Nouveau film d'un Bradley Cooper qui continue de se faire plaisir, techniquement et artistiquement, en explorant davantage la sphère de la dualité entre la face visible et la partie intime de ses personnages, ici, comme dans un troisième mouvement d'une même partition dans sa filmographie, ou un couple au bord de la crise auquel on peut tous s'identifier, sans forcément faire rêver de prime abord, va devoir se confronter aux coulisses de leur être fissuré, et puiser dans leur ressource personnelle pour s'interroger, se réinventer, ou tout simplement se trouver.
Il y a une forme de poésie, de mélancolie dans l'idée d'un tandem qui se sépare, comme deux électrons qui vont chercher à se régénérer, pour mieux (re)-former un tout, sorte de Kintsugi, grâce à l'enrichissement de leur individualité. Le couple est la scène, ou la mise en scène, de sketchs thérapeutiques et symboliques, où la force de l'expression devient libération, chemin de réconciliation.
Une ode à l'humour et à l'amour qui peut continuellement se renouveler, dans un discours meta, qui fait le parallèle entre la scission d'un couple, la perdition de nos sociétés, et la chute d'un monde,
D'un autre côté, malgré d'excellents acteurs, et le milieu méconnu du stand-Up, on ressent mieux le mari que la femme, dans cette tragi-comédie trop bavarde, trop longue, trop lente et piétinante, parfois ennuyante à certains moments, où tout se maintient dans une forme de répétitivité lassante. Bradley Cooper joue un peu trop avec les codes du cinéma d'auteur, mais qui n'en demeure un film sincère, mature, plein de bonnes intentions, et un titre sous forme de question posée à toute l'humanité ?!