Premier long-métrage de "cinéma" pour la réalisatrice Alice Douard (puisqu'elle s'était déjà essayé au long-métrage sur Arte en 2017), présenté à Cannes cette année, avec un sujet dont tout le monde a déjà entendu parler et a y donné son avis mais dont personne ne sait paradoxalement de quoi il retourne vraiment. Et ce n'est pas étonnant puisqu'il s'agit de la PMA. L'histoire prend place en 2014, au lendemain de la mise en place du mariage pour tous, époque où la PMA n'était pas encore accessible en France mais ça n'aura en réalité que très peu d'incidence sur le scénario. Ce sera mentionné au détour d'une conversation, en réalité, placer l'histoire en 2014 est plutôt malin puisque les mentalités n'ont finalement pas tellement évoluées en un peu plus de dix ans et surtout les clichés sont restés les mêmes ! Alors clichés certes mais également une méconnaissance du sujet et toutes ces questions sont matérialisées par des personnages, comme, en vrac, le médecin un peu maladroit, le pote qui aurait aimé proposer son sperme, la mère d'une des deux femmes à l'homophobie latente etc. Mais de quoi parle exactement le film ? Eh bien il raconte le parcours de deux femmes qui souhaitent avoir un enfant. Enfin, plutôt une partie de leur parcours puisque la mère porteuse est déjà enceinte de six mois et on rattrape l'histoire lorsque la conjointe entame une demande d'adoption pour être officiellement mère également, chose que je ne savais pas d'ailleurs ! Et, de cette manière, le film prend un peu le spectateur par la main, alors pas dans le mauvais sens du terme, mais gentiment et à travers ces clichés pour répondre finalement à ses questions ! Et c'est plutôt bien traité puisqu'avec une infinie bienveillance et un humour quelques-fois maladroit, là encore pour matérialiser ce que ces deux femmes vivent quotidiennement. Comme il n'y a que très peu de films sur le sujet, il a un peu le syndrome du film explicatif qui est donc là avant tout pour éclairer la lanterne des spectateurs mais je dirai que ce n'est pas trop gênant. Déjà car la mise en scène est loin d'être aussi plate qu'un simple documentaire et puis car on s'éloigne quelques-fois un peu du sujet principal pour se concentrer sur la conjointe qui doit régler les problèmes et non-dits avec sa mère avant d'en devenir une elle-même. Encore une fois, ça sonne cliché mais c'est également traité avec tendresse, ce qui évite au film de tomber dans l’écueil du mélodrame beaucoup trop bavard. De plus, nous avons Ella Rumpf à la présence magnétique et la très joviale Monia Chokri qui portent ce projet à merveille. Bref, "Des preuves d'amour" est donc un bon film qui apporte un regard neuf sur la PMA pour les spectateurs qui, comme moi, n'y connaissaient finalement pas grand-chose !
Alice Douard réalise ici son premier film de cinéma et choisit de mêler la comédie romantique queer avec un fond social. Ou plutôt sociétal puisqu’il s’agit de revenir sur la loi Taubira établissant le mariage pour tous ainsi que l’adoption pour les couples du même sexe. Et en parallèle sur le fait que la PMA et la GPA n’étaient pas autorisées (c’est toujours le cas pour la seconde) obligeant l’autre mère dans le cas d’un couple lesbien à faire une demande d’adoption. C’est sur ce canevas que va se déployer l’intrigue de « Des preuves d’amour » qui se déroule donc en 2014 et nous présente bien les nombreux défis et soucis administratifs d’avoir un enfant pour un couple de femmes.
Le long-métrage ne prend pas totalement le parti du film à thèse (et tant mieux) ce qui ne l’empêche pas de bien développer et vulgariser les enjeux en rapport avec cette situation. D’un autre côté, la partie romantique et les quelques notes d’humour se marient bien à l’ensemble. On peut donc affirmer que "Des preuves d’amour » parvient à trouver un équilibre de ton et bien mélanger les genres. En revanche, les scènes de groupe, donc hors du couple, sont les plus réussies. Ce sont celles où les deux femmes partent à la chasse aux lettres de proches validant la procédure d’adoption, que ce soit des amis ou la famille. Entre ceux qui tombent dans les clichés sur le sujet et ceux qui ne comprennent pas, il y a des moments amusants et des moments choraux bien sentis.
La mise en scène d’Alice Douard est encore timide mais non dénuée de quelques jolies scènes et on apprécie le regard réaliste et surtout plein de tendresse qu’elle porte envers ses personnages. « Des preuves d’amour » n’est pas un film parfait, ni un immanquable mais on passe plutôt un bon moment et notamment grâce aux actrices. Ella Rumpf confirme, après son rôle de mathématicienne dans « Le théorème de Marguerite », tout le bien que l’on pense d’elle en proposant une partition pleine de sensibilité et parfois émouvante quand Monia Chokri montre, l’air de rien, un tempérament comique inattendu. Enfin, l’inénarrable Noémie Lvovsky continue de nous enchanter devant la caméra depuis qu’elle a abandonné le derrière.
