faire le point avec une jeune interne, de prendre (un peu) de recul lors d’échanges avec un aide-soignant d’une lucidité désabusée – les 10 minutes de dialogue final vaudraient à elles seules le déplacement. Et dans cette course, ce chaos, ce déluge de détresses, Nicolas Peduzzi suspend parfois sa caméra et nous permet de respirer avec les photos de Pénélope Chauvelot. Une respiration arrachée à un système sous perfusion.
Carolasticot
Carolasticot

34 abonnés 195 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 novembre 2025
Bouleversant. Un des meilleurs documentaires que j’ai vu sur la psychiatrie.
D’un réalisme, d’une finesse, douceur et dureté incroyable.
Alex Motamots
Alex Motamots

10 abonnés 387 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 avril 2025
Où l'on suit le quotidien d'un service de psychiatrie d'un hôpital publique, ses kilomètres de couloirs, son bâtiment énorme, parfois filmé de nuit, ses portes abimées pas repeintes, des patients sur des brancards.
J'ai été étonnée par le groupe de théâtre avec les patients, comme une respiration, des sourires et des rires pendant ces séances.
J'ai moins aimé les pauses avec les photographies en NB et les silences dans les paroles des patients.
Un état limite qui n'est pas celui que l'on croit : pas celui des malades qui arrivent mais celui du service qui les accueil.
ZozorWonka
ZozorWonka

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 juillet 2024
Une claque. Meilleur documentaire que j'ai pu voir depuis des années. Bravo à l'équipe de tournage et au personnel soignant.
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 850 abonnés 8 174 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 juillet 2024
A l’hôpital Beaujon, à Clichy (dans les Hauts-de-Seine), il n’y a qu’un seul psychiatre (pour plus de 460 lits, on ne sera donc pas surpris d’apprendre qu’un patient aura attendu plus de 5h avant d’être consulté). Ce dernier s’efforce de mettre tout en oeuvre pour répondre aux demandes et surtout, donner à ses patients l’humanité qu’on leur refuse. Mais l’exercice est périlleux, seul contre tous, dans une institution malade qu’est l’AP-HP, face au manque de moyen, tant humain que financier…

Filmer l’hôpital public de l’intérieur avec ses hauts et ses bas, est un exercice de plus en plus courant, le dernier en date, c’était Madame Hofmann (2024), sorti un mois plus tôt. Et ces dernières années, on avait déjà eu droit à Premières Urgences (2022) au sein de l’hôpital Delafontaine de Saint-Denis et Burning Out (Dans le ventre de l'hôpital) (2017) à l’Hôpital Saint-Louis à Paris.

Nicolas Peduzzi (Ghost Song - 2021) à posé sa caméra au sein d’une vieille institution vétuste, celui de l’hôpital Beaujon, ouvert en 1935 et qui ne passe pas inaperçu parmi les grands ensembles hospitaliers d'île-de-France. En effet, ce dernier ressemble davantage à un centre pénitencier qu’à un hôpital. Un monobloc vertical surnommé “d’hôpital gratte-ciel”, haut de 13 étages. Cette immersion de l’intérieur lève le voile sur le travail harassant du Dr. Jamal Abdel Kader (et de ses internes), le seul et unique psychiatre qui doit jongler d’un étage à un autre pour mener à bien sa mission.

Le film montre aussi le milieu hospitalier sans fard ni fioriture, dans toute sa complexité et son désoeuvrement. Le manque de moyen est criant, la fatigue et la désillusion se lisent sur les visages. L’hôpital public est en train de tuer à petit feu le personnel hospitalier, entre ceux qui frôlent le burn-out et ceux qui changent de bord en rejoignant le privé.

Le réalisateur nous livre un magnifique portrait, celui d’un psychiatre qui se dévoue corps et âme pour ses patients en grande souffrance (la plupart sont des rescapés de tentatives de suicide), quitte à se mettre en danger et vient nous rappeler (une fois de plus) à quel point nos institutions sont fragilisées, surtout les soins psychiatriques, le parent pauvre du milieu médical. Signalons aussi la remarquable B.O électro composée par Gael Rakotondrabe.

