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flora
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5,0
Publiée le 22 avril 2026
C'est un film généreux, rempli d'humanité. Les images sont magnifiques et placent le spectateur au plus près de ce que vivent les personnages. On reste longtemps habitée par leur l'histoire et leur puissance d'exister.
Ce film est INÉDIT : c’est la première fois dans le monde arabe qu’on voit un couple de femmes à l’écran. Et il a la subtilité de ne pas l’exposer en tant qu’intrigue principale justement pour ne pas en faire un « genre » d’amour exceptionnel mais une histoire comme celles que nous vivons ou dont nous sommes témoins tous les jours. C’est l’une des millions de puissances que déploie ce film et qui militent doucement pour que ces vies soient considérées comme « naturelles » et quel que soit le genre de la personne. L’homosexualité masculine est là aussi. Puis surtout, une histoire de famille, pleine de secrets, de violences et de beauté, de complicités et de force. Avec en fond, l’espace politique et sociologique finement peint et questionné. HISTORIQUE
Magnifique film! Très juste et courageux. On en ressort avec beaucoup d'émotions, envouté par les actrices toutes formidables, et la découverte de Eya Bouterra.
J'avais vu les deux précédents de la réalisatrice que j'avais adoré. Ce dernier confirme le talent de la réalisatrice, où l'on retrouve toujours la même sensualité et délicatesse dans la mise en scène. Les actrices sont formidables et il y a de très beaux moments de cinéma. Je ne me remet toujours pas de la scène des photos et de l'oiseau. À voir absolument
Très beau film délicat et puissant sur un sujet encore tabou dans le cinéma arabe et maghrébin : l'homosexualité. Magnifique portrait de femmes puissantes prises sous le poids des conventions sociales. Très belle musique !
Très ému à la sortie du film. Le film aborde avec beaucoup de sensibilité les thématiques des secrets de famille, des non-dits. Les actrices sont formidables et charismatiques, avec notamment la grande Hiam Abbass et la découverte de Eya Bouterra, magnétique. Il est question aussi des souvenirs d'enfances et de comment ils sont imprégnés dans chaque recoin d'une maison de famille. Il y a de très belles idées de mise en scène, notamment dans le traitement des souvenirs. La réalisatrice fait cohabiter le passé et le présent dans le même plan de manière élégante et subtile. Le film aborde avec justesse la question de l'intime et du politique, sans cliché. Je recommande vivement!
Lilia (Eya Bouteraa) a trente-deux ans. Elle vit en France loin de sa famille. La mort de son oncle l’oblige à revenir à Sousse en Tunisie. Ses funérailles sont l’occasion de mettre à nu des secrets familiaux longtemps enfouis.
"À voix basse" est le troisième film de la réalisatrice tunisienne Leyla Bouzid. J’avais adoré les deux premiers, "À peine j’ouvre les yeux" (2015) et "Une histoire d’amour et de désir" (2021). Aussi suis-je allé avec impatience voir l’avant-première de celui-ci d’autant qu’y participait Hiam Abbass, l’une de mes actrices préférées.
Les quinze premières minutes du film sont les meilleures. On ignore encore tout des personnages, de cet oncle décédé et de sa nièce qui s’est éloignée de sa famille. Mais très vite les secrets qui les entourent s’éventent. Je conseille aux spectateurs qui souhaitent aller le voir le film de suspendre ici leur lecture.
Très vite, on apprend que l’oncle Daly était homosexuel, un secret honteux que sa famille cachait par crainte de la réprobation et de la police. Très vite aussi on apprend que Leila est lesbienne et qu’elle vit depuis plusieurs années en couple avec Alice (Marion Barbeau découverte dans "En corps"). À partir de ce point là, le film va creuser un seul sillon : celui de l’homophobie d’une société et d’une famille.
Bien sûr, la cause est juste. On pense aux pays nombreux qui criminalisent l’homosexualité et à ceux qui, comme le Sénégal récemment, durcissent leur législation à contre-courant d’une évolution mondiale vers plus de tolérance. Mais, comme je l’écris (trop ?) souvent, les belles idées ne font pas nécessairement de bons films. Leur défaut est de prendre en otage le scénario et les spectateurs avec lui. Tout dans "À voix basse" (un titre très bien trouvé pour évoquer la chape de plomb et l’hypocrisie qui entourent l’évocation de l’homosexualité en Tunisie) est mis au service du même projet : dénoncer cette situation inacceptable.