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Vu en avant-première en présence de l’équipe du film. Un beau film traitant habillement de la parenté des couples homosexuels. Beaucoup d’authenticité, avec de subtiles notes d’humour.
Vu dans le cadre du festival du film féministe des Lilas, en présence de la réalisatrice, ce film fait un bien fou par sa joie et son dynamisme. Cela change des habituels longs métrages où l’amour au féminin est toujours synonyme de drame et de désespoir. Ici malgré les obstacles qui ne manquent pas sur le chemin de leur vie, ce couple d’actrices à l’alchimie très réussie nous enchante et nous emporte.
Des Preuves d’amour explore l’attente intérieure d’un parent qui ne porte pas l’enfant, mais qui ressent chaque vibration de la grossesse comme une onde silencieuse. Céline, interprétée par Ella Rumpf, avance entre doutes, désir, et cette question lancinante : comment devenir mère quand la loi, la biologie et les habitudes sociales vous placent en marge ? À travers elle, Alice Douard filme la place fragile du second parent, celui qui accompagne, observe, anticipe et souffre en silence de n’être jamais tout à fait légitime.
Le récit s’appuie sur la lourdeur de la procédure d’adoption et la règle des quinze témoignages, transformée ici en parcours psychologique. Chaque rencontre agit comme un miroir tendu à Céline, révélant ses peurs anciennes, ses blessures, sa difficulté à se projeter auprès de l’enfant que Nadia porte. Monia Chokri incarne cette stabilité lumineuse qui équilibre la tension intérieure de Céline, tandis que Noémie Lvovsky, dans le rôle de Marguerite, questionne l’héritage maternel, la liberté, les absences et ce que l’on transmet malgré soi.
La mise en scène s’attache aux gestes infimes, aux respirations, à la marche de Céline. Le hors-champ, notamment l’accouchement non filmé, donne à l’intime une densité rare. Le film avance comme un souffle, entre poésie et réalisme, jusqu’à révéler que devenir parent n’est jamais un droit donné d’avance, mais un chemin intérieur où l’on apprend à aimer avant même d’être reconnu.
Quelqu'un a dit qu'adopter c'est faire le choix d'aimer quelqu'un et de le faire entrer dans sa vie. C'est un choix, un risque et un pari sur l'avenir. Des Preuves d'amour montre ces silences et ces doutes que tout parent vivra, du moins ce parent qui accompagne la maternité, celui qui doit trouver sa place dans une homéostasie supernaturelle entre un enfant et une mère. Le film regorge de plusieurs lieux communs sur les peurs de la parentalité, la peur de ne pas aimer ou de trop aimer. Finalement, quand l'enfant est là, on fait avec et on doit apprendre sur le tas. On trouve des solutions, car nous n'avons plus le choix !
Ella Rumpf est explosive et vertigineuse dans son incarnation des craintes et des appréhensions. Elle rappelle combien devenir parent conjugue cette conciliation difficile entre les peurs d'enfants, de ses désirs et des frustrations. Dans l'absolu, on veut devenir des parents modèles ou du moins faire le job. Cependant, le plus compliqué finalement est de savoir trouver sa place entre une mère et un enfant ; raison de plus quand nous sommes ce second parent du même sexe, – juridiquement la vraie mère demeure celle qui a porté –, mais les parents ne sont-ils pas ceux qui aiment et accompagnent l'enfant ? Alice Douard dans son film documente à sa manière le long chemin de la parentalité, de la grossesse à l'accouchement, laissant en suspens le long combat pour l'adoption.
Le 23 avril 2013 a vu l’adoption par l’assemblée nationale de la loi Taubira, suivie le 17 mai 2013 par sa promulgation par le Président de la République, loi autorisant le mariage entre personnes du même sexe ainsi que l’adoption aux couples du même sexe. Qu’une loi cherchant à autoriser le droit au bonheur parental de deux hommes ou de deux femmes soit votée est une excellente chose, mais le but recherché est-il pour autant facile à obtenir ? Prenons la cas d’un couple formé par deux femmes qui attendent ensemble un enfant, l’une d’elle étant enceinte, l’autre attendant cet enfant sans le porter. La réalisatrice Alice Douard a connu ce cas de figure: c’est sa compagne, la productrice Marie Boitard, qui était enceinte et c’était elle qui attendait l’enfant sans le porter. Elle sait combien peut s’avérer très compliqué.le parcours d’adoption que doit effectuer le couple pour que les 2 femmes soient toutes les 2 reconnues comme mères. Elle qui, jusque là, n’avait réalisé que des court-métrages (l’un d’entre eux, "L’attente", a obtenu le César du meilleur court-métrage de fiction en 2024) et un long métrage pour Netflix, a décidé de faire sur ce sujet son premier long métrage de cinéma. La suite à consulter sur le site où le tiret du 6 est entre critique et film. Vu au Festival de Cannes 2025.
