La claque ...
Quel labyrinthe dans les ténèbres que ce thriller Québécois peu conventionnel.
Tout commence par les plaidoiries des avocats tournées comme un documentaire, puis c'est le début de l'intrigue : on fait connaissance avec les protagonistes.
Il s'agit du procès d'un homme accusé d'avoir commis des meurtres sexuels odieux d'adolescentes en direct sur le darknet.
L'actrice principale est remarquable de crédibilité, beauté froide et vénéneuse. Seule dans son appartement tour de verre, elle vit quasi recluse avec en compagnie d'une intelligence artificielle qu'elle appelle "Guenièvre . ; On apprend qu'elle est mannequin et ,accessoirement joueuse de poker. Grâce à ses dons pour l'informatique et à son l'attirance pour le sordide elle va "aider "pour l'enquête mais à quel prix, en surfant sur des vagues d horreur. Et qu'est ce qui la motive?
Pas besoin d effets spéciaux pour frémir... Un scénario bien ficelé et haletant. Quelle complexité que l âme humaine..
"Les chambres rouges", et c'est une des constantes de ce long métrage, est une œuvre qui dès le prologue donc met le spectateur à l'épreuve. Chaque plan de la très inquiétante scène d'ouverture interroge : où sommes-nous, qui sont les personnages ?
La salle d'audience est froide, blanche et dès la plaidoirie préliminaire de la procureure, le malaise s'installe devant une situation dont personne n'arrive à mesurer l'horreur ni la portée. Ce sentiment ne nous quittera pas deux heures durant, Pascal Plante entretenant tout au long du film et avec un certain brio un profond dégoût pour cette société déshumanisée par des pratiques qui placent la technologie et le sensationnalisme virtuel au centre de nos vies, en tuant à petit feu la compassion et l'empathie. Mais la portée du film est a temporelle ...Qu'est ce que le mal...De la banalité du mal...
Pourtant ,tout se déroulera hors champs ..), les atrocités ne seront jamais montrées, le détails des faits restera dans l'ombre, tout comme les arguments du coupable présumé, ce dernier restant silencieux et donc un intervenant secondaire. La première citée, donc (Kelly Anne) et Clémentine plus jeune encore, (elle réellement sans domicile fixe), sont 2 jeunes femmes très différentes ..absolument fascinées par l'accusé, prêtes à tout pour prouver son innocence'.
La personnalité de Kelly-Anne se révélera bien plus opaque lorsque nous la découvrons asociale, hacker surdouée. Les deux jeunes filles vont nouer une relation complexe autour de ce procès sans que l'on ne connaisse réellement les motivations de Kelly Anne'
Le tour de force est d'imposer une réflexion permanente, doublée d'une découverte progressive de la personnalité et des motivations des deux protagonistes, sans jamais perdre de vue les enjeux du procès, ni le fil d'une narration qui malgré un brassage impressionnant de thématiques parviendra à rester fluide.
La réalisation à contrario , sera précise,,de plus en plus parfois virtuose même au fil de l'avancée du film,.Elle nous réservera quelques scènes opportunes : par exemple une scène d'un réalisme saisissant encore une fois : celle d'un show télé racoleur, qui fait évidemment écho pour nous à un de nos talks lamentable..Ou encore un (faux) plan séquence extraordinaire le dernier jour du procès, lorsque Kelly-Anne prendra l'apparence physique et vestimentaire d'une victime sous le regard incrédule du suspect dans une scène d'une incroyable intensité...Inoubliable
En recentrant les développements sur le cœur du récit, le rythme effréné de la dernière demi-heure permet au film d'atteindre son apogée, de clore cette brillante étude psychologique..