Les Chambres rouges
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170 critiques spectateurs

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Marie Breton
Marie Breton

83 abonnés 266 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 février 2024
Une jeune femme assiste au procès d'un homme accusé d'avoir torturé et tué trois jeunes filles. Les sévices ont été filmées et rendues accessibles sur le dark web moyennement gros paiement. Les preuves irréfutables le concernant manquent. L'accusé en question plaide non coupable.

Le premier plan séquence du film, magistral, et qui se déroule seulement dans la salle où le procès se tiendra durant plusieurs semaines, commence sur la jeune femme, dont on apprendra plus tard qu'elle s'appelle Kelly-Anne et dont on ignore tout, et s'achève sur elle : le génie est de parvenir à transférer toute la tension non pas sur le coupable présumé, mais sur cette jeune femme qui nous fascine déjà complètement alors qu'elle n'a pas dit un seul mot.

Cela faisait bien longtemps qu'un thriller ne m'avait pas autant happée, et qu'une montée en puissance du suspense ne m'avait pas parue si maîtrisée parce qu'aussi insupportable que jubilatoire pour moi.

Pascal Plante excelle dans l'art des angles morts, et s'en sert pour rendre son film encore plus intenable. Des sons parviennent à emballer nos tripes plus fortement encore que des images.

"Les chambres rouges" est un excellent film, toujours très fin, et très bien documenté sur le sujet dont il traite (I have been pwned, un énorme clin d'œil qui prend tout son sens...).

On a rarement vu un personnage être aussi bien travaillé que celui de Kelly Anne, et aussi peu de dialogues pour présenter ce qu'elle est.

Ici s'en suivront des spoilers pour ceux qui ont vu le film :
[/Spoiler]: quelle prouesse que de penser à lui faire raconter cette anecdote de programmation de son IA. "Guenièvre, Should I kill myself" ? Dit tout de la détresse non conscientisée de cette jeune femme moins impénétrable qu'il n'y paraît.
J'ai lu qu'il était frustrant de ne pas comprendre ses motivations.
Et pourtant ses motivations, bien que portées par une personnalité pathologique, sont claires : permettre de prouver la culpabilité de l'accusé.
Je crois que Kelly Anne pleure au début du procès parce qu'elle partage avec cet homme plusieurs points communs, ce dont elle manque cruellement dans sa vie réelle (et plusieurs fois dans le film on verra que ça lui manque et qu'elle cherche une proximité qu'elle ne peut jamais obtenir indéfiniment parce qu'on finira toujours par la trouver bizarre. Les seuls moments où elle se sent aimée ont l'air d'être ceux où elle est photographiée, et elle collectionne alors ces moments) et qu'elle sait qu'elle va le faire condamner.
Elle est définitivement empathique, et c'est je pense pour nous montrer cette part d'elle qu'existe le personnage de Clémentine. Elle ne lui doit rien, elle pourrait rester froide à son égard lorsque les dos sont tournés, mais elle ne le fait pas. Elle pourrait laisser dormir Clémentine dehors, mais elle la rattrape, alors qu'elle n'en a clairement pas envie sur le moment. Etc.
Kelly Anne est une femme très perturbée, qui ne sait pas se comporter comme les autres (elle a quelque chose de très proche d'asperger), qui manque de liens sociaux, mais elle agit malgré tout pour le bien des autres, peu importe qu'elle les trouve stupides ou non (on voit bien le regard chargé de mépris qu'elle lance lorsqu'elle s'aperçoit à quel point la mère de Kim ne prend aucune précaution pour protéger ses codes). Elle est incapable de prédire les émotions des autres, mais sait comment obtenir ce qu'elle cherche : elle est quasiment certaine que l'accusé est bien coupable, mais je suis convaincue qu'elle s'habille de la sorte pour croiser son regard et être enfin sûre qu'il s'agit du même regard que celui qu'elle a vu dans les vidéos, avant de tout claquer pour obtenir la dernière. [\Spoiler]
Regine C.C
Regine C.C

