Comédie fantastique coécrite et réalisée par François Uzan, Loups-Garous est un long-métrage passable. L'histoire nous fait suivre Jérôme Vassier qui rend visite à son père Gilbert, atteint d'Alzheimer, en compagnie de sa femme Marie, de leur fille commune Louise, Clara sa fille d'une précédente union, et Théo, le fils que Marie a eu avec un autre homme. Jérôme tente alors de faire jouer sa famille à loups-garous, un jeu que Gilbert aurait inventé. Mais devant le refus de tous, il range la boite. Se produit alors un tremblement de terre. Une fois le phénomène terminé, la famille se rend compte que tout a changé autour d'eux. Ils vont finir par se rendre compte qu'ils ont étés propulsés dans le jeu. Ce scénario, adaptation du jeu de société d'ambiance portant le même nom, s'avère pas désagréable à visionner pendant toute sa durée d'un petit peu plus d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue respectant bien son matériau de base qu'il retranscrit convenablement à l'écran à travers cette aventure grand public. Et c'est là que se situe le problème. Vendu comme une comédie, le film est en réalité d'avantage un film d'aventure. Autant le dire, l'humour ne prend pas, ce n'est jamais drôle malgré les tentatives. D'autant plus qu'ils instaurent une petite dramaturgie qui l'éloigne encore davantage de son genre prédéfini. Si on fait abstraction de cela, on vit un récit plutôt sympathique jouant avec les anachronismes. De plus, renvoyés au Moyen Âge, ils doivent composer avec les mœurs de l'époque, bien différentes de celles actuelles. Hélas, à ce niveau là, on sent les messages idéologiques un peu gavant, le métrage traitant de nombreuses thématiques sociétales de façon un peu forcée comme la maladie, le féminisme, l'homosexualité, l'identité de genre, la famille recomposée ou encore le métissage. Si certains sujets sont bien amenées, d'autres sont vraiment juste présents par idéologie. L'ensemble est porté par les six membres de la famille qui ont chacun leur utilité vu qu'ils ont tous un pouvoir différent et que ces derniers sont bien exploités. Des rôles interprétés par une distribution comprenant Franck Dubosc, Jean Reno, Suzanne Clément, Lisa Do Couto Teixeira, Alizée Caugnies et Raphaël Romand. Ils sont entourés par des seconds rôles appréciables comme ceux joués par Grégory Fitoussi, Jonathan Lambert ou encore Bruno Gouery. Tous ces individus entretiennent des rapports basés sur la suspicion et l'entraide afin de mener à bien leur partie grandeur nature. Malheureusement, on ne ressent pas la différence de langage, les villageois de l'époque s'exprimant étonnamment de façon assez moderne. Des échanges soutenus par des dialogues aucunement amusants, le ton se voulant même plutôt sérieux. Sur la forme, la réalisation du cinéaste français s'avère correcte. Celle-ci comprend un minimum de mise en scène, ne se contenant pas de simples champs-contrechamps. De plus, elle évolue dans des environnements de bonne facture. Le travail de reconstitution est franchement bon avec ce village ancien aux rues animées d'habitants arborant des tenues elles aussi bien dans leurs jus. Même les effets spéciaux sont de bonne facture, hormis les loups-garous dont l'apparence n'est pas très convaincante. Ce visuel tout à fait honorable est accompagné par une b.o. vraiment bonne signée Guillaume Roussel. Ses compositions collent parfaitement à l'ambiance et ont un réel impact sur les images. Dommage qu'elles doivent partager les enceintes avec des chansons aux paroles modernes servant de gags lors de certaines séquences qui en font beaucoup trop. Reste une fin qui s'achève de façon satisfaisante venant mettre un terme à Loups-Garous, qui, en conclusion, est un film familial honnête.