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Leniod
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3,5
Publiée le 20 décembre 2024
Vu au Nova à Bruxelles, où il est projeté quatre fois. Esthétique télévisuelle, dans une culture très catholique. Fin ouverte frustrante, le sujet n'ayant été qu'aperçu, sans approfondir.
J'ai vu ce film lors d'une projection suivie d’un débat avec la réalisatrice. Le film m’a bouleversée, je suis sortie de la salle avec le cœur serré. La mise en scène est très belle, elle s’attache à des choses simples et nous invite à découvrir l'histoire de ces hommes, des âmes cabossées qui se battent pour vivre malgré leur lourd passé. Chaque regard, chaque silence raconte une histoire. Ce qui m’a le plus ému, c’est de voir l’amitié de ces hommes, l’entraide et leur écoute mutuelle mais aussi le terrible impact qu’ont laissé sur eux les traumatismes de l’enfance. L’émotion suscitée par ce film est restée avec moi longtemps après le générique. Je le recommande fortement !
Bien sûr, chaque jour révèle son lot de maltraitances. Mais voir ces grands enfants de presque 70 ans fondre en larmes à l’évocation de ce qu’ils ont subi lors de leur passage dans le centre de redressement mentionné dans le titre du film, a quelque chose de particulièrement bouleversant. Alors se pose immanquablement la question de savoir qui était au courant et pourquoi rien n’a été fait pour y remédier. Au fond de soi, chacun connait la réponse : tout le monde savait mais les intérêts particuliers ont pris le pas sur l’intérêt collectif et la lâcheté a fait le reste. Heureusement, ce temps est révolu, à moins que…
La Belle Etoile, c’était le nom d’un centre de redressement, à Mercury, au-dessus d’Albertville, dirigé d’une main de fer par un abbé catholique. Placés par la Ddass, André, Michel et Daniel y passèrent une partie de leur enfance et en furent marqués à jamais. La documentariste Clémence Davigo les as retrouvés au crépuscule de leur vie et a recueilli leurs témoignages alors qu’ils tentent d’obtenir de l’Eglise catholique sinon une réparation du moins des excuses.
Quatre mois à peine après "La Déposition" est sorti début février ce documentaire qui lui ressemble. Il s’agit de recueillir le témoignage de victimes de sévices commis par l’Eglise. Enfant de chœur, Emmanuel Siess, le protagoniste de "La Déposition" avait été victime d’attouchement par le curé de son village au début des années quatre-vingts-dix. Les faits relatés dans "Les Oubliés de la Belle Etoile" sont plus anciens. Ils remontent aux années cinquante et soixante. Ils nous renvoient à une époque et à des témoignages qu’on pensait relégués : celle où l’on enfermait les « sauvageons » dans des centres de redressement pour les mater et les remettre dans le droit chemin. Remontent à la mémoire les récits Quatrième République de Gilbert Cesbron, de Violette Le Duc (racontée au cinéma par Emmanuelle Devos), d’Albertine Sarrazin ("L’Astragale"), d’Auguste Le Breton ("Les Hauts murs" porté à l’écran au début des années 2000) ou, plus récemment, le livre "Des diables et des saints" du prix Goncourt Jean-Baptiste Andréa.
Mais, Clémence Davigo ne se focalise pas sur la vie au pensionnat. Son documentaire ne contient quasiment aucune image d’archives, pas plus qu’il ne rassemble de témoignages d’époque. Ce qui l’intéresse, ce sont ces anciens pensionnaires, aujourd’hui septuagénaires et ce qu’ils sont devenus. Elle veut montrer combien leur enfance les a marqués et combien les sévices qu’ils ont subis les marquent à jamais. Elle les filme réunis, quelques jours en été, autour d’un pâté en croute et d’une tarte à la mirabelle, dans la maison d’André qui raconte en en riant ses longs démêlés avec la justice, ses lourdes condamnations, les années passées en prison. Michel, devenu coureur de fond, finira par avouer les attouchements dont il fut victime.