46 abonnés 258 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 février 2024
Un film qui a une utilité certaine car il nous apprend que le crime est devenu une source de revenus non négligeable sur le dark web. Plus la victime est jeune, vulnérable et d'un niveau social élevé, plus les vidéos se monnayent cher, aux enchères et en bitcoin. Donc, des Nordal Le Landais, on en verra d'autres sans aucun doute.
Là, encore, on comprend qu'un procès, même d'une telle gravité est un véritable show. C'est celui qui sera le plus convaincant qui l'emportera.
Une jeune mannequin dont on ne connaît pas les motivations et convaincue de la culpabilité de l'accusé, va réaliser l'impossible pour faire plonger l'assassin!!! Et le film devient un thriller très prenant.
A voir, ne serait-ce pour une prise de conscience indispensable.
JUJUBE20
JUJUBE20

36 abonnés 59 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 février 2024
"Les chambres rouges", le dernier film de Pascal Plante, vaut le coup pour trois raisons. D'abord, il témoigne de la bonne santé et de la créativité actuelles du cinéma québécois (Simple comme Sylvain, Testament...), et cela procure du plaisir de découvrir une géographie originale du cinéma. Ensuite, il illustre le renouveau du film de procès, qu'on en juge au succès d'Anatomie d'une chute de Justine Triet ou le Procès Goldman de Cédric Kahn. Et la façon dont le réalisateur contourne justement le genre est très maline. Enfin, il apporte une nouvelle preuve d'un retour à la grande mise en scène glaciale (Tar, May-December, etc.), pas seulement avec le tour de force du plan-séquence au tribunal au début, somptueux, mais pendant tout le récit qui évite le gore, le sensationnalisme, les effets grossiers, au profit d'une terreur progressivement distillée grâce à la musique terrifiante et des plans minutieux (formidables gros plans, plans américains, etc. sur l'héroïne fascinée par un tueur en série sadique). Le mystère des motivations entretient l'angoisse. La sobriété finit par se révéler éprouvante. Juliette Gariépy, en mannequin pro du dark web suscite inquiétude et fascination, grâce à un jeu pourtant neutre, en adéquation parfaite au style du film. Fond et forme se rejoignent pour créer un impact maximal. Une réussite à suivre...
TUTUR29
TUTUR29

46 abonnés 1 336 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 février 2024
Je sors tout juste du cinéma et j’avoue m’être pris une petite claque devant les chambres rouges. Il y a quelques défauts, comme le personnage de Clem qui malgré quelques bons moments ne mène un peu à rien, et un mystère autour du personnage principal qui persiste jusqu'à la fin et qui peut s’avérer un peu frustrant. Mais hormis ça, on assiste à une vraie montée crescendo avec une mise en scène la plupart du temps simpliste mais qui sait monter en gamme lors de moments purement effroyable, bien aidé par le super travail sur le son, la musique, les couleurs et aussi évidemment, les acteurs. Car tout passe par leurs émotions : le film ne tombe jamais dans le gore mais joue uniquement avec le ressenti des personnages et le dégoût pour l’humanité qu’on peut ressentir devant cette affaire. Bref, quelques petits défauts qui peuvent un peu nous perdre notamment avec une première heure de film assez molle, mais la montée en puissance est telle qu'on ne peut retenir qu’une chose des Chambres rouges : de la terreur. Un très bon film, je recommande.
Timothé G.
Timothé G.

1 abonné 44 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 février 2024
Un thriller psychologique aussi sombre que silencieux très prenant. Le film nous emporte avec une excellente scène d'introduction au sein du tribunal où le cadre est posé par le plaidoyer des deux parties au procès. L'enquête menée par le personnage principale, aussi froide que silencieuse, s'accélère en fin de film et nous saisit avec effroi.
LeBon
LeBon

23 abonnés 521 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 février 2024
L'aspect thriller n'est pas abordé de façon classique dans ce film, puisque les horreurs de l'histoire ne sont jamais montrées, aucune scène choquante n'est filmée, mais l'on ressent la tension et les émotions des personnages sont bien retranscrites.
Shawn777