● http://bit.ly/CinephileNostalGeek ● http://twitter.com/B_Renger ●
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 juin 2024
Bouleversant et magnifique documentaire de Nicolas Peduzzi, qui suit le quotidien d'un jeune psychiatre, Jamal Abdel Kader, le seul (!) de l'hôpital où il travaille, à Clichy. Un psychiatre particulièrement humain, qui croit davantage en le lien humain et social, en la parole, qu'en les médicaments, l'enfermement ou la violence... Même s'il sait être ferme quand la situation le nécessite.

La caméra de Nicolas Peduzzi se fait oublier, pour nous plonger dans les échanges de ce médecin avec ses patients, aux trajectoires de vie particulièrement difficiles. Pourtant, Jamal Abdel Kader reste d'une humanité extraordinaire et d'un calme olympien, allant au-delà de ses prérogatives, abaissant l'oreiller d'un patient qui dort pour qu'il n'attrape pas de torticolis, servant un repas à un patient épuisé et affamé ou animant des ateliers théâtre avec ses patients qui commencent ainsi à revivre.

Au-delà de la psychiatrie et de la médecine, et du triste constat du délabrement de l'hôpital public et du système de santé en France, ce film peut intéresser n'importe qui, en ce qu'il montre un homme avec une réelle éthique, d'une grande exigence avec lui-même, qui fait son métier avec passion et humanité. Qui plus est, avec les très belles images de Nicolas Peduzzi : si ce film est passé sur Arte, c'est un vrai film de cinéma, avec une esthétique sophistiquée et un vrai regard d'artiste. Un film marquant que je ne peux que recommander.
Yves G.

1 845 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 mai 2024
À l’hôpital Beaujon, à Clichy-sur-Seine, où son père était hospitalisé, le documentariste Nicolas Peduzzi (Southern Belle, Ghost Story) a rencontré par hasard le docteur Jamal Abdel-Kader. Psychiatre mobile d’un hôpital qui n’a plus de service de psychiatrie, ce docteur d’origine syrienne est appelé par ses collègues d’autres services pour faire face aux cas psychiatriques les plus graves qui se posent à eux. Le documentariste a mis ses pas dans ceux de ce jeune médecin idéaliste dont la profession et le temps qu’il souhaite accorder à chacun de ses patients s’accommodent mal des cadences démentielles de l’hôpital public.

Des documentaires, des fictions, et même des séries sur l’hôpital, on en a vu treize à la douzaine, avec son lot de services débordés, de malades incontrôlables et de soignants dévoués : pas plus tard que le mois dernier "Madame Hofmann" et les deux derniers volets de la trilogie de Nicolas Philibert commencée par "Sur l’Adamant", "Notre corps" de Claire Simon, la formidable série "Hippocrate" avec la non moins formidable Louise Bourgoin et le film éponyme tourné quelques années plus tôt par le même Thomas Lilti, "H6" à Shanghai, "La Fracture" de Catherine Corsini, "Voir le jour" avec Sandrine Bonnaire qui se déroulait dans un service de maternité, "Patients" de Grand Corps Malade, "Pupille", un film quatre étoiles, "De chaque instant", le documentaire de Nicolas Philibert sur la formation de jeunes infirmières, "Premières urgences" dans un service d’urgences d’un hôpital public du 9.3, "Sage-Femmes", etc.

"État limite" vient s’ajouter à cette liste déjà bien longue. J’ai posé la question à son réalisateur pendant le débat qui a suivi sa projection, en lui jurant qu’elle n’était pas fielleuse. Pourquoi aller voir votre film plutôt qu’un autre de cette longue liste qui en compte d’excellents ? Sa productrice et lui m’ont répondu que tous les grands sujets – l’amour, la vie, la mort – avaient été déjà traités au cinéma et que s’il fallait s’interdire de les traiter à nouveau, on ne tournerait plus aucun film. Ils ont souligné que si les films sur l’hôpital étaient nombreux, le portrait d’un psychiatre d’un hôpital public était lui inédit. Ils auraient pu me rétorquer que le public n’a peut-être pas vu les films que je venais d’énumérer et trouverait de l’intérêt à celui-ci indépendamment des autres.