Ce serait bien ingrat de lui reprocher de mal le faire. Le scénario est subtil ; le jeu d’acteurs est excellent, à commencer par celui, tout en silences, de Hiam Abbass. Mais hélas À voix basse pêche par son excès de bons sentiments et par sa prévisibilité. Quand le couple que forment Leila et Alice se dispute, on sait par avance qu’il se réconciliera – et il le fait dans une scène d’une rare maladresse qui aurait pu être filmée par David Hamilton. Quand la mère de Leila, interprétée par Hiam Abbass comprend l’homosexualité de sa fille, on pressent que sa désapprobation cèdera bientôt le pas à une acceptation plus clémente.
"À voix basse" est un bon film que je recommande. Mais il n’est pas du niveau des deux premiers films de Leyla Bouzid qui m’avaient tellement enthousiasmé.
À force de vouloir ménager tout le monde, le film finit par ne jamais vraiment appuyer là où ça ferait mal. Du coup, on suit tout ça tranquillement, mais sans être vraiment bousculé ni surpris. Au fond, ce qui gêne dans À voix basse, c’est moins le sujet que la manière de le traiter.
À voix basse ressemble à ces conversations de famille où tout le monde parle mais personne n’a vraiment quelque chose à dire. Comme si cocher les bons sujets suffisait à faire un bon film.
vu à l'avp des halles hier soir, salle pleine, pleine de gens, pleine d'émotion, pleine de grand cinéma... Voilà un film comme on voudrait en voir plus, réussi à tous les niveaux, du bon cinéma partout, et qui résonne en vous d'une manière diffuse, profonde... une émotion vous saisi dès le début du film, mais doucement, comme on tient la main d'un ami à qui on veut confier ses secrets, ses amours perdus... Hiam Abbas a hier déclaré "il est important dans la vie de faire vivre ses disparus". C'est aussi un peu le propos du récent Goncourt "la maison vide" de Laurent Mauvignier, qui lui aussi farfouille dans la grande maison familiale, celle où les senteurs et les fantômes du passé continuent d'exister et d'accompagner la vie de celles et ceux qui savent les ressentir et ne pas les oublier. Pas assez de mots ici pour expliquer à quel point "à voix basse" est un grand film. Juste assez pour dire que Leyla Bouzid, pour son troisième long, confirme non seulement son talent, mais intègre désormais pleinement la liste des Grands Cinéastes. Merci bien, ça fait du bien !
À voix basse s’impose comme un geste de cinéma courageux, où Leyla Bouzid affronte frontalement la répression de l’homosexualité en Tunisie et montre comment loi, patriarcat et normes sociales pèsent sur l’intime. En filiation avec l’œuvre de Nouri Bouzid, le film reprend le lien entre homosexualité, violence et domination masculine, tout en assumant plus nettement l’identité queer de son héroïne, loin du fantasme de la « contamination » occidentale. Plus qu’un simple film à thèse, il interroge les moyens de faire bouger une société bloquée, entre confrontation directe, ruse et compromis, et s’inscrit dans le mouvement des cinéastes maghrébin·es qui brisent les tabous sur les sexualités minoritaires. Sa singularité tient à une mise en scène délicate, faite d’espaces chargés de mémoire et de clair‑obscurs, qui maintient une véritable histoire d’amour au cœur même de son geste politique. Lire l'intégralité de la critique sur le site d'Africultures.
Vu en avant-première en présence de l’équipe du film, À voix basse est une œuvre qui marque par son engagement et sa sincérité. Un grand merci à Leyla Bouzid pour le courage de porter un regard aussi juste et nécessaire.
Le film s’ouvre sur le retour de Lilia, une Tunisienne installée en France, venue assister aux obsèques de son oncle. Une intrigue qui sert finalement de point de départ à quelque chose de plus vaste : le portrait d’une société tunisienne tiraillée entre modernité et traditions.
Ce qui frappe, c’est la richesse des personnages. Leyla Bouzid signe ici une galerie de femmes fortes, nuancées, incarnées avec beaucoup de justesse par des actrices talentueuses. Le film capte avec finesse les contradictions, les tensions, mais aussi les élans de liberté qui traversent ces vies. Et c’est aussi ce qui rend le film particulièrement osé, dans une société qui reste malgré tout conservatrice.
Malgré toutes ses qualités, le film n’est pas exempt de petits défauts. À vouloir aborder plusieurs sujets de société, il en effleure parfois certains et en oublie presque son intrigue principale autour du décès de l’oncle, qui aurait mérité d’être davantage développée.
Mais ces réserves restent mineures face à la portée du film. À voix basse est une œuvre importante, qui fait réfléchir autant qu’elle émeut.
Merci Leyla. C’est avec des films comme celui-ci qu’on fait avancer la société.