805 abonnés 3 935 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 février 2024
Le Québec est à l'honneur au cinéma en ce début d'année 2024, enfin du moins en France puisqu'il est sorti durant l'été 2023 au Canada, avec ce film qui fait pas mal parler de lui, notamment avec ses nombreuses récompenses et ses critiques très positives. Personnellement, je n'attendais pas grand-chose du film, je n'avais d'ailleurs pas vu la bande-annonce, juste lu le synopsis en diagonale mais après un an à parler d'un film de procès ("Anatomie d'une chute", qui reste excellent au demeurant) et de quelques autres (je pense notamment au "Procès Goldman"), j'en avais un peu marre du genre surtout que je n'en suis pas vraiment fan. Mais bref, j'ai finalement été happé dès les premières minutes du film qui s'ouvre dans un tribunal d'un blanc immaculé - en opposition avec les fameuse chambres rouges - dont les murs ne demandent qu'à être salis par les différents propos qui s'y tiennent. Cette scène prend d'ailleurs beaucoup son temps mais parvient à fasciner notamment avec les argumentaires des deux avocats, chacun défendant évidemment son camp. Mais cette fascination vient également des actes de l'accusé qui aurait mis en ligne des vidéos le montrant torturer et tuer des jeunes filles ; vidéos qui sont ensuite mises aux enchères sur le dark web. Eh oui, il y a toujours une fascination morbide pour ce genre de choses, le succès des nombreux documentaires Netflix (qui n'ont d'ailleurs rien inventés puisque les émissions concernant les affaires criminelles et tueurs en série existent depuis longtemps à la télévision) le prouve par exemple. Et ici, le film s'intéresse justement à deux femmes qui sont fascinées par cette affaire, l'une qui est en faveur de son inculpation et l'autre qui pense qu'il est innocent. C'est très intéressant car, à la manière des avocats au début du film, nous avons deux interprétations de cette histoire et on se rend alors compte qu'il est si facile de se laisser manipuler par des mots, des preuves, des accusations et des argumentaires. Néanmoins, je dois bien avouer que je me suis quelques fois ennuyé. En effet, je trouve que le film n'arrive pas à captiver son spectateur sur la durée, étant quelques fois trop flou dans ses intentions. Comme la relation entre les deux femmes qui ne sert pas à grand-chose si ce n'est à cerner un peu plus le personnage principal mais était-ce vraiment nécessaire ? Néanmoins, j'ai beaucoup apprécié le fait que le film ne tombe pas dans le sensationnalisme avec des effets racoleurs en racontant la violence plutôt qu'en la montrant. Et je pense par exemple aux scènes du tribunal où les faits sont expliqués mais également à la scène durant laquelle les deux femmes regardent les vidéos en question, seuls le son et leur regard suffisent à presque dégouter le spectateur. Car l'imagination est bien-sûr toujours plus forte que les images. Du côté du casting, nous retiendrons surtout Juliette Gariépy au physique aussi mystérieux et froid que son personnage et puis Laurie Babin qui joue également très bien. "Les Chambres rouges" est donc un film particulier, quelques fois envoutant, quelques fois choquant mais également quelques fois un peu ennuyant.
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 851 abonnés 8 176 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 février 2024
Le procès hypermédiatisé du serial killer surnommé le "Démon de Rosemont" vient de commencer. Chaque matin, on se bouscule pour y assister, notamment deux jeunes femmes qui semblent être totalement fascinées par ce monstre accusé d’avoir filmé la mise à mort de trois adolescentes.

Les Chambres rouges (2023) détonne totalement dans le paysage cinématographique et s’avère être un brillant et passionnant thriller où l’on se retrouve confronté à la psychologie dérangée d’une belle jeune femme aux deux visages. Kelly-Anne est mannequin le jour et lorsque la nuit tombe, spoiler: elle se mue en une sociopathe atteinte d’hybristophilie (une paraphilie qui rend l’individu sexuellement attirée par une personne ayant commis un crime).


Pascal Plante dresse le portrait d’une jeune femme fascinante et déroutante, obnubilée par le tueur et ses victimes. On se retrouve littéralement plongé au coeur de son univers et de ses névroses. Il réalise ici un thriller à la fois psychologique et technologique, en nous immisçant dans le monde feutré des “red rooms” (ces sites malveillants sur le dark web où sont diffusés (parfois en direct) des mises à mort, des viols et divers sévices).

