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Niggers
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2,0
Publiée le 2 avril 2025
Rarement un personnage ne m’avait autant irrité pendant un film. Pansy hurle et aboie sur les gens du début à la fin. Les scènes se succcedent et se ressemblent. Elle pourrie la vie de son petit monde et de nous spectateurs, qui avons de l’empathie pour les pauvres gens qui partagent sa vie. Son mari et son fils Moses ( lui est sublime) l’actrice fait son numéro à chaques scènes, et on reprend notre souffle quand elle se tait. ( et encore, quand elle joue la souffrance c’est tellement fake…) très étonnant de la part d’un Mike Leigh… Dur.
Le dernier opus de Mike Leigh ( sans doute avec Kenneth Loach un des meilleurs cinéastes anglais de sa génération ) propose avec " deux soeurs" le portrait d'une personnalité toxique.
Si Leigh s'attarde à montrer par l'exemple les manifestations pratiques du caractère ombrageux du personnage principal et des conséquences désastreuses qu'elles provoquent sur son entourage immédiat ( mari et fils), il restera dans l'esquisse des raisons probables ( rapports sans doute dysfonctionnels avec sa propre mère) à l'origine de cette construction de caractère.
C'est sans doute sur ce point que "deux soeurs" trouve ses limites, mais séduira néanmoins ( selon moi) le spectateur versé ou intéressé par la psychologie.
A certains égards, il y a même des points de passage entre " deux soeurs" et " frère et soeur" (2023) du français Arnaud Desplechin.
Moins accessible que " Secrets et mensonges " ( palme d'or à Cannes) ou Marianne Jean-Baptiste occupait aussi le rôle principal, " deux soeurs" rappellera toutefois à certains spectateurs, des personnages bien réels croisés dans leur propre vie.
On pourra saluer le jeu de l’actrice, magnifiquement théâtrale dans ses accès de colère, et son langage fleuri quasi-burlesque si l’on prend un peu de recul. Mais la répétition des scènes met rapidement mal à l’aise et finit par lasser… Où le réalisateur veut-il nous emmener me suis-je demandé ? C’est un personnage extrême qui nous est conté. Le scénario n’apportera pas plus d’explication à sa détresse (une ombre dans le passé des deux sœurs se dessine mais ne sera pas explicitée) que d’espoir d’une sortie par le haut.
C’est donc un film dont le réalisme social poussé à l’extrême emmène le spectateur là où il ne voudrait pas : une expérience sensorielle sans explication et sans issue. Un projet cinématographique original et bien réalisé, que l’on peut respecter mais qui ne fait pas sens et n'est pas agréable à regarder.
Très joli film centré sur une quinquagénaire malade et constamment en colère, incomprise par sa famille. Tiraillée de tocs, parano, maniaque, antipathique voire agressive, ce personnage au bord du gouffre et complexe est un miroir de nos propres angoisses, anxiétés ou toute forme de dépression. Brillamment écrit et interprété, les émotions sont violentes et douloureuses, épidermiques, ce qui n’empêche pas à l’humour de s’immiscer. Une mise en scène simple et sans prétention pour une histoire peu commune et déchirante.
"Deux sœurs" a été l'occasion pour moi de découvrir son cinéaste. À 82 ans et après une absence de 7 ans, Mike Leigh revient et l'on retrouve intacte dans sa capacité à saisir l'ordinaire, à diriger ses comédiens avec précision. Mais pour moi, quelque chose cloche. Ce portrait d'une femme en crise pousse si loin son aigreur qu'il finit par virer à la caricature. Ce n'est pas tant l'intensité du personnage qui dérange, mais l'impression d'un regard appuyé, d'une mécanique qui force le trait jusqu'à rendre l'ensemble artificiel, même irritant.
Pendant 97 minutes, Pansy, incarnée par Marianne Jean-Baptiste, ne cesse d’attaquer son entourage, sans nuance ni explication. Face à elle, sa sœur, solaire et bienveillante, incarne une opposition trop schématique. Leigh accumule les symptômes du mal-être sans jamais offrir de clé de compréhension. Pourquoi tant de ressentiment ? Le film n’en dit rien, et son mutisme et celui de son entourage finit par lasser.
Leigh opte pour un minimalisme resserré sur son actrice, mais alourdit son propos par un symbolisme trop appuyé : la maison glaciale de Pansy, en opposition avec celle de sa sœur. Plutôt que de révéler la psychologie de son personnage, la mise en scène fige le récit dans une austérité stérile.
Malgré tout, Marianne Jean-Baptiste livre une performance intense mais son talent ne suffit pas à compenser un film qui tourne à vide.
