Quand le service public , n’est plus un service, et encore moins public, un homme qui se dit « complice » de cette dégradation des soins, tente de résister. Entouré de quelques soignants ( que l’on voit très peu ) , souvent seul, Jamal Abdel Kader arpente les trois étages de son service où sont disséminés ses patients. Il est toujours attentif, précautionneux et souvent désespéré de ne pouvoir agir dans l’instantané. « Je fais de la relation, et ce n’est pas prévisible ». Spécialisé dans plusieurs domaines de la médecine, l’Hôpital Beaujon à Clichy en exclut ainsi ipso-facto la psychiatrie Manque de personnel, de lits, de moyens … « Si je voulais faire mon métier correctement, je partirais de l’Hôpital qui ne remplit pas son rôle de service public ». Pour l’heure il résiste. Une vocation de service public. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Vu sur Arte, un documentaire fort qui en dit long sur la prise en charge de la psychiatrie dans notre société actuelle et l'état de de délabrement de notre hôpital public. Très bien mis en images et en musiques. A voir !
"Etat limite" nous fait suivre le quotidien de Jamal Abdel Kader, le seul psychiatre de l’Hôpital Beaujon, un hôpital de 464 lits situé à Clichy dans les Hauts-de-Seine. Agé de 33 ans au moment de sa rencontre avec le réalisateur, Jamal Abdel Kader a presque toujours vécu au sein des hôpitaux, ses parents, des médecins syriens réfugiés en France, étant logés dans un logement de fonction d’un hôpital. Seul psychiatre de l’hôpital Beaujon, Jamal Abdel Kader, très investi dans son travail, se doit de courir d’une consultation à l’autre, d’un service à l’autre. Très conscient que la psychiatrie est sans doute l’élément le plus malade d’un hôpital public lui-même très malade, il s’efforce de compenser le manque de moyens par une si grande implication qu’elle en arrive à nuire à sa propre santé. Critique complète sur https://www.critique-film.fr/critique-express-etat-limite/
L'affiche d’État limite montre un homme en blouse blanche, au pas pressé, comme si une urgence l'imposait. Ce médecin, c'est Jamal Abdel-Kader, "psychiatre mobile" qui arpente les couloirs et les escaliers de l'hôpital public, à Clichy, œuvrant dans tous les services de l'établissement. De fait, le réalisateur du film, Nicolas Peduzzi, oppose le rythme effréné de l'hôpital, où la notion de rentabilité a pris le pouvoir, au temps que le praticien tient à aménager pour ses patients, en dépit du chaos ambiant. Le documentaire montre parfaitement que l'écoute et l'humanisme de Jamal ne sont plus en adéquation avec un système de soins qui part à vau l'eau et que son travail est celui d'un Sisyphe qui s'épuise à la tâche, comme lui rappelle un mal de dos de plus en plus présent. Nicolas Peduzzi fait exister la parole des patients, le traitement de la souffrance mentale (ne juge t-on pas une société à la façon dont elle traite ses "fous" ?), le mal-être du personnel soignant mais n'oublie jamais l'amour du métier d'un médecin qui résiste encore, pour combien de temps, à une lame de fond cynique, venue de plus haut, et qui n'a que faire des états d'âme d'un réparateur des âmes qui croit toujours, lui, aux vertus de la compréhension, de la parole et du réconfort.
Documentaire poignant de vérité, juste et humaniste. On suit le quotidien d'un psychiatre seul au milieu d'un système hospitalier qui s'écroule et broie les patient avec lui. Un beau documentaire à voir.
Dans ce documentaire très réaliste, le réalisateur suit le quotidien d’un psychiatre d’origine syrienne seul à intervenir dans les différents services de l’hôpital Beaujon. Nous sommes plongés dans cet univers hospitalier et dans ce métier très prenant sur le plan physique et moral. Le film nous fait constater le manque de moyens proposé par l’hôpital public au regard des besoins des patients concernés. Le réalisateur met très bien en valeur le travail de ce psychiatre et de son équipe et nous fait réfléchir sur l’avenir du service public dans le domaine de la santé où le dévouement et la surcharge de travail n’est pas bien considéré.
Excellent film qui nous plonge dans la réalité des hôpitaux en France. La manière de prise en charge des parient par le docteur Jamal est très touchante.
Extraordinaires, dans tous les sens du terme, le talent et la passion de ce médecin, et sa représentativité aussi, car beaucoup se reconnaîtront dans ce portait du "dernier des Mohicans" qui y croit encore, sur les épaules de qui ça repose, et qui se rend compte un jour qu'il n'y arrivera plus. Faisons collectivement bloc pour que le service public, dans tous ses aspects, ressemble à nouveau à son nom, ne serait-ce qu'en hommage à tous les humains blessés racontés dans ce talentueux documentaire.
J'ai eu l'occasion de rencontrer ce docteur aux urgences, son humanité me touche et donne confiance en l'être humain. oui, il faut changer le système de soins et que chacun trouve sa place. Sa gentillesse, son respect pour autrui, sa douceur et son dévouement doivent tous nous inspirer.
J'ai revu le documentaire ce soir. Ce docteur me donne vraiment foi en l'être humain. Nous pouvons faire collectivement progresser les choses. C'est de notre devoir à chacun d'aider plus faible que nous.
A découvrir absolument ! Remarquables épreuves et approche singulière d un très bon psychiatre en milieu hospitalier ! Ce film dévoile la résistance d un médecin et son approche humaniste dans le milieu hospitalier en plein effondrement depuis plusieurs années. Ce film documentaire met également en lumière le besoins des patients d être entendu et de se sentir en sécurité pendant leur état de crise.
Excellent documentaire où on suit au plus près, sans jamais avoir le sentiment d'être intrusif, le quotidien d'un psychiatre, profondément humain et engagé dans son métier malgré la charge, beaucoup trop lourde qui lui incombe dans ce grand hôpital parisien. Et le portrait, en creux, d'un service public porté à bout de bras par des hommes et femmes qui y croient encore alors que l'Etat, lui, abandonne sa charge. Rageant. Et aux citoyens que nous sommes de changer la donne.