Alice Douard signe un premier long métrage saisissant, puissant, bouleversant. Dès les premières secondes, le spectateur replonge en 2013, lorsque l’Assemblée Nationale autorise enfin les couples de mêmes sexe à se marier et adopter. C’est dans ce contexte que Céline et Nadia attendent leur fille. En pleine grossesse, elles doivent pourtant déjà prouver aux yeux de tous que cet enfant est bien le fruit de leur amour. Ce film sur la maternité, sur l’amour, rappelle aussi les blessures de l’homophobie. Ce film est fort, aussi car il vient combler un vide en apportant des héroïnes bouleversantes et très justes. Coup de coeur de cette fin d’année.
« Des preuves d’amour » est un film profondément touchant, qui raconte avec justesse le combat d’une mère privée de légitimité par la loi. On y découvre son parcours plein de doutes, de colère et d’espérance, dans une société qui peine encore à reconnaître certaines formes de parentalité. La réalisatrice aborde ce sujet sensible avec beaucoup de pudeur et de sincérité. L’humour, présent par petites touches, allège la gravité du propos et rend le récit encore plus humain. Les actrices portent magnifiquement cette histoire, avec une complicité et une sincérité qui captivent du début à la fin.
Un film nécessaire, porté par une écriture délicate et une mise en scène qui touche droit au cœur.
Film vu dans le cadre du festival Cinemania à Montréal Ce film est d'une grande douceur et d'une grande beauté. La musique est au cœur de la construction cinématographique et vous accompagne dans tous ces questionnements autour de l'arrivée d'un enfant. On prend le sujet à bras le corps, avoir un enfant ça fait peur. Un couple de femmes comme support d'une question universel : pourquoi on fait ça ? Cela montre qu'être deux femmes complique encore la chose (et s'accompagne des remarques désobligeantes) mais le corps du propos est bien celui de l'accueil d'un nouvel être dans le monde et dans son couple et toutes les questions que cela soulève vis-à-vis de ce même couple et de son enfance. Très beau, très drôle, très réaliste.
Le 1er film d’Alice Douard, déjà honorée du César du Court métrage en 2024. Mais avec cette comédie dramatique de 97 minutes, elle nous offre une véritable pépite pleine de tendresse, d’humour sur un sujet de société brûlant. Céline attend l’arrivée de son premier enfant. Mais elle n’est pas enceinte. Dans trois mois, c’est Nadia, sa femme, qui donnera naissance à leur fille. Sous le regard de ses amis, de sa mère, et aux yeux de la loi, elle cherche sa place et sa légitimité. Un des très beaux films du moment qu’il ne faut surtout pas rater. L’histoire se situe au printemps 2014, un an après la promulgation de la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe. Si l’acte de procréation a tout d’une envie, la réalité va vite rattraper, le couple de femmes qui se voit obliger de passer par une série d’étapes absurdes : démarches administratives, formulaires, lettres de proches, entretiens multiples, comme s’il fallait prouver à la République que l’amour, lui aussi, peut être un lien de filiation. Et c’est cette absurdité qui va provoquer, à de nombreuses reprises, de purs moments de comédie. Ou quand le sentiment se transforme en dossier administratif. La toute novelle loi Taubira a ouvert le mariage et l’adoption aux couples de même sexe mais rien n’est encore en place, ni les procédures, ni les réflexes administratifs, ni le langage pour dire ces nouvelles familles. Les institutions apprennent en marchant et ce tâtonnement devient le sujet même du film. Description d’un temps suspendu où l’égalité se cherchait encore un mode d’emploi. Il était grand temps qu’un tel film voie le jour. C’est drôle, profond, bouleversant, mais aussi dérangeant, parce qu’il ose mettre des mots sur ce qu’on préfère souvent taire Quant au casting, en tous points remarquables, il est à la hauteur des ambitions de ce beau moment de cinéma. Il y a deux ans, la suissesse Ella Rumpf avait littéralement crevé l’écran dans Le théorème de Marguerite. Elle renouvèle ici sa performance bien entourée qu’elle est par Monia Chokri, - qui se retrouve en ce moment à l’affiche de très nombreux films -, et Noémie Lvovsky, qu’on n’avait pas vue aussi juste depuis longtemps. Sans oublier une foultitude de petits rôles – dont Jeanne Herry et Anne Le Ny -, qui apportent une vraie pierre à l’édifice. Un 1er film autobiographique absolument remarquable. Une cinéaste à suivre.
Un film d’une qualité visuelle exceptionnelle portant une belle histoire. Je l’ai vu en avant première lors d’une projection surprise et ce fut une très belle découverte.