J’aurais voulu leur poser une autre question. À quoi tient l’intérêt que voue le cinéma depuis quelques années au monde hospitalier ? Certes le cinéma s’était intéressé à l’hôpital avant les années 2000 – même si je peinerais à citer plusieurs films qui s’y déroulent sinon Vol au-dessus dun nid de coucou. À quoi doit-on la multiplication de films qui s’y déroulent. Est-ce en raison du potentiel cinématographique de ce lieu clos ? est-ce parce que s’y jouent des enjeux éthiques ? parce que s’y trouve un concentré de société ?
Norbu
Norbu

3 abonnés 20 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 mai 2024
Dote d’une intelligence verbale remarquable, ce fils de deux médecins égyptiens dont l’un au moins était chirurgien, fait preuve de bienveillance, d’implication de tout instant tout en gardant une distance critique envers lui-même et l’institution qui l’emploie, l’hôpital public.

Il traite ses patients tels des égaux. Il échange avec les internes avec une science maïeutique très fine. On ne peut que tomber amoureux de ce célibataire en or, fragile avec ses longs doigts de pianiste, son nez aquitain et ses sentences bien troussées comme “je voudrais que vous puissiez expier sans vous nuire à vous même” .

Le jeune homme à qui le documentaire est dédicacé a un visage martyrisé par la souffrance et semble tellement sage, malgré son jeune âge et ses difficultés que vous ne pourrez pas rester indifférent.

Ce documentaire est à regarder absolument. Il vous fera vouloir payer plus d’impôts, si c’était possible, pour nos services publics.
Sam Aubard
Sam Aubard

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 mai 2024
Superbe documentaire sur un hero du quotidien. Un film nécessaire sur l'humanité et les instinstitutions sociales publiques françaises détruites par la politique acturacturlacturlle.
Guiz Mo
Guiz Mo

16 abonnés 31 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 mai 2026
En quête d'émotion et de sensations fortes ? Ne cherchez plus. La réalité est plus forte que la fiction, il suffit de regarder au bon endroit et c'est ce que fait ce documentaire avec intelligence, tacte et pudeur. On est ébloui par l'humanité qui ressort des couloir de cet hôpital. Un témoignage essentiel de la menace d'écroulement qui pèse sur l'hôpital public et la psychiatrie en particulier. Film essentiel, nécessaire socialement et enivrant émotionnellement. Un chef d'oeuvre qui doit nous alerter collectivement.
Rose Frigaux
Rose Frigaux

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 mai 2024
Magnifique film ! Un documentaire touchant qui dévoile avec sensibilité le quotidien des héros de l'hôpital public à travers le regard du Dr. Jamal Abdel-Kader, et une invitation à réfléchir sur l'importance cruciale de la santé mentale et du soutien aux professionnels de la santé.
baldet colin
baldet colin

1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 mai 2024
Film coup poing et nerveux qui suit à travers le quotidien et les doutes d’un jeune médecin en psychiatrie l’ « état limite » du système hospitalier public français ! A voir absolument !
Patricia Franchini
Patricia Franchini

60 abonnés 37 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 mai 2024
Ce film est un portrait déchirant et punk d'une institution à l'agonie. On n'a jamais vu un psychiatre aussi investi ni aussi seul, à voir absolument !
Fabien SANDRAGNE
Fabien SANDRAGNE

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 mai 2024
Merci pour ce film, pour cette mise en image exeptionnelle du prendre soin, ce soin impalpable, mais si important pour une société qui a plus que jamais besoin d'humanité. Pour moi ce film est une belle pierre posée pour un combat aussi difficile à mener qu'indispensable pour l'avenir.
Jean-Marc P.
Jean-Marc P.

37 abonnés 130 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 mai 2024
Du portrait humaniste d'un psy engagé au delà des limites, il se dégage l'interrogation sur les raisons d'un État omnipotent et cependant désarmé sur ses fonctions essentielles. Comme le prolongement des échanges avec certains malades.
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