F for Fake
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RenardDesSteppes
RenardDesSteppes

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4,0
Publiée le 2 décembre 2025
"F for Fake" est un documentaire essai realisé par Orson Welles, portant sur la vérité et le mensonge dans l'art. En personne, l'homme qui a toujours fait du cinéma en qualité de grand prestidigitateur nous présente l'histoire de deux faussaires, le peintre hongrois Elmyr de Hory et son biographe Clifford Irving, comme base d'une réflexion plus large sur l'authenticité de l'oeuvre d'art. Le documentaire mêle des images d'archives (interviews de Elmyr et Irving entre autre) et des séquences tournées par Orson Welles dans un récit enchevêtré et confus comme il en a l'habitude.

Oui "F for Fake" est confus, je dirais presque comme tous les films du réalisateur, et c'est ça qui le rend si bon. Welles y entremêle les séquences dans un montage aussi virtuose qu'éffréné laissant peu de temps mort au spectateur, quitte à le perdre en chemin. De plus la narration de l'histoire non linéaire, et les réflexions philosophiques de l'auteur disséminées au gré de celle-ci ne nous aident pas vraiment à nous repérer dans le récit. On se demande d'ailleurs qui est le vrai protagoniste du film ? Elmyr ? Irving ? Ou bien Orson Welles lui même, qui ne cesse de se mettre en scène vêtu d'une tenue mystérieuse et n'hésite pas à faire un détour par sa propre histoire ? Certainement un peu de tout à la fois car Welles n'a pas choisi ce sujet au hasard, lui dont le cinéma est une ode à l'illusion, lui dont le mépris pour les studios et critiques est le même que celui de Elmyr pour les "experts" en art qui décident de ce qui est bon ou mauvais, vrai ou regard de Welles sur ce grand faussaire n'est pas accusateur, mais il n'est pas non plus approbateur, il lui permet simplement de poser sa réflexion : Qu'est ce que l'Art ? Est-ce qu'un faux tableau, si il est reconnu par les plus grands experts comme un original, devient une oeuvre d'art ? L'Art Véritable a-t-il besoin d'une signature ? Ect.. Et au fond qu'est ce que le vrai cinéma ? Car Welles questionne dans ce film la nature même du documentaire : alors qu'il prétend raconter la vérité (ce qu'il annonce dès l'introduction, déguisé en magicien) son style si caractéristique crie l'inverse. Avec une certaine malice il découpe les extraits d'archives à son bon vouloir, les réorganise dans un montage complexe pour construire sa réflexion, donnant vie à un véritable tourbillon de pensées qui nous déstabilise davantage qu'il nous oriente. Par ailleurs l'humour que Orson Welles réussit à faire naître par l'art du montage démontre encore une fois de sa virtuosité et s'avère totalement improbable dans un film de ce genre. Ainsi les diverses séquences montées avec des vidéos de Elmyr et Irving ou avec des images de Picasso sont particulièrement drôles, voir absurdes et rendent le film beaucoup plus digeste pour le spectateur (c'est d'ailleurs ces traits humoristiques que j'ai préférés).

En fin de compte "F for Fake" n'est pas complètement un essai, car il nous désoriente parfois avec une structure confuse, il n'est pas non plus un véritable documentaire, car Orson Welles ne peut pas s'empêcher de faire parler les archives comme il l'entend, il est presque une comédie, par l'humour qui se dégage du montage, et presque une autobiographie, puisque son auteur adore s'y mettre en scène et faire écho à sa propre expérience d'artiste. Avec ce dernier film Orson Welles, à la fois honnête et trompeur, nous livre une réflexion sur l'art mais aussi sur la nature ambivalente de son propre cinéma : le tour de passe passe ultime d'un grand magicien.
Ricco92
Ricco92