On pourrait trouver caricatural le personnage de Pansy. Le comportement de cette femme acariâtre qui semble en vouloir à la terre entière est certes extrême, mais il n'en demeure pas moins profondément juste, à l'image de son interprète. Dans Deux sœurs, on touche à ce que la souffrance peut avoir de plus intérieur, inexplicable et insupportable. Mike Leigh réalise un excellent film sur la douleur psychique et les impacts qu'elle peut avoir sur les proches. On en ressort très ému.e. [Film visionné en avant-première]
Vu en avant première à Paris en présence de Mike Leigh, Deux Soeurs (le titre original Hard Truths est bien meilleur) marque le retour du grand réalisateur anglais à son terrain de prédilection, à savoir les classes modestes britanniques à l'époque contemporaine. Milieu social qu'il traite toutefois d'une façon trés différente de son compatriote (rival ?) Ken Loach, en réalisant des films qui, bien que profondément ancrés dans le réel, sont finalement bien plus intimistes et psychologiques que politiques ou sociétaux.
Et Deux Soeurs s'inscrit parfaitement dans la lignée de ses précédentes réalisations: Secrets et Mensonges, Another Year, Be Happy ou High Hopes. En ce sens, c'est du pur Mike Leigh, même s'il n'était jamais allé aussi loin dans la tristesse et la noirceur. Car des personnages aigris, colériques et désespérés on en a bien sûr déjà vu chez le réalisateur (l'inoubliable moniteur d'auto école de Be Happy par exemple), mais jamais à ce degré, ni occupant une telle place à l'écran. Chez Pansy, la tristesse et le désespoir sont tels que l'on frôle la folie ou la maladie mentale. D'ailleurs, de façon intéressante, le personnage est en tout points le double inversé de celui de Poppy (intéressant aussi la similitude entre les deux prénoms) l'institutrice survoltée et inlassablement optimiste de Be Happy.
Ce qui nous emmène à la principale problématique du film à mon sens: le réalisateur ne va t-il pas trop loin et ne caricature t-il pas ? Pendant une bonne partie du film, j'avais l'impression que oui. A mi-chemin de l'histoire, on a en effet droit à une série de scènes trés violentes et assez répétitives qui semblent n'avoir pour seul but que de souligner la colère et la folie du protagoniste principal. C'est un peu comme une suite de sketchs: Pansy achète un sofa, Pansy au supermarché, Pansy chez le médecin, puis le dentiste, dont les ressorts sont les mêmes. On n'a comme l'impression que Mike Leigh enfonce le clou, remue le couteau dans la plaie. C'est impudique, presque gênant, tout en pouvant donner l'impression que le film fait du surplace.
Mais toutefois, le réalisateur parvient à nous surprendre par la suite. Alors que l'on s'attend à une rédemption de Pansy ou du moins un virage vers quelque-chose de plus positif, le film s'enfonce encore plus dans le chaos et l'obscurité. On n'aura pas non plus vraiment d'explications sur les raisons de l'état de Pansy, même si quelques minuscules indices sont bien distillés. Dans la dernière demi-heure du film, au lieu d'apporter de la lumière à son propos, le réalisateur le densifie et le complexifie d'avantage et ça c'est assez fascinant. Très loin du Happy End classique, Mike Leigh nous laisse finalement avec l'impression de quelque-chose d'assez opaque et mystérieux, ou l'on peut toutefois discerner-en fonction de l'interprétation que l'on en fait- une touche d'espoir.
Vu en avant-première à la Cinémathèque Française, dans le cadre de l'ouverture de la rétrospective Mike Leigh. Film poignant sur une femme qui pense que tout la déteste et le fait savoir. Son caractère bien trempé, avec ses mots parfois durs ajoutent de la sympathie, et de la colère envers elle.
Les dialogues sont comiques, pour des situations qui dzd fois le sont et d'autres pas; et c'est ça qui est bien.
Vu en avant première au Forum de Halles le 25 mars 2025
Secrets profonds
Encore un bravo Mike Leigh. On ne ressort pas indemne de cette comédie ou bien de ce drame familial.
Et là tout comme Secrets et mensonges c'est un casting de folie avec à sa tête Marianne Jean-Baptiste qui est tout dans ce film, drôle, attachante, énervante, touchante, merveilleuse, lumineuse... tout comme Daniel Craig, c'est un grand oubli de la dernière cérémonie des Oscars ! Chaque interprète est habité par son personnage.
