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Nitnelav
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3,5
Publiée le 7 octobre 2024
Kelly-Anne est un personnage atypique et captivant : solitaire, mannequin, experte en poker et passionnée par les nouvelles technologies. Elle est obsédée par un procès médiatisé à Montréal, où un homme est accusé de crimes horribles : il aurait filmé le meurtre de jeunes filles et vendu ces vidéos sur le Dark Web dans un espace sordide surnommé les “Chambres Rouges”.
Pour ne rien rater des audiences, Kelly-Anne campe littéralement près du tribunal, décidée à tout suivre de près. C’est là qu’elle fait la rencontre de Clémentine, une femme fascinée par l’accusé, persuadée de son innocence. Tandis que les débats avancent, Kelly-Anne se fixe un objectif unique : retrouver une vidéo manquante, celle qui pourrait sceller le sort de l’accusé et révéler la vérité.
Ce thriller m’a happé du début à la fin. L’enquête plonge le spectateur au cœur d’un univers sombre et dérangeant, où la quête de justice prend des allures de croisade. L’intensité et la détermination de Kelly-Anne, prête à tout sacrifier pour faire éclater la vérité, apportent une profondeur saisissante à l’histoire.
Cette production québécoise, à la fois troublante et fascinante, nous laisse sans voix face à la complexité de la justice et des motivations humaines.
Un film froid à l'ambiance très étrange qui met en scène un personnage singulier, solitaire, avec ses manies. L'interprétation est convaincante mais le film peine à maintenir la tension.
"Les chambres rouges", ou quand la frénésie en surface émane de tout ce qui grouille en profondeur.
Un film sur le fil, toujours à la limite, qui déploie son univers crépusculaire, urbain, lancinant, mais aussi abrupt, où tout est évoqué en nuances : alors que nous sommes transportés à la lisère de situations extrêmes, Pascal Plante, au croisement entre Fincher, Lynch et Villeneuve, ne se focalise ni sur le noir ni sur le blanc. C'est bien toute la palette de gris qui relie ces deux polarités qui l'intéresse.
En ce sens, jamais le portrait Ludovic Chevalier, bourreau présumé, ne sera brossé en détail, de façon putassière afin d'assouvir les pulsions voyeuristes du spectateur. Et même si l'appréhension du verdict reste en toile de fond, ce n'est pas le véritable sujet du métrage. Ce dernier se réinvente à mesure que son intrigue progresse : nous passons du film de procès au thriller psychologique, en passant par le drame social pour aboutir in fine, à un character study.
Plusieurs intrigues vont alors se côtoyer :
- L'affaire judiciaire bien sûr, moteur principal et fil rouge de l'action. - Le réalisateur va ensuite porter son regard sur la constellation des points de vue, sur le bagage émotionnel des hommes et des femmes qui vont graviter autour de cette affaire : de la famille des victimes au simple citoyen informé par les terribles événements jugés ici, "Les chambres rouges" réussit avec une efficacité féroce à retranscrire l'engouement médiatique ainsi que les rouages du tribunal populaire dans toute leur mécanique et complexité.
Aucun personnage n'est unidimensionnel, ici les frontières sont poreuses. Et c'est dans toute leur ambiguïté que ces acteurs délivrent des performances variées et d'une justesse assez déconcertante.
Quel meilleur environnement pour évoquer le délicat, mais ô combien capital sujet qu'est la Justice ? Ou comment la réalisation de ce principe fondamental côtoie à la fois les plus grandes détresses que les plus vils instincts.
Jurés malgré-nous, chaque retournement, chaque parole, chaque geste devient signifiant et apporte son lot de réflexions tant au-delà de la forme, le fond déborde de richesse thématique.
Autant d'éléments qui en font l'un des thrillers récents, qui arrive à capter et à jouer de façon pertinente avec les codes de son époque sans tomber dans le pastiche ou dans la facilité.
Un film qui s'impose dans les mémoires, et ressurgit par fragments, sensations, images, sons.
Un film glaçant et dérangeant sur la noirceur de l’âme humaine, qui a travers le procès d’un monstrueux tueur en série, parle de sujets rarement évoqués, a savoir plus particulièrement les femmes qui sont fascinées par ce genre de criminel et le sinistre dark web qui permet a des gens passablement dérangés, de visionner ,des horreurs épouvantables en video. La mise en scène est efficace et malgré le côté assez glauque du film on est pris par l’histoire, assez originale , d’autant plus que l’héroïne principale joue très bien son role. Le problème c’est que la fin est très décevante, et que finalement, on peine a comprendre qui était vraiment le personnage principal et quelles étaient ses motivations réelles. Ce dénouement abrupt et plutôt frustrant gâche incontestablement le tout…
Mais qui est cette Kelly-Anne dont la noirceur n'a d'égal que la beauté. Mystérieuse, énigmatique, mannequin photo le jour, surfeuse sur le DarkWeb la nuit. Elle est comme possedée par cette affaire de meurtres horribles de jeunes étudiantes blondes en costumes de collégiens, dont les médias font la une de leurs journaux : Le procès du Démon de Rosemont. On remercie le réalisateur de nous avoir épargné de l'horreur des scènes, ces vidéos qui confondent l'accusé. Dans son sombre appartement nous sombrons avec Kelly-Anne où elle n'a pour seule compagnie une IA super sophistiquée. Un univers sans couleur, froid, nuit, qui seulement du rouge sang vient éclairer cette triste histoire. Nous soulignerons le regard inquiétant porté sur ce monde sans vie, de solitaire, permettant les plus basses actions sous couvert de l'anonymat. La vie d'un futur proche par écrans interposés tendrait vers ça ! Une note de 3,41 sur 5. Pour cette ambiance à la fois captivante et effrayante, si bien représentée. spoiler: Vous savez pourquoi les fantômes ne peuvent pas mentir ? Parce qu'on voit au travers.