284 abonnés 2 330 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 31 août 2025
Bien que signé Orson Welles, les articles concernant Vérités et mensonges se font assez rares. Cela n’est pas étonnant car ce film est assez déstabilisant et compliqué à appréhender. S’écartant totalement de ses précédents longs métrages, Welles quitte le cinéma de fiction narrative et signe un essai cinématographique jouant sur la limite entre la vérité et le mensonge spoiler: (le fait qu’il indique au début que l’heure qui va suivre est entièrement vraie nous donne une indication sur cet aspect et nous amène instantané à douter de la véracité de ce que l’on va voir)
. Pour cela, il prend un documentaire que venait de tourner François Reichenbach sur le faussaire Elmyr de Hory (qui ne sortira au final jamais) et le triture dans tous les sens, en rajoutant des images filmées par lui-même, des extraits de films d’actualité ou du film Les soucoupes volantes attaquent de Fred F. Sears et en s’offrant des digressions sur d’autres sujets comme sa propre carrière ou surtout sa compagne Oja Kodar qui le fascine clairement et qu’il se plait à filmer nue. On comprend donc dès les premières secondes que nous sommes face à une œuvre très déstructurée et parfois difficilement compréhensible. Se rapprochant plus par certains aspects de certains de ses travaux télévisés que de ses autres longs-métrages de cinéma, Vérités et mensonges est donc une œuvre véritablement inclassable qui peut intéresser ou fasciner par moments et perdre complètement son spectateur à d’autres.
LAvisDuNeophyte
LAvisDuNeophyte

4 abonnés 656 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 23 mars 2025
Incompréhensible, snob, bourré de références à des semi escrocs de l'époque. On n’y comprend pas grand chose.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 24 novembre 2023
Il faut s'accrocher au fauteuil pour voir ce film usant à la longue. Où chaque plan ne dure qu'une seconde ou deux. Ce n'est pas possible. Le documentaire est peut-être intéressant sur le fond mais sur la forme, c'est une épreuve cinématographique douloureuse.
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 février 2023
C’est un genre improbable qui d’un tissu de mensonges élabore une vérité où la falsification et le faux s’arrangent avec le temps pour devenir presque crédibles. On s’y perd facilement, mais la mise en scène, des archives à la fiction nous convainc aisément de ne pas abandonner la démonstration qui va suivre. Un vrai faussaire, un collègue qui l’est tout autant, sous l’œil d’Orson Welles qui en matière d’arnaque n’est pas le dernier de la classe. Nous voici embarqués dans cet univers entre vérités et mensonges, en jouant au chat et à la souris. Le faussaire n’est-il pas un faux et l’art ne dissimule-t-il pas des vérités que l’on voulait cacher ? Les experts en prennent pour leurs grades, les musées et galeries également, démonstration à l’appui sur leur incompétence officieuse. Là-dessus Orson Welles joue de son charisme, de sa technique ( mise en scène et montage ) pour rattraper le saltimbanque qu’il n’a jamais cessé d’être. Il le fait très bien .
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 829 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 octobre 2022
S'amusant à jouer de la notion de vérité et de falsification à partir de deux exemples artistiques, Orson Welles se fait héraut d'une réflexion intéressante, non dénuée d'humour et de second degré sur la création. Cependant l'introduction de sa muse, bien qu'elle permette le lien avec ses choix de références, alourdit la narration, faisant perdre la fluidité du rythme. Demeure une tourbillonnante mise en images, fort explicites, autour de l'interaction poreuse entre réel et fiction. Vivifiant!
Redzing