On commence léger comme une simple comédie où l'on suit les aventures d'une mère assez anxieuse au nom de Pansy qui critiquent tout ce qui bougent, ce qui créent des séquences parfois hilarantes. Puis, au fur et à mesure le film prend une tournure assez dramatique qui révèle la vraie nature de chacun des personnages. La famille de Pansy est une famille sans émotions, elle, son mari et son fils ne connaissent pas le mot “affection“, chacun ayant peur d'une chose mourrir seul et sans être aimé. Cependant, ils ne savent pas donner de l'affection à leur proche du moins on ne leur a jamais appris. Cette petite famille semble sans coeur et pourtant ils ont en un et un gros.
spoiler: La séquence du bouquet de fleur est formidable, la mère n'ayant plus reçu de cadeau pour la fête des mères depuis bien longtemps, le fait que son fils lui offre un bouquet, elle ne réalise pas ce qui vient de se produire, un fils qui aime sa mère, elle qui pense être détestée par tout le monde y compris par les siens. Tandis que le père lui jette ce bouquet car il n'a jamais reçu d'affection de la part de son fils ou de sa femme, il y a une sorte de jalousie qui s'opère ou peut-être plus une douleur qui est visible dorénavant pour nous spectateur.
Au terme, spoiler: d'une fin assez dévastatrice émotionnellement dans le fond (ce regard vide de ces deux personnages totalement perdus) , Deux Soeurs de Mike Leigh est un film où l'on croit ressortir avec le sourire alors que ce sont des larmes qui vont sortir de nos yeux.
D’une énergie féroce, Deux Sœurs prend la forme d’un tonnerre qui gronde et dont l’écho continue de nous faire tressaillir. À travers le jeu de son personnage, Marianne Jean-Baptiste libère de son être un chaos d’émotions incomprises et refoulées qui ne manque pas d’impressionner son public. Avec une photographie finement établie et une mise en scène fidèle à celle de la vie quotidienne, Mike Leigh donne vie à des personnages marquants au vécu poignant. La psychologie et le psychique du film ne cessent de nous tourmenter, à juste titre, provoquant une introspection de notre part, à la sortie de l’expérience secouante que fut ce visionnage.
Poignant et émouvant, LEIGH fait de ces deux femmes, une parfaite représentation de l'opposition de l'émotion au sein d'une famille, le temps d'un intense et puissant récit, mêlant mélodrame pur, et fresque familiale et sociale
"2 Sœurs" : un voyage poignant au cœur du deuil Avec 2 Sœurs, le réalisateur Mike Leigh explore avec sensibilité et justesse les affres du deuil. À travers une mise en scène épurée, il dresse le portrait d’une douleur profonde, où la dépression, la colère et le rejet des autres deviennent les compagnons quotidiens de l’endeuillé. Loin des récits classiques sur la résilience, le film met en lumière l’isolement extrême et la manière dont la souffrance peut altérer les rapports humains.
Le réalisateur illustre comment la tristesse pousse parfois à rejeter les gestes bienveillants, rendant l’individu amer et replié sur lui-même. Il dépeint également cette phase où tout devient irritant, où le bonheur des autres semble presque une offense. Loin de tout mélodrame excessif, la mise en scène opte pour un rythme lent et monotone, reflétant le quotidien pesant des âmes esseulées. Cette approche immersive permet au spectateur de ressentir chaque émotion à vif, chaque silence lourd de sens.
Visuellement, 2 Sœurs séduit par une photographie soignée, qui contraste avec la mélancolie ambiante. Quelques dialogues percutants viennent ponctuer cette atmosphère feutrée, apportant une profondeur supplémentaire aux personnages.
À travers ce film d’auteur, Mike Leigh livre une réflexion intime sur la solitude et la difficulté de se reconstruire après une perte. Un film à découvrir pour mieux comprendre le poids du deuil et ses répercussions sur l’âme humaine.
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3,0
Publiée le 27 février 2025
« Pourquoi tu n'aimes pas la vie. » Pansy ne répond pas, mais elle exprime à sa manière sa fatigue physique et émotionnelle. Ça se manifeste par de nombreuses confrontations avec sa famille, sa dentiste, une vendeuse lambda ou la caissière du supermarché. Tout le monde en prend pour son grade juste parce qu'ils ont le malheur d'exister. Je pense que c'est l'un des personnages les plus exécrables que j'ai pu voir, mais ça n'impacte pas négativement le film. Mike Leigh ne cherche pas non plus à justifier son comportement en donnant une raison au hasard même s'il apporte un peu de contexte. Ça fait partie d'un portrait intense de la dépression avec un profond malaise familial exacerbé par un évident manque de communication. Ce n'est pas un visionnage agréable, mais malgré tout ce que j'ai pu penser de Pansy, j'ai trouvé le film pas mal grâce à une pointe d'humour, quelques moments poignants et surtout une remarquable Marianne Jean-Baptiste.