On se retrouve de plein fouet dans une société déshumanisée et terriblement ancrée dans la réalité (avec Guenièvre, cette I.A. omniprésente), un univers glacial où la solitude prédomine. La mise en scène nous offre des plans remarquables (le huis clos du procès avec cette caméra qui alterne les travellings et les panoramiques, c’était brillant). De même que les interprétations sont toutes convaincantes, à commencer par Juliette Gariépy qui porte littéralement le film sur ses épaules, face à la jeune Laurie Babin. Les Chambres rouges (2023) nous happe d’entrée de jeu sans jamais relacher la pression et ce, jusqu’au dénouement final (saisissant gros plan de Kelly-Anne spoiler: lorsqu’elle parvient enfin a voir la vidéo du 3ème meurtre et où l’on devine son léger rictus de satisfaction).


● http://bit.ly/CinephileNostalGeek ● http://twitter.com/B_Renger ●
ffred

1 988 abonnés 4 258 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 février 2024
J’en avais entendu parlé en bien ou en mal selon...J’ai donc voulu me rendre compte par moi même. D’entrée on est mis en apnée et on en ressortira pas. Le propos est âpre, violent, insoutenable. Le personnage principale est aussi énigmatique que pas très aimable. On ne s’attache pas à elle, d'ailleurs ce n’est pas vraiment le but. On ne s’aura jamais vraiment ses motivations. Le tout est solidement mis en scène et scénarisé avec soin. Rien n’est montré, tout est suggéré. On en ressort avec un certain malaise. Mais, paradoxalement, je l’ai très vite oublié alors que l’ensemble est parfaitement dérangeant. Il manque donc pour moi un petit quelque chose pour en faire un grand film. Un peu trop long et lent peut être. Toutefois bien glauque et assurément éprouvant, à ne pas mettre devant tous les yeux...
Fe6ombat
Fe6ombat

8 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 février 2024
Excellent thriller sur la thématique sordide des reds rooms, légende urbaine du dark net. En écartant toute représentation explicite de violence ou d'horreur à l'écran, le film pousse le spectateur à se questionner sur sa propre curiosité et sur le besoin de violence dans la société.
Pierre842
Pierre842

41 abonnés 481 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 décembre 2024
J'étais complètement captiver durant le film.
Suivre le procès d’un tueur en série qui à mis en scène ses méfaits sur le Darkweb.
A travers le regard d'une jeune femme qui va tous les jours au tribunal pour suivre le procès.
Qui est fasciner du tueur et qui nous fascine aussi car intriguer pourquoi elle est intriguée de lui. Elle sera en sorte accompagnée d'une autre personne qui soutient l'accuser.
Le procès risque bouleverser sa vie.
MesangeBleue
MesangeBleue

25 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 janvier 2024
Un thriller psychologique hypnotisant...et donc réussi !
Le personnage principal est une jeune femme étrange, aussi sombre que son appartement bien rangé, qui assiste au procès d'un serial killer. Pourquoi est-elle présente ? La question tient en haleine tout le film.
J'ai trouvé la thématique du dark web plutôt originale.
Quelques mentions spéciales : la scène d'ouverture de procès qui met remarquablement bien dans l'ambiance. Juliette Gariepy, qui joue à la perfection son personnage mystérieux. Les accents québécois qui m'ont transporté à Montréal.
Où comment décrire l'horreur sans la montrer.
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 janvier 2024
Au-delà de la réussite du film de procès, "Les Chambres rouges" est un thriller qui fait froid dans le dos. Juliette Gariepy porte un rôle éprouvant dans une intrigue qui trône sur tout ce qui se fait d'illégal sur le dark web.
Younsiz T.
Younsiz T.

1 abonné 10 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 janvier 2024
Quel film! Quelle actrice! Quelle histoire! Quel choc!
Ça faisait longtemps que je n'avais pas eu de tels frissons au cinéma.
Aubert T.
Aubert T.

143 abonnés 159 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 avril 2024
J'ai grandement apprécié le malaise souterrain que secrète ce film, qui a l'élégance de garder hors-champ les scènes les plus obscènes.
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