1 450 abonnés 4 912 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 janvier 2022
A l’origine, Orson Welles devait simplement monter un documentaire réalisé par François Reichenbach, avec pour sujet Elmyr de Hory, l’un des plus grands faussaires de tableaux du 20ème siècle. Outre De Hory, l’un des témoignages essentiels du documentaire était celui de Clifford Irving, journaliste qui avait écrit une biographie sur De Hory en 1969. Mais énorme rebondissement : pendant le montage, Welles apprend que Clifford Irving a entre-temps sorti une « autobiographie » à succès de Howard Hugues, qui s’est avérée être elle-même bidon ! La filouterie du faussaire aurait donc déteint sur son biographe… Résultat, Orson Welles reprend complètement le documentaire en main, retournant des images et le déstructurant pour réaliser « F for Fake ». Documentaire, documenteur, ou essai filmique ? Le réalisateur brouille les lignes en permanence, et utilise ces événements téléscopiques ubuesques pour livrer une réflexion sur la falsification dans l’Art. La majeure partie du film est une critique cinglante du marché de la peinture, pointant du doigt la prétention ridicule des experts, la complicité passive ou active des musées et des revendeurs, à l’aide d’anecdotes croustillantes. Si un faux est authentifié par un expert et exposé dans une galerie, peut-on dire que c’est un vrai ? Le faussaire est-il réellement coupable, ou est-ce la faute du vendeur ? La qualité d’une œuvre dépend-t-elle de sa signature ? Des réflexions qui embrayeront sur des questionnements plus larges autour des faussaires. Orson Welles faisant un parallèle avec sa propre carrière, dont son célèbre canular radiophonique inspiré du roman « War of the Worlds ». Ou évoquant le rapprochement entre l’acteur et le magicien, et la nécessité de mentir pour établir un récit. Des thèmes riches, pour un film expérimental qui ne plaira pas à tous (et qui fut d’ailleurs rejeté par la critique à sa sortie). Le montage y est génialement nerveux et déstructuré, mêlant des séquences d’archives, des interviews, des extraits de films, et des séquences tournées avec des acteurs, avec un rythme infernal et des arrêts sur image très fréquents. Sans compter des insertions régulières de Welles. Car il ne se contente pas de faire la narration classe avec sa voix caverneuse, mais apparait régulièrement, s’adressant directement au spectateur avec amusement depuis sa salle de montage ou des lieux publics. Un procédé parfois un peu pompeux, notamment avec ces passages avec Oja Kodar, le compagne de l’époque de Welles, qui sont surfaits. Mais les interventions de Welles ajoutent globalement beaucoup au récit et aux idées. Cependant, tout semble mené pour maintenir le spectateur dans le brouillard. Les faits sont volontairement emmêlés (il est préférable de se renseigner sur le sujet du film plutôt que de le découvrir à froid !). Et de nombreux passages sont tout simplement faux (!), de manière explicites (aveux de Welles) ou non (certaines images interviews sont clairement accolées pour donner l’illusion d’une conversation). Mais cela s’inscrit pleinement dans le propos du film, et finalement peu importe que les faits et les conversations soient réels ou non. Ce qui importe ici ce sont les idées amenées, sur le rapport entre l’Art et le mensonge, qui sont toujours pertinentes à l‘heure des Fake News et de la désinformation… On pourrait même dire que la forme du film anticipe les vidéos Youtube, les meilleurs influenceurs usant de techniques similaires (montage nerveux multi-sourcé et intervention face caméra). Orson Welles, influenceur incompris avant l’heure ?
chrischambers86

16 164 abonnés 13 121 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 octobre 2019
Beaucoup considère ce semi-documentaire d'Orson Welles comme la pointe avancèe de l'avant garde d'aujourd'hui! A savoir les annèes 1972-73! A propos d'une prètendue enquête en forme de cinèma-vèritè, le cinèaste visionnaire de "Citizen Kane" a signè en termes de cinèma une vèritable rèflexion sur son propre passè de rèalisateur, c'est à dire sur son attitude d'artiste face à la rèalitè, à ses fameux « vèritè et mensonges » . Interviennent dans le mètrage des personnages de faussaires, de falsificateurs, de faux-semblants et même de faux jetons! Avec une ètonnante distribution...
Nicolas S
Nicolas S

54 abonnés 667 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 mai 2019
Bien qu'un peu complaisant, 'Vérités et mensonges' est un excellent film, tant sur la forme que sur le fond. À la croisée entre documentaire et fiction, il retrace le parcours hors du commun du faussaire Elmyr de Hory et de son biographe, et se double de fascinantes interrogations sur l'art, la valeur des faux, et la vérité. La dernière saynète est aussi réussie qu'édifiante, portée par l'extraordinaire charisme d'Orson Welles.
Plume231

4 406 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 28 mai 2015
Avant-dernier long-métrage achevé d'Orson Welles, "Vérités et Mensonges" est une oeuvre semi-documentaire ayant pour thématiques... ben la vérité et le mensonge... en s'appuyant sur deux points centraux ou plutôt deux personnages centraux, à savoir Elmyr de Hory, un des plus grands faussaires d’œuvres de maîtres de tous les temps, et Clifford Irving, auteur d'une fausse autobiographie du milliardaire Howard Hughes...
Les deux sujets se suffisent largement à eux-mêmes pour faire un semi-documentaire passionnant, au passage on apprend deux-trois anecdotes incroyables sur Hughes, mais malheureusement Welles préfère au lieu de creuser véritablement ses thématiques et ses sujets fait un exercice de style filmique, très bien maîtrisé sur le plan du montage, beaucoup moins sur les autres aspects, techniques et scénaristiques, qui finit par lasser.
Dommage car il y avait largement matière à réaliser quelque chose de très très bon.
Mephiless s.
Mephiless s.

