Ce rôle principal chez Lelouch, c'est un peu son bâton de maréchal de comédien pour Kad Merad en même temps que son itinéraire d'enfant gâté, lui qui joue Lino (hommage appuyé et redondant à Ventura), un avocat qui plaque tout, métier et famille, pour errer dans nos campagnes en racontant n'importe quoi à ceux qui le prennent en stop.
La mise en scène de Lelouch est toujours faite pour casser la linéarité, créer l'effet de surprise et brouiller le récit. Mais le cinéaste, toujours plus tourné vers son passé, n'en finit plus de raconter la même histoire, de tourner le même film et, à chaque fois, de proposer son film-testament.
Lelouch recycle ses aphorismes sur la vie, rencontre à nouveau Jésus, fait l'éloge de la prostitution au nom de l'amour du prochain, rappelle, dans une séquence entre impudeur et pathétisme, le malheur de la Déportation ou explique que l'amour, c'était bien quand on était jeune...Tout relève, dans la forme comme sur le fond, d'un romanesque cuit et recuit.
Si le cinéaste entend parler de la vie, faire le bilan de la sienne, il devrait enfin délaisser l'artifice dramatique qui fait son style pour plus de simplicité et de sincérité. Le personnage de Kad Merad, affublé d'une maladie appelée "la folie des sentiments", est tellement complaisant dans le procédé du type qui plaque tout pour se recentrer sur l'essentiel qu'il en devient parfois dérisoire.
Et puis, encore une fois, Lelouch fait trop long!