Mr. Turner et surtout Peterloo, les deux derniers longs-métrages historiques de Mike Leigh, n'avaient que peu convaincu, il était plus que temps que le cinéaste britannique revienne à ce qu'il sait faire de mieux. Qui est, bien entendu, l'évocation de l'intime et du familial, à travers une chronique londonienne, centrée, en dépit de son titre français, Deux sœurs, sur une femme qui semble être née en colère, hypocondriaque, et qui fait partager sa mauvaise humeur permanente à tous ceux qui ont la malchance de la côtoyer, étrangers ou familiers, et principalement ses proches : mari, fils, nièces et une sœur, donc, qui est sa solaire opposée. Elle est en souffrance, cette "mégère" non apprivoisée, et l'on comprend un peu pourquoi, mais son agressivité poussée à l'extrême, dans des scènes très intenses, Leigh la capte avec une compréhension assez fine, son comportement devenant plutôt drôle de par ses côtés excessifs, alors que la tendresse des autres finira peut-être par l'atteindre, qui sait. La mise en scène minimaliste et les aspects théâtraux des situations contribuent au rapprochement avec un personnage aussi peu aimable, au demeurant, dont le mal-être ne peut que toucher. Comme d'habitude, le cinéaste dirige ses interprètes avec maestria, réservant à Marianne Jean-Baptiste un rôle délicat que l'actrice sublime, tant dans ses colères que dans ses silences.
L’un des cinéastes britanniques les plus illustres et reconnus, aux côtés d’un Ken Loach ou d’un James Ivory, revient à un cinéma plus contemporain avec ce « Hard Truths » après quelques écarts pas vraiment convaincants vers le cinéna d’époque. Le réalisateur octogénaire de l’oscarisé « Secrets et mensonges » mais aussi des sublimes « Vera Drake » ou « All or nothing », reconnu pour ses peintures sociales très justes, nous livre ici le portrait d’une sororité composée de deux sœurs aux antipodes l’une de l’autre. Après une longue pause, Mike Leigh n’a rien perdu de son talent pour diriger les acteurs et offrir des chroniques emplies de justesse. Cependant, pour la première fois peut-être, on est face à un drôle de sentiment avec ce nouveau long-métrage. Bien filmé, conforme à son cinéma et bien interprété, il souffre cependant d’une impression étrange : celle que le portrait du personnage principal est bien trop chargé, presque poussif, voire invraisemblable par moments même.
On s’explique. Marianne Jean-Baptiste se glisse dans le rôle principal, celui d’une femme dépressive, aigrie, jalouse et négative. Un personnage – disons-le – totalement misanthrope qui crache son venin dès qu’elle le peut sur tout et sur tous, sa famille y compris. Elle est mise en perspective avec sa sœur, joyeuse, lumineuse et positive bien que toutes les deux aient été impactés par le décès de leur mère quelques années auparavant. Et la comédienne aguerrie joue cette Pansy, femme déplaisante et malheureuse, à la perfection. De manière nuancée et jamais grotesque même, alors que l’écriture du personnage est vraiment intense. Mais le problème est qu’on a du mal à croire à ce personnage nihiliste. Même la Tatie Danielle du film éponyme d’Étienne Chatilliez semblerait plus aimable, c’est pour dire. Sa méchanceté automatique et gratuite est tellement extrême et poussée qu’on se demande quand même si un tel personnage est crédible. Et c’est là que certains, dont nous, pourrions décrocher car cela rend le film moins réaliste. Pire, certaines séquences seraient même presque drôles tellement la barque est lourde (les séquences chez les patriciens de santé sont sacrément corsées). Mais, encore une fois, Jean-Baptiste parvient à la rendre humaine par instants, notamment lors de la séquence centrale du repas de Fête des mères.
Si encore, le script de Mike Leigh nous offrait de véritables clés de compréhension pour comprendre cette haine et cette détestation du monde et des gens. Mais « Hard Truths » reste assez stoïque et muet sur les causes des ressentiments. Tout au plus on a quelques indices mais même la fin demeure opaque et sans pénitence pour le personnage. On pourra même trouver que dans les détails formels, c’est quelque peu exagéré avec, par exemple, la maison de Pansy qui est froide, sans âme, moderne et parfaitement nettoyée tandis que celle de sa sœur est solaire, pleine de fleurs et de vie. Alors comme en plus le personnage est maniaque et hypocondriaque, on verserait presque dans la caricature. Pourtant, on prend plaisir à suivre le film grâce aux acteurs ainsi que des situations et dialogues bien écrits et il y a même un peu d’émotion qui vient se mettre en place sur la fin. Mais il est presque certain que si l’écriture de ce personnage avait été plus tempérée le long-métrage aurait clairement gagné en force, réalisme et puissance émotionnelle.
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