Je mets moyen car la fin gâche tout. Quel dommage car un vrai suspense, une terreur ourdie omniprésente (un peu comme silence des agneaux mais en moins explicite , et ça ne manque pas). Merci d’avoir mis des sous-titres à ce film québécois car on n’est pas gêné par accent et expressions. Un sujet horrible traité dans la dignité.
Kelly-Anne et Clementine sont toutes les deux très assidues pour suivre le procès, mais sont par contre opposées dans leur point de vue et leur caractère. L’une est persuadée de l’innocence du tueur, très émotive mais elle sait s’arrêter avant d’être surpasser par les événements. L’autre parait plus contrôlée mais elle cache une toute autre personnalité. Obsédée par la résolution de l’affaire, elle mènera sa propre enquête et dépensera plusieurs centaines de milliers d’euros pour arriver à ses fins. Tout ceci créant des scènes parfaitement réalisées, dérangeantes mais non violentes digne d’un très bon thriller.
on ne sait pas où on est , où va le personnage central et tout se dévoile à la toute fin . l'angoisse et suggéré tout est hors champ. c'est une grande réussite. les deux actrices sont magnifiques. Fascinant .
Nous immergeant d'abord dans la réalité d'un procès médiatique aux chefs d'accusation particulièrement répugnants, le récit oscille ensuite entre traque personnelle d'une vérité contestée et drame psychologique autour de deux jeunes femmes dont la fascination pour un ignoble meurtrier questionne la violence, le malaise, l'inhumanité dans une société voyeuriste où la moindre zone d'ombre laisse libre cours à tous les fantasmes. Rythmé, éprouvant, poisseux. A affronter!
Une DA absolument irréprochable avec une introduction en plan séquence qui a elle seule nous plonge dans l’univers cru et sombre du film. Pas une seule image violente, pas une scène explicite, toute la noirceur réside ici dans le psychologique, on s’imprègne dans l’histoire et on se sent concerné par celle ci comme si la barrière de l’écran n’était plus, c’est ça une expérience de Cinéma. Voilà un film difficile, qui joue sur notre optimisme, on espère voir une lueur d’espoir dans ce récit mystérieux, en vain peut être, nombreuses sont les scènes taciturnes et oppressantes qui viennent lacérer notre moral, déjà bien à plat depuis la séquence d’introduction. Ils sont rares les films où chaque acteur sans exception soit parfaitement juste, ici chaque personnage, chaque figurant rend l’expérience encore plus réaliste. En bref une claque, je ne m’attendais à rien et voilà un film qui finira dans le top 10 des meilleurs long métrages de 2024
Je tombe par hasard sur ce film, et je trouve l'histoire absolument géniale, à mi-chemin entre glauque et fascinant. L'atmosphère du procès donne tout de suite le ton du film, et surtout s'approche plutôt de la réalité. Ensuite, on bascule dans un autre monde, celui d'Internet, où règnent d'autres lois : le bitcoin, les pseudos, l'IA... Les passerelles entre ces deux mondes sont fascinantes, et les talents du réalisateurs pour rendre tout cela fluide sont à souligner. Film absolument génial !
Incontestablement, ce film est scotchant et parvient à susciter l'angoisse et même un certain suspense sans jamais recourir à la violence voyeuriste. L'actrice principale a une présence impressionnante. Toutefois, il repose sur une légende urbaine qu'il accrédite. Jamais la moindre preuve n'a été apportée de l'existence de snuff movies et de "chambres rouges", c'est à dire de meurtres filmés en direct et commercialisés sur Internet ou par d'autres moyens. Ca ne signifie pas qu'il n'y ait pas pu en avoir, mais que ce genre de crime est pour le moins extrêmement rare. Sinon, certains criminels se seraient inévitablement fait prendre. Comme les pédophiles, qui sont eux assez nombreux sur le Dark web ou même l'Internet classique, et sont régulièrement démasqués. On peut comparer cette mythologie des "chambres rouges" à celle des trafics d'organe, qui n'ont pas davantage de fondements. L'une et l'autre fascinent par leur caractère horrifique. On s'interroge aussi sur la personnalité et les motivations de l'héroïne car la chute vient un peu comme les cheveux sur la soupe.