Clémence Davigo filme également leurs démarches entreprises par ces anciens pensionnaires et quelques-uns de leurs camarades auprès de l’Eglise catholique. Un couple de médiateurs les écoute longuement, collectivement puis séparément. L’évêque de Chambéry les reçoit ensuite. Ils acceptent la présence d’une caméra – ce que, si j’avais été à leur place, j’aurais hésité à faire. On peut reprocher à l’Eglise catholique sa surdité sinon son hypocrisie. Mais qu’a-t-elle offrir à ces hommes sinon une oreille compatissante et la reconnaissance d’une faute ? Une indemnisation en espèces sonnantes et trébuchantes ? de quel montant ? calculée selon quels critères ? Des excuses publiques ? Une plaque commémorative ? Ces réparations hélas semblent bien futiles et ne leur redonneront jamais leur vie définitivement abîmée.
Ce film documentaire tourné en 2022 et terminé au printemps 2023 a connu depuis deux ans un parcours constant grâce au bouche à oreilles et à de nombreuses initiatives de projection tant en France qu'à l'étranger.
Remarqué et primé dans plusieurs festivals il connait maintenant une sortie en salles, distribué par Andana Films.
J'ai vu ce film pour la première fois lors de l'édition 2023 du FIFE d'Evreux (Festival International du Film d'Education) où il a profondément touché le jury qui lui a attribué le prix du Meilleur Long Métrage Documentaire : « Un film qui rend justice à la grandeur et au pouvoir du cinéma quand il offre un refuge à la parole jusqu'alors étouffée »
Au fil des projections j'ai été amené à rencontrer sa réalisatrice ainsi que Michel, Daniel, Dédé, Pierre et d'autres anciens pensionnaires de « La Belle Etoile »
Et je suis depuis témoin, grâce à ce remarquable second documentaire de Clémence Davigo (le précédent était "enfermés mais vivants »2018), de la poursuite de ce travail de mémoire, de reconnaissance et de réhabilitation entrepris par ces hommes.
Leurs témoignages, dans ce film intense et émouvant, comme dans leur présence aux débats dans les salles ont entraîné de nombreux rebondissements heureux sur le chemin de leur reconstruction.
Je recommande vivement ce documentaire poignant de Clémence Davigo.
Ce film basé sur quelques témoignages est complètement sorti de son contexte. Mme Davigo a soigneusement évité les témoignages contredisant cette version. Du mauvais travail de journaliste qu elle n est pas d ailleurs , car elle aurait été tenue de faire une enquête . Le film est " à charge" uniquement pour faire pleurer dans les chaumières. Ça a plutôt bien marché.
Ce film a sans doute des qualités cinématographiques mais ce n'est pas un "documentaire" vrai. Il se base sur quelques témoignages invérifiés, qui choquent de très nombreux anciens élèves ...et moi, ancienne institutrice en 1969 dans ce Centre! Le public semble content : je pense qu'il suffit, à notre époque, de se dire affligé ... pour être cru par les autres. J'oserai citer John Crace" l'art est de vous peindre en victime tout en vous vendant en survivant " c'est ce qui se passe ici et c'est désolant
nous avons vu ce film dans un festival. il révèle ce que beaucoup de personnes ont malheureusement vécu dans le silence. espérons que ce type d'institution ait totalement disparu.
Un film bouleversant, d’une grande délicatesse. Ça aurait pu être un simple travail de mémoire, mais c’est beaucoup plus incarné que ça. Il y a de la douleur, bien sûr, mais aussi une vraie douceur dans la manière de faire surgir les visages, les récits, les silences. On sent une attention immense à celles et ceux qu’on écoute. Un très beau documentaire, profondément humain.
Un documentaire tout aussi important qu’émouvant. Le travail de la réalisatrice et l’atmosphère qu’elle a réussi à installer autour de ce film sont remarquables.
Vu en avant-première. La réalisatrice rend à ces hommes la dignité que la société et en particulier les adultes de ce centre de redressement leur avait ôtée quand ils étaient enfants. On sort révolté et en même temps ému par la beauté, la bonté de ces hommes âgés qui trouvent un espace pour s’exprimer tout en n’étant pas réduit au statut de victimes. Une approche sensible et saine face à une société, et l’église surtout, incapables de réparer - ne serait-ce qu’entendre - la souffrance qu’elle a engendrée.