72 abonnés 697 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 juin 2015
Un peu déçu par l'avant-dernier film de Welles, d'autant que le sujet m'intéressait beaucoup. Même si le talent et le dynamisme sont visibles à l'écran, le contenu lui reste assez superficiel car je n'ai vraiment pas appris grand chose, mise à part quelques anecdotes sur les deux faussaires en question. La thématique du faux n'est pas assez creusée.. Néanmoins le coup de poker des 20 dernières minutes sont franchement bien trouvé!
Extremagic
Extremagic

80 abonnés 484 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 avril 2015
Le film-somme de Welles tout simplement, l'aboutissement de sa réflexion sur le mensonge dans un film multi-facettes et diablement intelligent. Ce montage qui dès les premières secondes dit tout et qui ne cesse de nous berner tout le long du film. C'est du grand art, le grand art de la manipulation par l'un de ses plus grands maîtres. Le film est incroyablement riche et subtil. Je ne sais trop qu'en dire, c'est génial.
Scorcm83
Scorcm83

121 abonnés 508 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 juin 2015
Je dois avouer que je m'attendais à légèrement mieux de la part d'Orson Welles, surtout par rapport à l'ampleur qu'à pris ce film et le fait que celui ci soit porté aux nues par tout un tas de cinéphiles. Je dois avouer qu'au niveau du montage et de la mise en scène, c'est toujours aussi impressionnant. Même avec des images d'archive, il arrive à apporter une dynamique et une virtuosité dans sa mise en scène assez rare pour un documentaire. Néanmoins, j'en attendais un plus gros approfondissement, je pensais en apprendre plus que seulement quelques anecdotes sur le vrai et le faux dans l'art, mais bel et bien une réflexion, une synthèse, plusieurs autres éléments de comparaison.

Cela dit, les passages sur le faussaire Elmyr sont géniaux et éclipsent un peu selon moi le reste des segments qui façonnent le film.

Clairement, ce n'est pas un mauvais essai, au contraire, il reste très intéressant, mais venant d'un personnage tel qu'Orson Welles j'en attendais plus, et différemment.

A voir tout de même !
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 10 mars 2014
Essai cinématographique, prenant l’allure d’un documentaire sur le thème du mensonge dans le monde de l’art avec en personnage central le peintre Elmyr de Hory mis en lumière par son biographe, Clifford Irving. Ce film est l’aboutissement de l’œuvre d’Orson Welles, elle lui permet d’ailleurs de répondre aux nombreuses critiques concernant ses films précédents. Il nous raconte par le biais de sa propre narration une véritable histoire à l’aide de personnages réels.

Personnages réels, histoires racontées précisément puis présentées comme fausses… Où est la vérité ? Où sont les mensonges ?

Welles nous plonge littéralement dans l’incertitude. Le début du film est un véritable bombardement d’informations. Le rythme vif au début se ralenti au fil du film amenant une certaine pesanteur au film. La fin du film, à partir de l’histoire entre Picasso et Oja Kodar (scène de voyeurisme), semble alors s’attarder bien plus sur la plastique de rêve de son actrice fétiche plutôt que sur le sujet du film.

Les scènes sur la magie mettent en scène O. Welles. Représentation du réalisateur qui est donc un véritable magicien, amenant le spectateur dans un autre monde. Les scènes de voyeurisme mettent en scène Oja Kodar (incipit et scène avec Picasso). Le voyeurisme n’est-il pas d’ailleurs l’essence du cinéma ? N’allons-nous pas au cinéma pour voir de belles personnes (de beaux personnages ou de beaux acteurs) ? Ce film est donc un véritable essai sur la création cinématographique, art de l’illusion qui entraine le spectateur dans l’incertitude. Le cinéma n’est-il que du faux (F for Fake) ou bien est-il dévoilement ? L’œuvre d’art est ce qui trompe absolument. Ce film amène donc une réflexion sur ce qui fait la valeur d’une œuvre et sur la sincérité des hommes.

[titre tiré d'une réplique du film American Bluff]
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 3 octobre 2013
Je viens de le voir en Dvd à l'instant,c'est un tres bon film.
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